Généré par IA·En savoir plus
© Al Jazeera Online
Énergie & Commerce·-3 h

L'accord de paix entre les États-Unis et l'Iran fait chuter les prix du pétrole, mais le retour à la normale des coûts du carburant prendra des mois

Le baril de Brent a reculé de plus de 5 % pour atteindre un plus bas de trois mois à environ 83 dollars et les marchés boursiers ont progressé après que Donald Trump a confirmé un accord visant à mettre fin à la guerre avec l'Iran et à rouvrir le détroit d'Ormuz, mais les experts préviennent que la baisse à la pompe pourrait prendre des années.

Plus de 100 jours de perturbations majeures sur les approvisionnements énergétiques mondiaux ont pris fin lundi après que les États-Unis et l'Iran ont conclu un accord de paix préliminaire. Le Brent a atteint son niveau le plus bas depuis plus de trois mois, tandis que le gaz de gros européen a reculé d'environ 6 %.

Réaction des marchés pétroliers

Le baril de Brent a chuté de 5,2 % à 82,80 dollars, selon The Irish Times, tandis que The Guardian et The Scotsman ont rapporté des prix autour de 83 dollars, en baisse par rapport au pic de crise de 126 dollars le baril, mais toujours bien au-dessus de la moyenne de 69 dollars enregistrée l'an dernier. La référence américaine a également fortement reculé. Les marchés boursiers européens ont progressé en début de séance avant de réduire leurs gains : le FTSE 100 a terminé en hausse de 0,6 %, le Cac 40 et le Dax ont tous deux progressé de 1,7 %, et le rendement des obligations allemandes à 10 ans a chuté à 2,945 %, son plus bas niveau depuis fin mai.

Les prix chuteront brutalement une fois le détroit rouvert.

Le détroit d'Ormuz toujours bloqué

Depuis que les États-Unis et Israël ont frappé l'Iran le 28 février, le détroit d'Ormuz est resté fermé aux pétroliers. Environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial transite normalement par ce point de passage. Son blocage a fait grimper les prix du brut et alimenté les craintes d'une poussée inflationniste mondiale. L'accord annoncé dimanche doit être signé vendredi, mais de nombreux détails restent à régler et le détroit ne rouvrira pas immédiatement. Une négociation de 60 jours sur l'abandon du programme nucléaire iranien suivra, et la voie navigable ne sera dégagée des mines qu'après cette étape.

Trump doit vendre cela chez lui comme une victoire. Une baisse du prix de l'essence pourrait aider les républicains américains à survivre aux élections de mi-mandat.

Le soulagement des consommateurs reste lointain

Les prix de l'essence aux États-Unis ont déjà reculé par rapport au pic de début mai à 4,48 dollars le gallon, mais restent élevés. L'AAA a rapporté une moyenne nationale de 4,06 dollars lundi, soit 40 % de plus qu'un an auparavant. Patrick De Haan de GasBuddy a averti que les stocks sont si épuisés que les prix à la pompe pourraient ne pas revenir aux niveaux d'avant-guerre avant 2027, même si le cessez-le-feu est respecté. La demande estivale, les goulots d'étranglement dans les ports et la nécessité de réparer les infrastructures pétrolières endommagées dans le Golfe retarderont toute baisse substantielle.

Il faudra peut-être de nombreux mois, voire plus d'un an, pour que les stocks mondiaux de pétrole reviennent aux niveaux d'avant-guerre.

Prix moyen de l'essence aux États-Unis par gallon · $/gal
2026-02-28
2.98 $/gal
2026-05-01
4.48 $/gal
2026-06-16
4.06 $/gal

Marchés et inflation

Les analystes estiment que la baisse des prix de l'énergie devrait finir par atténuer les pressions inflationnistes. La Banque d'Angleterre fait face à une décision sur les taux jeudi dans un contexte de stagnation de la croissance britannique (le PIB a reculé de 0,1 % au dernier trimestre) et de hausse persistante des prix. Susannah Streeter de la Wealth Club a noté que le brut reste 16 % plus cher qu'avant la guerre et que les prix du gaz sont plus de 30 % au-dessus des niveaux d'avant-crise, reflétant une nervosité persistante concernant le processus de paix et le temps nécessaire pour rétablir les flux énergétiques.

Avec la baisse des prix de l'énergie, les pressions inflationnistes devraient commencer à s'atténuer.

Étapes clés de la crise énergétique et de l'accord de paix
  1. Les États-Unis et Israël lancent des frappes sur l'Iran ; le détroit d'Ormuz est fermé
  2. L'essence aux États-Unis atteint un pic de 4,48 dollars le gallon
  3. Annonce d'un accord de paix préliminaire
  4. Signature de l'accord prévue (vendredi)
  5. Réouverture du détroit pour le déminage ; début des pourparlers nucléaires de 60 jours

Incertitudes restantes

Les acheteurs doivent désormais se précipiter pour reconstituer les stocks de brut d'urgence épuisés, ce qui maintiendra les prix du pétrole dans une fourchette de 80 à 90 dollars pour le reste de l'année, selon les observateurs du marché. L'Iran devrait privilégier une réouverture progressive pour conserver son levier politique, et la coopération du régime de Téhéran reste une variable critique. La route commerciale pourrait ne pas fonctionner normalement avant juillet au plus tôt.

Washington · Téhéran · Dublin

4 sources

Recevoir Pollar Weekly

La semaine en actu, chaque vendredi. Gratuit.

Gratuit. Sans traceurs, sans pub. Désinscription à tout moment.

Plus de Politique & Économie