
Greta Thunberg soupçonne un sabotage marocain après un débat sur le Sahara occidental quasi vide à Zurich
Seules 40 des 300 personnes inscrites se sont présentées à une discussion sur le Sahara occidental au Festival du film de Zurich, poussant l'activiste suédoise Greta Thunberg à dénoncer un blocage délibéré des billets par le Maroc.
Des sièges vides au Kino Corso
Une table ronde en présence de l'activiste suédoise Greta Thunberg s'est tenue devant une salle largement vide au 22e Festival du film de Zurich. L'entrée au Kino Corso 2 était gratuite et toutes les réservations en ligne étaient complètes avant la séance, mais environ 260 des 300 sièges sont restés inoccupés, seules 40 personnes étant présentes dans la salle.
Les organisateurs avaient constaté un vif intérêt préalable et étaient déjà intervenus en limitant les commandes à quatre billets par personne, ajustant des réservations groupées antérieures. Un porte-parole du Festival du film de Zurich a reconnu ce taux de vacance inhabituel, confirmant qu'une forte demande avait laissé des dizaines de rangées vides, sans se prononcer sur l'intention délibérée éventuelle de ces réservations groupées.
- Sièges occupés
- 40 sièges
- Sièges réservés vides
- 260 sièges
Des accusations de sabotage coordonné
Thunberg, 23 ans, et des membres de l'équipe du film ont attribué cette faible affluence à une perturbation délibérée visant à étouffer la connaissance publique du conflit du Sahara occidental. L'animatrice de la discussion a décrit devant les représentants du festival cette absence massive comme une action orchestrée, tandis que Thunberg désignait le Maroc comme l'origine probable des réservations, affirmant que l'opération visait à faire taire la population sahraouie.
Aucune preuve concrète n'a été rendue publique pour étayer ces affirmations, et l'ambassade du Maroc n'a pas répondu aux demandes de commentaire de la presse suisse. S'adressant aux personnes présentes, Thunberg a décrit l'indifférence géopolitique plus large entourant ce territoire.
Le film est très émouvant. Il raconte une trahison, celle de l'occupation et le fait que ce conflit est ignoré du monde.
Thunberg a exhorté les publics internationaux à rester attentifs au différend territorial, reliant directement les déplacements de population à l'injustice environnementale mondiale.
Il faut en parler et faire passer le message. Sinon, nous sommes des hypocrites.
Première du documentaire et défense des réfugiés
La table ronde accompagnait la projection du documentaire My Home of Wind and Sand, réalisé par le cinéaste autrichien Patrick Wally. Alors que la table ronde de mercredi se tenait devant une salle presque vide, la première mondiale du film, mardi soir, a fait salle comble au festival.
Le documentaire est centré sur Najla Mohamed Lamin, une militante sahraouie de 37 ans qui est montée sur scène aux côtés de Thunberg et de Wally. Lamin est née dans un camp de réfugiés du désert près de Tindouf, dans l'ouest de l'Algérie, où elle continue de vivre et de travailler. Pendant la table ronde, les intervenants ont relié le déplacement des populations autochtones aux questions plus larges de gouvernance climatique et de répartition des ressources.
- Première mondiale de My Home of Wind and Sand devant une salle comble
- Table ronde tenue avec 260 des 300 sièges vides après les réservations en ligne
Le conflit territorial au Sahara occidental
Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, reste disputé entre le Maroc et le Front Polisario, favorable à l'indépendance. Le Maroc contrôle la majeure partie du territoire depuis le milieu des années 1970 et y a construit des installations éoliennes et solaires à grande échelle, des projets dont les Sahraouis autochtones restent exclus.
Le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, continue de réclamer un référendum d'autodétermination sous l'égide des Nations unies. Environ 170 000 Sahraouis vivent dans des conditions désertiques difficiles dans les camps de Tindouf, où ils maintiennent des institutions administratives et civiles autonomes, sur une population sahraouie estimée à 500 000 personnes dans le monde. Le Maroc plaide plutôt pour une autonomie locale sous souveraineté nationale marocaine, un cadre qui a reçu le soutien diplomatique de gouvernements dont les États-Unis, la France et l'Espagne.

