
Puigdemont dit préparer son retour en Catalogne et refuse de diriger l'opposition
Carles Puigdemont affirme que la loi d'amnistie a atteint un point irréversible et qu'il prépare son retour depuis la Belgique. Il a également indiqué qu'il n'assumerait pas le poste de chef de l'opposition au Parlament une fois revenu en Catalogne.
Préparer un retour
Carles Puigdemont, dirigeant de Junts et ancien président de la Generalitat, a déclaré dans un entretien accordé à Jordi Basté pour l'émission Pla seqüència sur La 2 Cat qu'il préparait désormais son retour en Catalogne. S'exprimant depuis sa résidence de Waterloo, en Belgique, il a expliqué avoir passé des années à préparer son exil et préparer aujourd'hui son retour. Il soutient que la validation de la loi d'amnistie par le Tribunal constitutionnel a fait franchir au processus le point de non-retour. La Cour suprême a levé le mandat d'arrêt national qui le visait, mais l'application complète de la loi d'amnistie par cette juridiction reste en suspens. Il attend cette étape avant d'organiser son retour, attendu après les élections générales du 29 novembre.
C'est irréversible et, par conséquent, ils devront finir par signer la reddition.
Refuser le poste de chef de l'opposition
Puigdemont a indiqué qu'il n'assumerait pas le rôle de chef de l'opposition au Parlament une fois revenu. Il a déclaré ne pas pouvoir occuper ce poste, estimant qu'un ancien président ne devait pas ensuite contrôler la personne qui lui a succédé, quelle qu'elle soit. Il a aussi affirmé que la Catalogne qu'il a quittée en 2017 n'existe plus et qu'il veut découvrir lui-même la nouvelle réalité et écouter avant tout les jeunes générations. Selon LaSexta, il prévoit de se rendre au cimetière d'Amer pour rendre hommage à ses parents décédés lors de son retour. Dans le même entretien, il a annoncé qu'il parcourrait la Catalogne une fois revenu.
Le départ de 2017
Puigdemont a rejeté la version largement répandue selon laquelle il aurait quitté l'Espagne caché dans le coffre d'une voiture. Il a affirmé être parti en voiture tard le 29 octobre 2017, jour de la Sant Narcís, assis à l'arrière en costume-cravate, et avoir passé sa première nuit à l'hôtel Chambord à Bruxelles. Il a expliqué s'être habillé formellement au cas où il serait arrêté et où des images de lui seraient publiées, afin que la présidence de la Generalitat ne soit pas humiliée. Il a également dit être prêt à rester à l'étranger à vie pour éviter que l'institution soit exposée à un président menotté devant un juge espagnol.
Je ne suis jamais passé par le coffre d'une voiture.
Le bref retour de 2024
En août 2024, Puigdemont est réapparu à l'Arc de Triomf de Barcelone pour prononcer un court discours avant l'investiture de Salvador Illa, puis est rentré en Belgique sans être arrêté. Il a déclaré que son plan était de parler au Parlament même s'il devait ensuite être détenu, pour dénoncer que la loi d'amnistie n'était pas appliquée. Il a expliqué avoir renoncé lorsqu'il a vu qu'il ne pourrait pas atteindre l'hémicycle. Dans un message ultérieur, il a décrit un trajet jusqu'à la frontière française à l'arrière d'une voiture aux vitres teintées. Il a aussi affirmé que la résidence de Waterloo, dont il dit ignorer le prix, est payée par des dons et jamais avec de l'argent public.
L'amnistie et les négociations de 2023
Puigdemont a affirmé que le PSOE lui avait proposé un accord « similaire à des grâces » avant que les voix de Junts ne deviennent décisives pour l'investiture de Pedro Sánchez en 2023, et qu'il l'avait refusé parce qu'il ne réglait pas le conflit sur le plan politique. Il a raconté avoir dit à l'émissaire socialiste qu'il n'accepterait qu'une amnistie, et s'être entendu répondre qu'une amnistie était impossible. Après les élections générales de juillet 2023, les circonstances ont changé et Junts a posé l'amnistie comme condition, a-t-il poursuivi. Il a admis avoir parfois pensé que l'amnistie ne serait jamais appliquée dans son cas, convaincu que personne ne souhaitait son retour.
Dates clés
La séquence va de son départ en 2017 aux élections générales qui devraient façonner son retour. Ces dates sont détaillées ci-dessous.
- Quitte la Catalogne en voiture pour la Belgique et passe la première nuit à l'hôtel Chambord à Bruxelles
- Élections générales, après lesquelles les voix de Junts deviennent décisives pour l'investiture de Pedro Sánchez
- Bref retour à l'Arc de Triomf de Barcelone, puis retour en Belgique sans arrestation
- Élections générales, après lesquelles son retour est attendu
