
Des agents fédéraux perquisitionnent le domicile de la démocrate Ilhan Omar à quelques semaines des élections de mi-mandat
Des agents de Homeland Security Investigations ont perquisitionné lundi 12 octobre le domicile d'Ilhan Omar dans la région de Washington, dans le cadre d'une enquête pénale fédérale liée à des documents relatifs à l'obtention de la nationalité américaine par sa famille en 2000.
La perquisition à son domicile
Des agents de Homeland Security Investigations (HSI), une unité de l'Immigration and Customs Enforcement américaine, ont perquisitionné tôt lundi 12 octobre 2026 le domicile de la représentante démocrate Ilhan Omar dans la région de Washington. Un porte-parole du ministère de la Justice a indiqué que les agents avaient exécuté un mandat de perquisition autorisé par un juge dans le cadre d'une enquête pénale fédérale en cours, sans donner plus de précisions sur son objet. On ignorait si Omar se trouvait à son domicile au moment de la perquisition. L'opération intervient 22 jours avant les élections de mi-mandat du 3 novembre, où Omar, démocrate de 44 ans originaire du Minnesota, brigue un cinquième mandat à la Chambre des représentants.
Ce que l'enquête examinerait
Selon les médias américains cités dans la couverture, l'enquête porte sur les circonstances dans lesquelles Omar et sa famille ont obtenu la nationalité américaine en 2000. L'attention se porterait sur les documents d'immigration déposés à l'époque par son père, depuis décédé, alors qu'elle était enfant. Des sources de Reuters, citées par SKAI, ont indiqué que les autorités examinaient une éventuelle fraude dans les documents d'immigration liés à l'arrivée de la famille aux États-Unis. En septembre, le secrétaire à la Sécurité intérieure Markwayne Mullin avait annoncé une enquête sur les conditions d'entrée de sa famille dans le pays, et Tom Homan, chargé des frontières de l'administration Trump, avait confirmé qu'une investigation visant Omar était en cours sans préciser les soupçons. Homan a confirmé l'exécution du mandat à Fox News lundi. Aucune poursuite pénale n'a été annoncée, et Omar a rejeté les accusations, qualifiant les enquêtes de « fraudes ».
- Le secrétaire à la Sécurité intérieure Markwayne Mullin annonce une enquête sur les conditions d'entrée de la famille d'Omar aux États-Unis
- Des agents de HSI exécutent un mandat de perquisition au domicile d'Omar dans la région de Washington
- Élections de mi-mandat, où Omar brigue un cinquième mandat
La réponse d'Omar et les réactions démocrates
Omar a écrit sur les réseaux sociaux que Trump la ciblait depuis dix ans avec des mensonges sans fondement et des campagnes de diffamation, que la perquisition constituait la dernière escalade d'une campagne d'intimidation politique, et qu'elle ne serait pas réduite au silence. Son cabinet a qualifié la perquisition d'abus de pouvoir scandaleux et d'escalade dans l'usage des forces de l'ordre fédérales contre des opposants politiques. Sa directrice de la communication, Jacklyn Rogers, a déclaré que l'élue n'avait rien fait d'illégal. Le chef des démocrates à la Chambre, Hakeem Jeffries, a jugé l'action profondément préoccupante et accusé la machine d'expulsion de Trump d'abuser arbitrairement de son pouvoir contre une élue. Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a accusé le président d'utiliser l'appareil d'État pour frapper ses rivaux politiques. La représentante du Michigan Debbie Dingell a écrit que Trump avait visé Omar à plusieurs reprises par des discours haineux, contribuant à des menaces de mort et à des violences. Beaucoup ont critiqué la perquisition comme une violation d'une pratique informelle du ministère de la Justice consistant à éviter de telles enquêtes dans les 60 jours précédant une élection.
Les propos de Trump
Lors d'un meeting de campagne à Youngstown, dans l'Ohio, Trump a qualifié Omar de personne abjecte et tenu des propos désobligeants sur la Somalie, son pays d'origine. La foule a répondu en scandant « expulsez-la, expulsez-la ». Trump a exhorté ses partisans à voter le 3 novembre pour que l'Ohio ne soit pas pillé, comme le Minnesota selon lui. Devant des journalistes à la Maison-Blanche, Trump a déclaré qu'il comprenait que le dossier était examiné de très près. Il a ajouté qu'il avait toujours considéré Omar comme totalement corrompue, mais que l'affaire relevait du ministère de la Justice et ne le concernait pas. La représentante républicaine Nancy Mace fait partie des rares élues républicaines à s'être exprimées publiquement sur la perquisition.
La suite
Le Congrès a suspendu ses travaux pour l'instant, et les informations disponibles ne donnent aucun calendrier pour l'enquête. La perquisition intervient dans les dernières semaines précédant les élections de mi-mandat, où Omar figure parmi les critiques les plus virulentes de l'administration. Les démocrates estiment que l'affaire témoigne d'un abus de pouvoir, tandis que Trump maintient une ligne dure à son égard. Le ministère de la Justice n'a pas précisé l'objet de l'enquête, et aucune charge n'a été annoncée dans les informations disponibles.
