
Enquête sur la santé sexuelle en Espagne : 28 % des femmes forcées à des actes non désirés, 27,5 % des hommes ont payé pour du sexe
Une enquête nationale du ministère espagnol de la Santé révèle que 28,2 % des femmes ont été forcées à des pratiques sexuelles non désirées au moins une fois, tandis que 27,5 % des hommes déclarent avoir payé pour du sexe. L'acceptation des relations homosexuelles a doublé depuis 2009.
Coercition et prostitution
La deuxième édition de l'Enquête nationale sur la santé sexuelle en Espagne, réalisée par le ministère de la Santé et le Centre de recherches sociologiques (CIS) auprès de 9 009 personnes, montre que 28,2 % des femmes déclarent avoir été forcées à des actes sexuels non désirés à un moment donné. Parmi les hommes, 13,6 % admettent avoir eu le sentiment de faire pression sur un partenaire au moins une fois.
C'est un chiffre grave et préoccupant qui nous rappelle une fois de plus que l'éducation affective et sexuelle ainsi que la lutte contre les violences sexuelles restent des tâches fondamentales de notre époque.
Les hommes sont massivement les clients du sexe tarifé : 27,5 % déclarent avoir payé, contre 0,3 % des femmes. La plupart de ces paiements (79,1 %) remontent à plus de cinq ans, tandis que 9,5 % ont payé au cours de l'année écoulée.
Évolution des attitudes sur l'homosexualité et le consentement
L'acceptation des relations homosexuelles a bondi de 41 % en 2009 à 88,1 % aujourd'hui, avec un soutien quasi identique chez les hommes (87,1 %) et les femmes (89,0 %). L'Espagne se classe première en Europe pour les droits LGBT dans le Rainbow Map 2026 d'ILGA-Europe.
Cependant, les opinions sur le consentement divergent fortement selon le genre. Alors que plus de 86 % de la population estime que forcer un partenaire à avoir des rapports sexuels est un viol, 54,3 % des hommes estiment qu'une fois une relation sexuelle acceptée, on doit aller jusqu'au bout si l'autre personne le souhaite. Seules 36,6 % des femmes partagent cet avis, et 60,5 % des femmes sont en désaccord.
Consommation de pornographie et son influence
L'enquête montre que 71,9 % des hommes ont regardé de la pornographie au cours de l'année écoulée, contre 24,9 % des femmes. La consommation quotidienne est de 2,3 % de la population, et l'usage le plus élevé se situe dans la tranche d'âge des 25-34 ans (plus de 60 %).
Ce chiffre ne doit pas nous alarmer, mais il nous rappelle l'importance de l'éducation affective et sexuelle pour que l'éducation précède les algorithmes de la pornographie.
Le ministère de la Santé considère la prévalence de la pornographie en ligne comme un facteur déterminant dans la perception des relations sexuelles réelles et préconise un renforcement de l'éducation sexuelle à l'école.
Satisfaction, usage du préservatif et risques
La satisfaction sexuelle a diminué : 77,2 % de la population se déclare satisfaite de sa vie sexuelle, contre 85,8 % en 2009. Parmi les plus de 75 ans, seuls 51,3 % expriment leur contentement. L'idée qu'une vie sexuelle active est essentielle au bonheur s'est également affaiblie, avec seulement 34,6 % des hommes et 28,5 % des femmes qui la soutiennent, contre 36,9 % et 39,3 % respectivement.
L'usage du préservatif a chuté de manière spectaculaire. En 2009, 38 % déclaraient ne pas avoir utilisé de préservatif lors de leur dernier rapport vaginal ; ce chiffre a doublé pour atteindre 75,2 %, un changement lié à la récente explosion des infections sexuellement transmissibles.
- Acceptation des relations homosexuelles
- 41 %
- Acceptation des relations homosexuelles
- 88.1 %
- Satisfaits de leur vie sexuelle
- 85.8 %
- Satisfaits de leur vie sexuelle
- 77.2 %
- Absence de préservatif lors du dernier rapport vaginal
- 38 %
- Absence de préservatif lors du dernier rapport vaginal
- 75.2 %
Le ministère de la Santé indique que ces données guideront les politiques publiques, l'éducation sexuelle de l'école primaire à la formation professionnelle, et les campagnes promouvant un regard critique sur certains contenus médiatiques.

