Le gouvernement ignore le diagnostic structurel de la Banque d'Espagne sur le logement et cible les locations touristiques
Le dernier rapport de la Banque d'Espagne identifie de profondes défaillances du côté de l'offre sur le marché du logement, mais le gouvernement a choisi de se concentrer sur les appartements touristiques et un chiffre contesté de 900 000 logements.
Un diagnostic structurel ignoré
Le dernier rapport de la Banque d'Espagne décrit un problème persistant du côté de l'offre : là où la population, l'emploi et l'activité économique augmentent, les logements n'arrivent pas en quantité suffisante, à temps, ni là où ils sont nécessaires. Il pointe un manque de foncier finaliste, une lenteur de l'urbanisme, des goulots d'étranglement administratifs, une insécurité juridique, un manque de capacité de construction et un décalage croissant entre la création de ménages et la production de nouveaux logements. Le rapport appelle à des réformes profondes, et non à des mesures isolées ou à des effets d'annonce éphémères.
Le gouvernement recentre le débat sur le tourisme
Au lieu de s'attaquer aux contraintes de l'offre, le ministère du Logement a centré le débat sur les usages touristiques et un chiffre de 900 000 logements prétendument destinés au tourisme ou à l'investissement. Ce chiffre agrège cependant des réalités différentes, locations touristiques, résidences secondaires, propriétés de non-résidents, concentrées dans les zones côtières, les îles et les marchés saisonniers. Le gouvernement propose des restrictions immédiates, tandis que la Banque d'Espagne exige des changements structurels. Construire un récit des bons et des mauvais acteurs est politiquement plus rentable que d'expliquer pourquoi l'Espagne n'a pas réussi pendant des années à libérer du foncier de manière efficace, suggèrent les auteurs du rapport.
Le contexte démographique
L'économiste José Ignacio Conde-Ruiz relie la crise du logement au vieillissement de la population espagnole.
Il soutient que l'État-providence est de plus en plus orienté vers les personnes âgées, laissant les jeunes générations avec des salaires bas, un logement inaccessible et des retraites incertaines.Le vieillissement explique le logement, car le poids politique d'une société vieillissante fait que certains problèmes des jeunes ne sont pas une priorité.
Il faut toucher à tout : les dépenses, la formule de calcul, l'âge effectif de départ à la retraite et le financement.
Le ministre reconnaît la complexité
Le vice-président et ministre de l'Économie, Carlos Cuerpo, qualifie le logement de priorité absolue, mais prévient qu'il n'existe pas de solution unique.
Il souligne les compétences partagées entre administrations et évoque des mesures telles que la promotion de la construction de logements locatifs abordables via le Fondo España Crece, la modification du traitement fiscal des appartements touristiques et la création de comptes d'investissement pour offrir aux épargnants des alternatives à l'investissement immobilier.Le logement est la grande priorité, mais il n'y a pas de solution miracle.


