Trump salue une trêve fragile avec l'Iran alors que la réouverture d'Ormuz reste suspendue à un différend sur les péages et le déminage
Un mémorandum numérique signé lundi met fin à plus de trois mois de combats, mais laisse des questions cruciales en suspens, notamment le paiement de péages par les navires et le délai nécessaire au déminage.
Un mémorandum provisoire met fin aux hostilités
Les États-Unis et l'Iran ont signé numériquement lundi un mémorandum d'entente d'une page et demie, mettant fin à plus de trois mois de guerre sur plusieurs fronts, dont le Liban. La cérémonie officielle est prévue vendredi à Genève, en présence du vice-président JD Vance et des négociateurs Jared Kushner et Steve Witkoff. JD Vance a qualifié le document de "très générique", soulignant que de nombreuses questions techniques restent à résoudre.
Le protocole d'accord fait environ une page et demie, c'est donc un document très générique. Sur plusieurs points, nous devrons trouver une solution lors de la phase de négociation technique.
Le détroit d'Ormuz : libre de péage pendant 60 jours
Donald Trump a déclaré que le détroit rouvrirait totalement et définitivement sans péage, mais les médias iraniens affirment que le libre passage est limité à 60 jours. La République islamique a l'intention de facturer ultérieurement des services de soutien, ce qui équivaut à un péage. L'Iran a également posé des mines, et le déminage pourrait prendre entre trois et six mois, selon les analystes.
Il est peu probable que les dirigeants iraniens acceptent de rouvrir totalement le détroit sans obtenir quelque chose en retour.
Les marchés soulagés, mais une prime de risque persiste
Les prix du pétrole ont reculé de 5 %, le Brent se rapprochant de 80 dollars le baril, tandis que le gaz européen a chuté de 9 %. Les analystes préviennent qu'un "risque permanent" désormais intégré au brut signifie que les prix resteront au-dessus du niveau d'avant-guerre de 73 dollars pendant un certain temps. Le retour complet aux flux d'avant-guerre, soit plus de 20 millions de barils par jour, n'est pas attendu avant fin août.
- Début de la guerre avec les frappes de la coalition américano-israélienne contre l'Iran
- Donald Trump annonce l'accord de trêve pour son 80e anniversaire
- Signature numérique du mémorandum par Donald Trump, JD Vance et Mohammad-Bagher Ghalibaf
- Cérémonie officielle à Genève ; réouverture prévue du détroit d'Ormuz, libre passage pendant 60 jours
- Reprise complète des flux pétroliers prévue si le déminage et les renégociations progressent
Les alliés promettent des navires, Israël maintient ses positions
Lors du G7 à Évian-les-Bains, Emmanuel Macron a déclaré que la France pourrait déployer des frégates et un porte-avions sous 48 heures pour aider à sécuriser le détroit ; Giorgia Meloni a proposé un soutien naval italien sous réserve de l'approbation du Parlement. La Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et l'Italie ont annoncé leur volonté de lever certaines sanctions tout en insistant pour que l'Iran n'acquière jamais l'arme nucléaire. Cependant, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que Tsahal resterait dans les zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza "indéfiniment". Un capitaine de pétrolier anonyme croisant près d'Ormuz a confié : "Tant qu'Israël ne cessera pas de lancer des missiles, la situation restera très précaire."
Obama critique l'accord, l'Iran cherche à garder le contrôle
L'ancien président Barack Obama, qui avait négocié l'accord sur le nucléaire de 2015 avant qu'il ne soit abandonné par Donald Trump, a qualifié le nouvel accord d'amélioration peu significative. L'accord initial imposait des inspections et limitait l'enrichissement de l'uranium ; Donald Trump l'avait qualifié de "terrible". Désormais, le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf, a signé numériquement, mais le président Masoud Pezeshkian a averti qu'un accord définitif n'existait pas encore. Téhéran souhaiterait conserver le contrôle du détroit, un levier utilisé pendant le conflit.


