
Le Congrès espagnol rejette la trajectoire de déficit budgétaire 2027, le PP, Vox et Junts votent ensemble, augmentant les risques d'élections anticipées
Une coalition composée du PP, de Vox et de Junts, avec l'UPN, a voté 178 contre 167 le 14 juillet 2026 pour rejeter les objectifs de stabilité du gouvernement pour 2027–2029, étape obligatoire avant la présentation du budget de l'État. Le gouvernement prévoit de soumettre à nouveau les mêmes objectifs le 23 juillet.
Le vote
Le Congrès des députés espagnol a rejeté mardi les objectifs de déficit et de dette du gouvernement pour 2027–2029, avec 178 voix contre et 167 pour, plus cinq abstentions. Le Parti populaire (PP) d'opposition, l'extrême droite Vox, le parti séparatiste catalan Junts et l'UPN régionaliste ont formé le bloc bloquant, tandis que la gauche Podemos et un député de Compromís se sont abstenus. La trajectoire de stabilité, précurseur légal obligatoire pour l'élaboration du projet de loi de finances (PGE) pour 2027, fixe un plafond de déficit public de 1,8 % du PIB pour 2027, tombant à 1,6 % en 2028 et 1,5 % en 2029. Le gouvernement central supporterait la plus grande partie du déficit, tandis que les communautés autonomes recevraient une marge de déficit de 0,1 %, équivalant à environ 5 849 millions d'euros de capacité de dépenses supplémentaires sur trois ans.
Certains présenteront ce vote comme un succès ou un échec du gouvernement, mais la vraie question est de savoir si nous voulons que les communautés disposent de davantage de ressources.
Junts et la fracture de la coalition
Le député de Junts Josep Maria Cruset a qualifié la proposition d'« arnaque pour la Catalogne » et a accusé l'exécutif de monter une « opération marketing pour cacher ses faiblesses ». Junts avait déjà bloqué une trajectoire similaire en 2025, invoquant une marge fiscale insuffisante pour les régions. Podemos s'est également distancié, s'abstenant en raison de l'augmentation des dépenses de défense. Le rejet laisse la coalition minoritaire du Premier ministre Pedro Sánchez sans majorité parlementaire claire pour adopter le budget, attendu après l'été. Le PNV a publiquement suggéré que Sánchez convoque des élections anticipées d'ici le premier trimestre 2027 si le budget échoue.
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Deux autres votes divisent l'assemblée
Lors de la même séance extraordinaire, le Congrès a rejeté un décret sur la RTVE visant à traiter une éventuelle obligation de TVA de 1 000 millions d'euros, également par 178 voix contre et aucune abstention. Cependant, l'assemblée a approuvé deux initiatives sociales sur les soins de dépendance. Un décret prolongeant le financement public de la dépendance, accordant aux régions 6 200 millions d'euros supplémentaires en 2026–2027, a été adopté avec 317 voix pour et seulement les 33 députés de Vox opposés.
Quelle est la suite
Le ministre des Finances Arcadi España a confirmé que le cabinet réapprouvera la même trajectoire de stabilité le 21 juillet et la soumettra à un second plénum extraordinaire le 23 juillet. Si ce vote échoue également, un cadre fiscal plus strict, convenu avec Bruxelles, entre automatiquement en vigueur : les mêmes objectifs de déficit s'appliquent, mais les communautés autonomes perdent leur marge de déficit et doivent atteindre l'équilibre budgétaire, voire un excédent. Le gouvernement conserve la possibilité de présenter le projet de loi de finances en septembre quoi qu'il arrive, en utilisant les leviers procéduraux du calendrier avant toute dissolution du Parlement.
- Le Congrès rejette la trajectoire de stabilité 2027–2029 avec 178 voix contre
- Le cabinet réapprouve la même trajectoire de stabilité
- Second plénum extraordinaire vote à nouveau la trajectoire ; en cas de rejet, le cadre plus strict de Bruxelles entre en vigueur
- Le gouvernement prévoit de présenter le projet de budget 2027 quel que soit le résultat du second vote
Une impasse récurrente
Le vote de mardi est la troisième année consécutive que le Congrès rejette une trajectoire de stabilité sous Sánchez. En juillet 2024, l'assemblée avait bloqué les objectifs, et la ministre de l'époque, María Jesús Montero, les avait retirés en septembre avant un second vote. Fin 2025, deux votes avaient également abouti à un rejet. Le plafond de dépenses pour 2027, annoncé parallèlement à la trajectoire, atteint un record de 226 032 millions d'euros, mais le plafond lui-même ne nécessite pas de vote parlementaire.
- 2027
- 1.8 %
- 2028
- 1.6 %
- 2029
- 1.5 %
