
Les dirigeants de l'UE se réunissent à Bruxelles le 15 octobre sur le budget 2028-2034, sous le signe des divisions
Les dirigeants se réunissent les 15 et 16 octobre après le compromis de la présidence irlandaise du 10 octobre, que Berlin juge insuffisant et que Paris estime dépourvu de nouvelles ressources propres suffisantes.
Le compromis irlandais sur la table
Les dirigeants de l'UE se réunissent à Bruxelles les 15 et 16 octobre pour négocier le budget de l'Union pour 2028 à 2034. La présidence irlandaise du Conseil a présenté le 10 octobre un compromis qui fixe le budget à environ 1 620 milliards d'euros en prix 2025, hors inflation attendue, selon les chiffres officiels cités par la Berliner Zeitung. Cela représente 8 % de moins que le projet de la Commission et environ 30 % de plus que le cadre actuel, tandis que la Neue Zürcher Zeitung avance un chiffre plus élevé, d'environ 1 800 milliards d'euros, pour la même proposition. La Commission avait proposé environ 2 000 milliards d'euros, et le Parlement européen souhaite un volume global supérieur d'environ 10 % à celui de la Commission. Les coupes proposées atteignent au total 141 milliards d'euros en prix 2025, ce que Politico évalue à environ 159 milliards d'euros inflation incluse.
L'Allemagne pousse à des coupes plus profondes
Le chancelier Friedrich Merz a passé des mois à rallier les États membres frugaux derrière un budget plus réduit, et il a qualifié la proposition irlandaise de base de discussion inacceptable. Selon Die Welt, dans les plans actuels, l'Allemagne verserait 58 milliards d'euros par an au budget de l'UE, contre 32 milliards d'euros aujourd'hui.
- Actuellement
- 32 milliards d'euros par an
- Dans les plans actuels
- 58 milliards d'euros par an
N-tv rapporte que l'Allemagne et cinq autres États insistent sur des coupes significatives, tandis que Die Welt s'attend à peu de chose au-delà du protocole lors du sommet. Dans sa déclaration de gouvernement devant le Bundestag le 14 octobre, Merz a déclaré que la proposition devait être encore plafonnée dans tous les domaines et que l'aide à l'Ukraine ne se ferait pas au détriment des dépenses sociales ou éducatives nationales.
Nous devons investir là où se décide l'avenir de l'Europe : dans notre sécurité et dans notre compétitivité.
Le vice-président de la CSU Manfred Weber, qui dirige le groupe PPE au Parlement européen, rejette lui aussi les coupes au plan de la Commission.
La France et la question des ressources
La présidence française a indiqué le 14 octobre qu'il n'est pas actuellement prévisible qu'un accord budgétaire de long terme soit conclu d'ici décembre. Paris conditionne son soutien à des ressources propres substantielles et nouvelles pour l'UE, et un responsable qui a demandé à ne pas être nommé a déclaré que ces conditions ne seraient pas remplies sans un volume suffisant de telles ressources. La France appartient à un groupe qui veut un budget plus important et rejette les coupes dans la politique agricole et régionale. Siegfried Mureșan, qui co-dirige les travaux du Parlement européen sur le cadre financier pluriannuel, a averti que les retards et les divisions au Conseil sont préoccupants et a souligné la nécessité d'un accord.
Le budget de l'UE ne peut se construire que par le compromis.
Instruments commerciaux et agenda plus large
Merz et Macron ont proposé un « Kill Switch » qui permettrait à la Commission de couper l'accès au marché de l'UE à des pays tiers qui empêchent une concurrence équitable, sans l'accord des États membres. L'Industrial Accelerator Act lierait les marchés publics et les subventions dans l'acier, le ciment, l'aluminium et l'automobile à un étiquetage « Made in EU » et à des exigences bas carbone. Le directeur général du VDMA, Thilo Brodtmann, a déclaré que la proposition irlandaise, avec moins d'argent pour les programmes de compétitivité, va dans la mauvaise direction. Le 14 octobre, 22 organisations membres du Mouvement européen Allemagne, dont le BDI, le DGB et le DOSB, ont appelé à un budget nettement plus ambitieux.
L'objectif de fin d'année sous tension
Le président du Conseil, António Costa, maintient publiquement l'objectif de s'accorder sur le budget d'ici la fin 2026, et la note de préparation du sommet demande aux dirigeants de réunir les éléments clés d'ici là. Politico rapporte que les États membres ont affaibli leur engagement sur ce calendrier. Les élections dans plusieurs États membres en 2027, dont la France, ajoutent à la pression, l'UE craignant que des gains de partis eurosceptiques ne compliquent un accord. Un accord cette année garderait les négociations hors de ces campagnes.
- La présidence irlandaise présente un compromis budgétaire d'environ 1 620 milliards d'euros en prix 2025
- Les États membres auraient assoupli l'échéance de fin 2026 pour un accord
- Premier jour du sommet de deux jours des dirigeants de l'UE à Bruxelles
- Deuxième jour du sommet de deux jours des dirigeants de l'UE à Bruxelles
- Date cible pour s'accorder sur le budget 2028-2034
- Élections dans plusieurs États membres, dont la France
