
L'appel de Bayrou pour une primaire élargie de 2027, du PS aux gaullistes, rejeté par l'ensemble de l'échiquier politique français
L'ancien Premier ministre François Bayrou a proposé une primaire allant du Parti socialiste à la droite gaulliste pour désigner un candidat unique pour l'élection présidentielle de 2027, mais les partis de tout l'échiquier ont rejeté l'idée.
La proposition de Bayrou
L'ancien Premier ministre et chef du MoDem François Bayrou a utilisé un entretien avec Le Figaro, accordé le dimanche 9 août et publié le 10 août 2026, pour appeler à une « grande primaire » unissant « tous ceux qui rejettent les extrêmes » en vue de l'élection présidentielle de 2027. La primaire s'étendrait de l'aile sociale-démocrate du Parti socialiste à la droite gaulliste, avec un vote ouvert fin janvier ou début février 2027 pour désigner un candidat unique. Bayrou, candidat à la présidentielle à trois reprises et ancien maire de Pau qui a soutenu Emmanuel Macron en 2017 et 2022, a prévenu que sans un tel processus, la France risquait ce qu'il a appelé une « catastrophe » : un duel au second tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, qu'il a décrit comme « mortel pour la nation ». Il a fait valoir qu'un candidat unique portant « tous les démocrates réformateurs » était nécessaire pour empêcher les extrêmes de s'affronter au second tour.
Un champ encombré
Au moins 30 personnalités politiques ont déjà déclaré leur candidature ou leur intention de participer à une primaire. À droite et au centre, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Dominique de Villepin et David Lisnard sont déjà en lice. Xavier Bertrand, Gérald Darmanin, Michel Barnier et Élisabeth Borne envisagent également de se lancer. Bayrou a soutenu qu'aucun de ces concurrents ne peut fédérer assez largement, pas même Philippe, qui mène dans les sondages.
Il défend sa position, c'est légitime. Mais qui porte le renouveau profond qui est attendu ?
Dans les sondages, Marine Le Pen se situe à 34-35 % et Jean-Luc Mélenchon à 15 %, son plus haut niveau en début de cycle présidentiel. Un député Les Républicains cité par 20 minutes a déclaré que si même deux ou trois candidats du centre-droit se présentaient, « nous sommes morts ».
- Bayrou accorde un entretien au Figaro proposant une grande primaire du PS aux gaullistes
- Date limite pour les candidats de se déclarer, selon le calendrier proposé par Bayrou
- Vote ouvert proposé pour la primaire afin de désigner un candidat unique
Un rejet unanime
La proposition a suscité des critiques immédiates et quasi unanimes sur l'ensemble de l'échiquier politique. Un député Renaissance l'a qualifiée de « non-sens » et a déclaré que la primaire « n'a aucun sens », notant que le Parti socialiste a déjà du mal à organiser une primaire en son sein. Arthur Delaporte, député PS du Calvados et porte-parole du parti, a totalement rejeté l'idée.
Elle n'a aucune chance d'exister. Quand il dit qu'il y a ce qu'il appelle 'le fleuve central de la démocratie', allant du Parti socialiste aux gaullistes, jusqu'à Bruno Retailleau, il se trompe manifestement. Nous n'allons pas nous mettre d'accord avec un espace qui a déjà montré que depuis dix ans il y a une tentative politique d'union des centres qui ne mène qu'à une chose : l'union de la droite et de la droite, et parfois même des affinités avec l'extrême droite.
Othman Nasrou, secrétaire général des Républicains, a exclu toute négociation avec Horizon ou Renaissance, déclarant que les Français veulent « une véritable rupture » plutôt que des accords en coulisses. Horizon a confirmé que sa position était inchangée : il n'y aurait pas de primaire, et Édouard Philippe serait le candidat.
Plans rivaux existants et prochaines étapes
Philippe et Attal avaient déjà indiqué qu'ils chercheraient un « processus de départ » avant février, mais l'idée de primaire d'Attal n'a pas convaincu le maire du Havre. À droite, Retailleau a insisté sur le fait qu'il resterait candidat « jusqu'au bout », malgré les doutes internes au sein des cadres LR. Bayrou a prédit que sans un accord large, la sélection se ferait par d'autres moyens.
Si cela ne se fait pas par un accord large, parce que tout le monde est déraisonnable, cela se fera par effraction, par bousculade.
Il a appelé tous les candidats potentiels à se déclarer d'ici septembre, qualifiant la période de rentrée de « temps des présentations », suivie de « clarification et confrontation ». Le vainqueur de sa primaire proposée disposerait de « deux mois complets de campagne », ce qui, selon lui, est suffisant pour une course qui « se joue à la fin, parfois la dernière semaine ».

