
La police examine un pistolet trouvé dans le lac d'Annecy pour un lien avec les tueries de Chevaline en 2012
Des experts médico-légaux français analysent un pistolet Luger ancien découvert par des touristes dans le lac d'Annecy pour déterminer s'il a été utilisé lors du quadruple meurtre de 2012 près de Chevaline.
Découverte dans le lac d'Annecy
Des touristes britanniques nageant dans le lac d'Annecy ont trouvé une arme de poing reposant à environ deux mètres de profondeur le 20 août 2026. L'arme a été récupérée près d'un camping où la famille Al-Hilli avait séjourné avant leur mort, à une dizaine de kilomètres de la scène de crime. La découverte a été transmise à l'unité spécialisée dans les cold cases du parquet de Nanterre, qui dirige l'enquête depuis 2022. Les experts légistes du laboratoire scientifique de la gendarmerie ont commencé à examiner l'arme pour déterminer si elle correspond à celle utilisée lors de l'attaque non élucidée de 2012.
- Quatre personnes abattues sur une route de montagne près de Chevaline
- Affaire transférée à l'unité des cold cases de Nanterre
- Des touristes découvrent un pistolet Luger immergé dans le lac d'Annecy
- Le procureur de Nanterre confirme l'examen médico-légal de l'arme
Les tueries de Chevaline en 2012
Les meurtres ont eu lieu le 5 septembre 2012 sur une route forestière isolée près du village de Chevaline en Haute-Savoie. Saad al-Hilli, un ingénieur satellite de 50 ans né en Irak et originaire du Surrey, a été abattu au volant de sa BMW. Son épouse Iqbal, 47 ans, et sa mère Suhaila al-Allaf, 74 ans, ont également été tuées à l'intérieur du véhicule par plusieurs balles à la tête. Sylvain Mollier, un cycliste français local qui passait par là, a été abattu à côté de la voiture. Le tireur a tiré 21 cartouches en moins de deux minutes, touchant les victimes 17 fois. La fille de sept ans du couple a survécu avec des blessures à la tête après avoir été frappée avec l'arme, tandis que leur fille de quatre ans est restée cachée sous le corps de sa mère pendant huit heures jusqu'à l'arrivée des techniciens.
- Cartouches tirées
- 21 cartouches
- Cartouches ayant touché les victimes
- 17 cartouches
Tests médico-légaux sur le pistolet Luger
Les enquêteurs ont établi dès le début de l'enquête que le tireur avait utilisé un rare pistolet Luger P06 ou P06/29 Parabellum 7,65 mm, une arme distribuée aux soldats suisses entre 1909 et 1947. Un fragment de crosse cassé retrouvé sur la scène de crime de 2012 fournit une référence physique directe pour la comparaison. Les médias français ont noté que 7 680 pistolets de cette variante étaient équipés de crosses Canevasit rougeâtres dans les années 1930. Les techniciens vérifieront si l'arme retrouvée est dépourvue de cette pièce exacte, tout en examinant les rayures du canon, les éventuels numéros de série lisibles et les traces biologiques. L'ancien procureur de la République de Chambéry, Jacques Dallest, a souligné l'importance de vérifier le calibre et la construction de la crosse avant de poursuivre.
Même s'il est rouillé, les experts verront rapidement s'il s'agit du bon. À Chevaline, les techniciens ont trouvé une plaque en bois, qui se trouve sur les crosses des armes. L'expertise dira rapidement si elle manque sur l'arme retrouvée dans le lac d'Annecy.
Difficultés de traçage des armes à feu anciennes
Parce que l'arme a passé des années sous l'eau, la corrosion présente des obstacles importants pour l'analyse en laboratoire. Même si la balistique confirme que le pistolet a été utilisé dans les tueries, retracer sa chaîne de propriété sur plusieurs décennies reste difficile en raison de l'âge du modèle. L'ancien officier de gendarmerie et spécialiste du trafic d'armes Jean-Charles Antoine-Noirel a expliqué les obstacles d'enquête liés aux armes militaires anciennes.
Cette arme a pu circuler pendant plusieurs décennies et être conservée chez un grand-père, chez un propriétaire ou dans un club, puis avoir été volée, vendue illégalement ou donnée. Et c'est là que l'on voit toute la complexité du traçage d'un réseau.
L'unité des cold cases de Nanterre a indiqué que les analyses en laboratoire prendront plusieurs semaines.


