
Le Conseil d'État valide le plan de restructuration d'Auchan et ses 2 389 suppressions de postes
Le Conseil d'État a annulé le 2 octobre 2026 deux décisions de justice rendues en première instance, autorisant le distributeur Auchan à mettre en œuvre un plan de sauvegarde de l'emploi portant sur 2 389 postes.
Décision du Conseil d'État
La plus haute juridiction administrative française, le Conseil d'État, a rendu vendredi 2 octobre 2026 une décision définitive annulant deux jugements qui avaient précédemment bloqué le plan de sauvegarde de l'emploi d'Auchan. La décision valide définitivement la légalité administrative du dispositif de licenciements, un PSE présenté par Auchan Retail fin 2024. Selon les termes du plan de restructuration confirmé, l'exploitant de supermarchés est légalement autorisé à procéder à la suppression de 2 389 postes dans son réseau français. La décision annule directement les victoires juridiques obtenues précédemment par les syndicats CGT et FO, mettant fin à une procédure d'examen administratif rapportée par l'Agence France-Presse après une première information de la publication spécialisée LSA.
Bataille procédurale devant les juridictions administratives
Le plan de restructuration de l'entreprise s'est heurté dès l'annonce, fin 2024, de la suppression de près de 2 400 postes par Auchan à l'opposition des organisations syndicales. Le tribunal administratif de Lille avait initialement invalidé le plan de réduction des effectifs, jugeant que l'homologation administrative des licenciements était entachée d'irrégularité. En janvier 2026, la cour administrative d'appel de Douai, dans le Nord, avait confirmé le jugement lillois, validant l'annulation du plan de sauvegarde de l'emploi et le gel des licenciements. Auchan a ensuite formé un pourvoi devant le Conseil d'État, demandant un réexamen complet et le rétablissement des mesures de restructuration.
- Auchan Retail annonce un plan de sauvegarde de l'emploi portant sur 2 389 suppressions de postes
- La cour administrative d'appel de Douai confirme l'invalidation du plan
- Le Conseil d'État annule les jugements et valide le plan de restructuration
Réaction syndicale et critique de la procédure
La décision a suscité une vive condamnation de la Fédération CGT commerce et services, qui a qualifié le jugement de trahison sociale scellant directement le licenciement de 2 389 salariés. Le syndicat a reproché à la haute juridiction d'infliger ce qu'il a qualifié de double peine aux salariés des supermarchés, en imposant à la fois des suppressions d'emplois et une précarité durable. Les représentants syndicaux se sont particulièrement étonnés de la rapidité de l'examen judiciaire, soulignant que la plus haute juridiction administrative a traité l'ensemble du pourvoi en environ six mois, alors que des contentieux sociaux aussi complexes nécessitent habituellement plusieurs années pour aboutir.
En l'espace de six mois, le Conseil d'État a pu enregistrer un pourvoi, des mémoires, analyser, tenir une audience et rendre une décision.
La CGT a dénoncé ce qu'elle a décrit comme une justice à deux vitesses et critiqué la politique économique menée sous la présidence d'Emmanuel Macron, affirmant que les modifications réglementaires ont offert aux employeurs des voies juridiques pour se soustraire à leurs obligations sociales. Le syndicat soutient que les suppressions de postes envisagées restent injustifiées, d'autant que les groupes d'entreprises perçoivent des milliards d'euros de subventions publiques. En réaction à la décision, la fédération syndicale a affirmé qu'elle n'abandonnerait pas le conflit et a demandé aux salariés de l'ensemble des magasins de poursuivre une résistance organisée contre les licenciements.
Contexte de la restructuration d'Auchan Retail
La confirmation judiciaire apporte une issue juridique à une restructuration qui fait suite à deux années de difficultés pour Auchan Retail. Le groupe de distribution français a enchaîné les vagues de réorganisations internes, les cessions d'actifs et la perte du contrôle opérationnel de son réseau de magasins en Russie. La décision rendue vendredi par le Conseil d'État épuise les voies de recours administratives ouvertes aux syndicats contre le plan, apportant le feu vert réglementaire définitif nécessaire à Auchan pour exécuter les réductions d'effectifs annoncées en 2024.


