
Rotunda révoque l'autorisation de pratique privée après que la ministre a menacé de couper les fonds publics
Le conseil d'administration de l'hôpital Rotunda a annulé une décision autorisant les consultants exclusivement publics à traiter des patients privés, après que la ministre de la Santé Jennifer Carroll MacNeill a menacé de retirer les financements publics.
Le revirement
Le conseil d'administration de la maternité Rotunda à Dublin a voté tard lundi pour annuler une politique controversée qui permettait aux consultants sous contrat exclusivement public de continuer à exercer en privé dans l'enceinte de l'hôpital. Cette décision fait suite à l'indication de la ministre de la Santé Jennifer Carroll MacNeill que les financements publics pourraient être supprimés si l'hôpital ne respectait pas les termes du contrat public-only du Sláintecare. Le Rotunda, hôpital volontaire, est financé à 90 % par l'État.
Les patientes devraient être remboursées, car cela n'aurait jamais dû se produire en premier lieu. Ces contrats ont été signés en toute transparence par toutes les parties concernées, y compris les hôpitaux, dans le cadre d'une convention de service.
Les patientes concernées
Un porte-parole de l'hôpital a indiqué que huit femmes bénéficiaient de soins privés dans le cadre de cet arrangement désormais annulé. Les huit ont choisi de rester patientes privées et ont transféré leurs soins restants à des consultants qui ne sont pas sous contrat public-only. Le Taoiseach a déclaré au Dáil que ces patientes devraient être remboursées.
Le conflit contractuel
Le contrat public-only est la seule option pour les médecins nouvellement nommés. Les consultants en poste avant 2023 peuvent conserver des contrats plus anciens qui autorisent un mélange de travail public et privé sur place. Plus de la moitié des consultants du Rotunda sont sous ces contrats hérités, ce qui signifie que des soins privés étaient déjà disponibles pour les patientes qui pouvaient se les offrir. L'hôpital avait justifié son autorisation par le choix et la sécurité des patientes, mais les critiques ont jugé cet argument contre-productif vu la disponibilité préexistante des soins privés.
Je ne souhaite pas vraiment tirer un trait sur cette affaire, je pense que de nombreuses questions soulevées ces dernières semaines méritent d'être approfondies.
Questions de gouvernance plus larges
Cette controverse a mis en lumière une tension de longue date sur le contrôle financier des 16 hôpitaux volontaires irlandais, qui reçoivent environ 5 milliards d'euros par an du Trésor. Ces établissements, notamment St Vincent's, St James's, le Mater et les hôpitaux pour enfants, ont résisté à l'intégration de leurs systèmes comptables au système de gestion financière intégré du HSE. L'épisode du Rotunda est considéré par les commentateurs comme la partie émergée d'un iceberg plus vaste concernant le contrôle de ces organismes financés par l'État.
Modèles de soins maternels
Des universitaires spécialisés en obstétrique ont souligné que l'Enquête nationale sur l'expérience de la maternité 2025 a révélé que les femmes évaluaient le plus hautement les soins lorsqu'elles connaissaient leur prestataire, que ce soit dans des unités dirigées par des sages-femmes, lors d'accouchements à domicile ou chez des obstétriciens privés. Selon eux, la priorité réelle est d'étendre les modèles de continuité des soins dirigés par des sages-femmes, qui améliorent la sécurité clinique, réduisent les taux d'interventions et augmentent la satisfaction maternelle, plutôt que de défendre une pratique privée fragmentée au sein des hôpitaux publics.
La décision de l'hôpital Rotunda de contourner les conditions contractuelles des contrats public-only des consultants, bien qu'il soit financé à 90 % par l'État, n'était pas centrée sur les femmes, et ne favorisait pas un choix réel pour toutes les femmes, mais uniquement pour celles qui ont les moyens de payer.


