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Climat·-3 h

Le jet privé du président de la FIFA pourrait émettre jusqu'à 500 tonnes de CO₂ pendant la Coupe du monde 2026

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a déjà assisté à dix matchs en sept jours, à bord d'un jet privé fourni par Qatar Airways. Le cabinet Greenly estime que ces vols pourraient générer entre 300 et 500 tonnes de CO₂ d'ici la fin du tournoi, soit l'équivalent de l'empreinte annuelle de 35 à 55 Français.

Marathon de déplacements

Lors de la première semaine du tournoi, Gianni Infantino a visité dix matchs dans huit villes : Mexico, Guadalajara, Los Angeles, San Francisco, Vancouver, Seattle, Kansas City et Houston. Le Suisse de 56 ans était souvent accompagné de son conseiller footballistique Youri Djorkaeff. Ce périple a été rendu possible par un Gulfstream G650ER, un jet privé fourni par le sponsor de la FIFA, Qatar Airways. Le magazine allemand Der Spiegel a rapporté que l'appareil consommera plus de 230 000 litres de kérosène pendant la seule phase de groupes. Les données de suivi des vols sur Flightradar24 correspondent à l'emploi du temps d'Infantino, mais la FIFA n'a pas confirmé l'utilisation de l'avion auprès de Spiegel. L'omniprésence du président n'est pas nouvelle ; une enquête de Josimar, publiée en septembre 2024, a révélé qu'il avait parcouru 600 000 kilomètres à bord du même jet au cours des trois années précédentes.

Empreinte carbone

Le cabinet français Greenly, spécialisé dans la comptabilité carbone, a calculé qu'une seule heure de vol de cet appareil émet à peu près autant de CO₂ qu'une personne moyenne en une année entière. Rien que le premier jour de match, l'avion a libéré environ 200 tonnes de CO₂ dans l'atmosphère.

Une seule heure de vol de cet appareil émet à peu près ce qu'un être humain moyen émet en une année entière.

Greenly
Si Infantino continue de visiter deux villes par jour jusqu'aux huitièmes de finale, puis assiste à tous les quarts de finale, le total pour son seul jet se situerait dans une « fourchette défendable de 300 à 500 tonnes de CO₂ », selon Greenly. Cela équivaut à l'empreinte carbone annuelle de 35 à 55 Français.

Réponse de la FIFA

La FIFA a défendu ces déplacements, affirmant que ses dirigeants choisissent entre vols commerciaux et vols privés en fonction de ce qui est le plus efficace et le plus rentable.

L'organisation prend en charge les frais de déplacement dans tous les cas.

FIFA
L'instance a insisté sur le fait qu'elle avait sélectionné le moyen de transport le plus efficace disponible, compte tenu des contraintes logistiques d'un tournoi s'étendant sur trois pays hôtes.

Réactions des critiques

Les organisations environnementales ont vivement critiqué l'utilisation d'un jet privé. John Hocevar, de Greenpeace USA, a posté sur Instagram que le fait de placer des dirigeants sur des vols privés chaque jour « n'envoie pas vraiment un message de sensibilisation au climat ». Le tournoi lui-même est déjà sous le feu des critiques pour son impact environnemental. Une étude de 2025 menée avec le New Weather Institute a estimé que le tournoi générerait environ neuf millions de tonnes d'équivalent CO₂.

Paradoxe de la durabilité du tournoi

David Gogishvili, géographe à l'Université de Lausanne, a déclaré à l'AFP que la FIFA avait créé un « paradoxe de la durabilité ». En réutilisant 16 stades existants de la NFL dispersés à travers l'Amérique du Nord, l'organisation a construit un modèle de tournoi structurellement dépendant du transport aérien, très émetteur.

La FIFA a créé un modèle structurellement dépendant du transport aérien.

Les 16 sites se trouvent dans trois pays et quatre fuseaux horaires, avec environ 4 500 kilomètres entre les stades les plus éloignés.

Mexico · Guadalajara · Los Angeles · San Francisco · Vancouver · Seattle · Kansas City · Houston

5 sources

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