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Football·-2 h

L'Iran fait match nul 2‑2 contre la Nouvelle‑Zélande à Los Angeles alors que les manifestations de la diaspora transforment les tribunes en champ de bataille politique

Des chants contre les ayatollahs, des sifflets pendant l'hymne national et deux drapeaux rivaux ont transformé le premier match de l'Iran en Coupe du monde en une bruyante confrontation politique, alors même que l'équipe est revenue deux fois au score pour faire match nul 2‑2 contre la Nouvelle‑Zélande.

Un stade divisé en deux

Lorsque l'hymne national iranien a retenti dans le SoFi Stadium lundi soir, des milliers d'Iraniens ont sifflé, tourné le dos ou agité le drapeau au lion et au soleil d'avant 1979. Des centaines de personnes s'étaient déjà rassemblées à l'extérieur de l'arène d'Inglewood, dénonçant la République islamique. À l'intérieur, la même division persistait : une partie de la foule soutenait les joueurs de « Team Melli », l'autre affirmant que l'équipe représente le régime, pas le peuple.

Cette équipe n'est pas l'équipe du peuple iranien – c'est celle du régime.

Los Angeles accueille la plus grande diaspora iranienne hors d'Iran, environ 500 000 personnes, et beaucoup sont des exilés qui ont fui après la révolution de 1979. Les organisateurs espéraient maintenir un boycott, mais lorsque Ramin Rezaeian a égalisé à la 35e minute et que Mohammad Mohebi a marqué de la tête le 2‑2 à la 64e, le stade a explosé, montrant que la loyauté sportive peut l'emporter sur la colère politique pour de nombreux supporters.

Deux drapeaux, une communauté

La FIFA avait prévenu qu'elle confisquerait les banderoles d'opposition ornées du lion et du soleil, et plusieurs ont effectivement été saisies aux portes. Pourtant, des supporters les ont tout de même introduites à l'intérieur et les ont affichées ouvertement. Deux femmes, l'une tenant le drapeau officiel et l'autre agitant l'ancien emblème, se sont brièvement affrontées dans le hall. « C'est déchirant de voir les deux camps s'affronter devant le stade », a déclaré Arash, un Irano‑Américain venu montrer son amour pour sa patrie.

C'est l'équipe des mollahs, donc nous ne pouvons pas la soutenir.

De nombreux manifestants ont souligné qu'ils voulaient que les joueurs gagnent tout en détestant le régime qu'ils sont obligés de représenter. D'autres, comme la militante et journaliste Assal Pahlevan, avaient fait campagne pour un boycott total et ont qualifié le match d'occasion manquée de montrer que les expatriés iraniens ont rompu avec Téhéran.

Une équipe en mouvement

La participation de l'Iran était incertaine pendant des mois après le déclenchement de la guerre avec les États‑Unis et Israël le 28 février. L'équipe a été contrainte d'abandonner sa base prévue à Tucson, en Arizona, et de se relocaliser dans les installations d'entraînement des Xolos à Tijuana, au Mexique. Les autorités américaines ont rejeté les demandes de visa d'environ quinze membres de la délégation. L'équipe n'est autorisée à entrer aux États‑Unis que 24 heures à la fois, en volant de Tijuana à Los Angeles, en jouant, et en revenant immédiatement.

"Nous étions censés rester ce soir et récupérer," a expliqué l'entraîneur Amir Ghalenoei. "Au lieu de cela, ils nous ont dit juste après le match : 'Vous devez partir immédiatement.'" Le capitaine Mehdi Taremi a déclaré que le court trajet depuis Tijuana s'était transformé en une épreuve de cinq heures de voyage et de contrôles de sécurité dimanche. La fédération a même dû négocier l'accès à son quota de billets attribué.

Nous sommes l'équipe la plus maltraitée de toute la Coupe du monde.

Un match nul sous pression

Sur le terrain, la Nouvelle‑Zélande a pris une avance précoce, mais l'Iran a répondu par Rezaeian avant la pause et à nouveau par Mohebi après avoir été mené en seconde période. Le résultat de 2‑2 laisse les deux équipes avec un point dans le groupe G ; l'Iran affronte la Belgique le 21 juin (à nouveau à Los Angeles) et l'Égypte le 27 juin à Seattle. L'entraîneur a déclaré que la logistique avait compromis la préparation physique et mentale de ses joueurs, mais a loué leur courage.

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a regardé depuis la tribune présidentielle alors que la dimension géopolitique s'invitait dans le tournoi : un officiel a été entendu exprimer sa frustration face à la protestation de l'hymne. Pour la diaspora, le match n'a jamais été seulement une question de football. Comme l'a dit l'étudiante Sara Barahman, qui a tourné le dos au terrain pendant l'hymne : "On ne peut pas faire comme si tout était normal."

Inglewood

7 sources

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