
La police britannique inculpe le suspect du meurtre d'Ann Widdecombe pour un projet d'attentat contre Nigel Farage
La police antiterroriste britannique a inculpé Joshua Kerry, 28 ans, pour préparation d'actes de terrorisme visant le chef du parti Reform UK, Nigel Farage, trois mois après l'avoir inculpé pour le meurtre de l'ancienne députée Ann Widdecombe.
Une inculpation pour terrorisme autorisée
La police antiterroriste britannique a annoncé vendredi que Joshua Kerry, 28 ans, a été inculpé pour préparation d'actes de terrorisme, notamment des opérations dirigées contre le chef du parti Reform UK et député Nigel Farage. Après autorisation du Crown Prosecution Service, les autorités ont inculpé Kerry au titre de l'article 5(1)(a) de la loi antiterroriste de 2006. Les enquêteurs allèguent que le suspect a mené des actes préparatoires sur une période de deux ans, entre le 31 mai 2024 et le 8 juillet 2026. La commissaire adjointe Vicki Evans, coordinatrice nationale de la police antiterroriste, a indiqué que cette inculpation faisait suite à une vaste opération inter-agences impliquant des spécialistes de la police scientifique et des analystes.
Cette enquête a été menée par une équipe dédiée d'enquêteurs, d'analystes et d'experts en police scientifique, travaillant sur de multiples pistes, ce qui a abouti à cette inculpation très grave.
Un lien avec le meurtre d'Ann Widdecombe
Kerry, qui réside à Byrley Road à Rotherham, dans le South Yorkshire, était déjà en détention après avoir été inculpé en juillet du meurtre de l'ancienne parlementaire Ann Widdecombe. Widdecombe, ancienne ministre conservatrice de 78 ans qui était porte-parole de Reform UK, a été retrouvée morte le 9 juillet 2026 à son domicile de Haytor, dans le Devon. Le parquet accuse Kerry d'avoir attaqué Widdecombe alors qu'elle déjeunait, la frappant 21 fois à la tête avec un marteau. Les policiers ont arrêté Kerry le 11 juillet 2026, deux jours après la découverte du corps. La police du Devon et des Cornouailles avait initialement écarté la piste politique avant que les enquêteurs antiterroristes nationaux ne prennent en charge l'affaire.
- Début de la période de préparation d'actes de terrorisme alléguée
- Ann Widdecombe retrouvée morte à son domicile de Haytor, dans le Devon
- Arrestation de Joshua Kerry en lien avec le meurtre
- La police antiterroriste inculpe Kerry pour préparation d'actes de terrorisme
- Comparution prévue devant un tribunal de première instance de Londres
Enquête sur un engin incendiaire et réaction ministérielle
L'inculpation pour terrorisme coïncide avec une enquête antiterroriste distincte, rouverte, sur un incident de sécurité au domicile de Farage, dans le sud de Londres. En avril 2026, le chef de Reform UK a déclaré au Daily Telegraph qu'un engin incendiaire allumé avait été poussé par la fente de sa porte d'entrée alors qu'il était absent, qualifiant l'incident de tentative d'incendie criminel. La police antiterroriste a rouvert cette enquête en août 2026 après avoir identifié une piste non explorée jusque-là. Après les inculpations de vendredi, la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood a exprimé sa sympathie à Farage et à sa famille, déclarant que la situation soulevait de sérieuses inquiétudes quant à la sécurité des personnalités publiques.
Ne nous y trompons pas : une attaque contre une personnalité politique est une attaque contre nous tous.
Comparution devant le tribunal et sécurité des parlementaires
Kerry doit comparaître devant un tribunal de première instance de Londres le mercredi 7 octobre 2026. La procédure judiciaire intervient après un examen attentif de la sécurité physique des responsables politiques à travers le Royaume-Uni. Widdecombe est la troisième personnalité politique britannique tuée au cours de la dernière décennie, après le meurtre en 2016 de la députée travailliste Jo Cox par un sympathisant néonazi et celui en 2021 du député conservateur David Amess par un partisan de l'État islamique. La mort de Widdecombe en juillet a suscité à Westminster des appels transpartisans à revoir et renforcer les mesures de sécurité des élus.


