
La forêt de Fontainebleau rouvre 80 % de ses sentiers six semaines après les incendies de juillet
Les autorités françaises ont rouvert 18 000 hectares de la forêt de Fontainebleau le 22 août 2026, accueillant à nouveau randonneurs et grimpeurs tout en maintenant fermée une zone brûlée et une zone tampon de 4 000 hectares pour des raisons de sécurité.
Accès progressif sur 18 000 hectares
Les autorités du département de Seine-et-Marne ont autorisé la réouverture partielle de la forêt de Fontainebleau le samedi 22 août 2026, six semaines après que les incendies de la mi-juillet ont détruit 2 000 hectares de bois en trois jours. La décision de la préfecture rétablit l'accès du public à 80 % du massif, soit 18 000 hectares de sentiers, de rochers et de secteurs de loisirs. Des agents de l'Office national des forêts (ONF) ont descellé plusieurs portails d'entrée vendredi après-midi 21 août, permettant aux promeneurs, coureurs et amoureux de la nature de revenir. Les habitants vivant à proximité des lisières de la forêt, comme Pia Mutti, résidente d'Arbonne-la-Forêt, ont salué la réouverture après des semaines de fermeture totale. Sophie David, responsable du service environnement et accueil du public à l'ONF de Seine-et-Marne, a expliqué la logique de cette réouverture.
Même si la forêt reste sèche, les conditions météorologiques se sont nettement améliorées, ce qui nous permet de rouvrir la forêt au public. Cependant, dans la zone brûlée et le long du périmètre, le secteur reste strictement interdit pour des raisons de sécurité.
- Zone publique rouverte
- 18000 hectares
- Zone tampon fermée
- 2000 hectares
- Zone brûlée
- 2000 hectares
Restrictions de sécurité et points chauds souterrains
Un périmètre de sécurité restreint d'environ 4 000 hectares reste interdit au public, comprenant les 2 000 hectares brûlés ainsi qu'une zone tampon de 2 000 hectares. Seuls les secouristes et les équipes forestières ont accès à ce périmètre fermé. Les pompiers inspectent quotidiennement le sol avec des capteurs thermiques calibrés pour détecter des températures dépassant 65 degrés Celsius afin de localiser les points chauds souterrains cachés. Benoît Kaplan, sous-préfet, a expliqué que la nature tourbeuse du sol, composée de sable et de matière organique séchée, permet au feu de couver sous terre et de refaire surface des jours ou des semaines après la disparition des flammes en surface. Les autorités ont rappelé que les visiteurs, dans toutes les zones rouvertes, doivent rester strictement sur les sentiers balisés, et que fumer, les feux de camp et les barbecues sont interdits dans toute la forêt.
Soulagement économique local et secteurs d'escalade
La reprise de l'accès public apporte un soulagement économique aux communes de Seine-et-Marne qui dépendent des 15 millions de visiteurs se rendant chaque année dans la forêt. Les zones de bloc et d'escalade ont également rouvert samedi, rétablissant l'accès pour les sportifs de plein air qui génèrent un peu moins de 20 millions d'euros d'activité économique annuelle pour l'économie locale. Julien Gondard, maire de Fontainebleau, a noté que la fermeture prolongée avait perturbé l'activité commerciale estivale dans les villages et centres-villes environnants.
Nous attendions cela avec impatience. Cela ne signifie pas que tout est résolu, car il y a encore des incendies qui couvent, mais nous sommes très heureux de cette réouverture, même partielle.
Gondard a exhorté les visiteurs à respecter les barricades entourant les parcelles fermées, notant que les arbres morts et endommagés dans ces secteurs continuent de présenter des risques de chute.
- Un incendie détruit 2 000 hectares en trois jours, entraînant le déploiement de Canadair en Île-de-France
- Les agents forestiers commencent à desceller les points d'accès alors que la préfecture annonce une réouverture partielle
- L'accès public et les secteurs d'escalade rouvrent officiellement sur 18 000 hectares
Dégâts environnementaux et rétablissement à long terme
L'incendie de juillet a détruit 10 % du massif de Fontainebleau, entraînant le premier déploiement d'avions bombardiers d'eau Canadair dans la région Île-de-France. Les vagues de chaleur répétées avaient gravement asséché la réserve, laissant de vastes étendues de végétation avec un feuillage aux couleurs automnales en plein été et créant un stress hydrique qui rend les arbres brûlés vulnérables à l'effondrement. Bien que des pousses vertes et des fougères aient commencé à émerger de la couche de cendres, les responsables de l'ONF ont déclaré que la forêt aurait besoin de plusieurs décennies pour se rétablir complètement. Les autorités prévoient de rouvrir progressivement les zones restreintes restantes par phases successives, au fur et à mesure du refroidissement du sol et de la stabilisation des sentiers.


