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Gouvernement·-1 h

Vote suisse sur le plafonnement de la population à 10 millions pour freiner l'immigration, la libre circulation avec l'UE en jeu

La Suisse vote aujourd'hui sur un amendement constitutionnel qui limiterait la population résidente à 10 millions d'ici 2050, une mesure poussée par l'UDC de droite pour restreindre l'immigration. Les sondages sont au coude-à-coude, tandis que le gouvernement et les milieux économiques mettent en garde contre les répercussions économiques d'une rupture des accords de libre circulation avec l'UE.

La proposition

Les électeurs suisses se rendent aux urnes aujourd'hui pour décider d'inscrire un plafond de population de 10 millions dans la constitution, une mesure portée par le parti de droite Union démocratique du centre (UDC). L'amendement obligerait le gouvernement à restreindre l'immigration une fois que le nombre de résidents atteindra 9,5 millions et à se retirer de l'accord de libre circulation des personnes avec l'UE si le seuil de 10 millions est atteint avant 2050. La population du pays est de 9,1 millions, avec des prévisions indiquant 10 millions d'ici 2035.

Croissance et projections démographiques suisses · millions
2001
7.1 millions
2026
9.1 millions
2035
10 millions

Un scrutin serré

Les sondages indiquent une course trop serrée pour être annoncée, les opposants détenant une légère avance de quelques points de pourcentage dans les enquêtes récentes. La participation dimanche pourrait décider de l'issue, selon les analystes. L'UDC a déjà utilisé la démocratie directe de la Suisse pour promouvoir des mesures anti-immigration, notamment l'interdiction des minarets et des voiles intégraux. Cette fois, le parti a présenté l'initiative comme une « initiative de durabilité » pour protéger le paysage alpin et alléger la pression sur le logement et les transports.

Nous voulons protéger ce que nous aimons : une Suisse agréable où il fait bon vivre.

La libre circulation avec l'UE en danger

Si la population dépasse 10 millions, la Suisse serait contrainte de mettre fin à l'accord de libre circulation avec l'Union européenne, déclenchant une « clause de guillotine » qui démantèlerait tous les accords commerciaux bilatéraux. Le gouvernement suisse a appelé à voter non, avertissant que l'économie, fortement dépendante des exportations vers l'UE, serait gravement perturbée. Plus tôt, le président américain Donald Trump a imposé les droits de douane américains les plus élevés sur les produits suisses, soulignant la vulnérabilité du pays.

Si le 'oui' l'emporte, nous finirons dans l'isolement.

Des clivages qui se creusent

Les partisans soutiennent que l'immigration incontrôlée a mis à rude épreuve les infrastructures, le marché du logement et les services publics. Lukas Golder, codirecteur de l'institut de sondage GMS, a noté qu'environ les trois quarts de la population estiment que les infrastructures sont surchargées. Une société vieillissante dépend des travailleurs étrangers, en particulier dans le secteur de la santé. L'auxiliaire de soins allemande Maria Reichhart a exprimé son angoisse de perdre le droit de rester.

Nous ne sommes pas contre l'immigration, mais elle doit être modérée et contrôlée. Avant, nous avions une immigration qualitative ; maintenant, nous avons une immigration quantitative.

La suite

Si l'initiative est adoptée, le gouvernement aura jusqu'en 2050 pour gérer le plafond, avec des mesures immédiates pour limiter les regroupements familiaux et les nouvelles demandes d'asile une fois le seuil de 9,5 millions atteint. Un rejet maintiendrait le statu quo, mais l'UDC n'abandonnera probablement pas sa campagne contre la croissance alimentée par l'immigration. Les résultats sont attendus plus tard dans l'après-midi.

Berne

4 sources

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