
Des agents fédéraux perquisitionnent le domicile d'Ilhan Omar dans une enquête pour fraude à l'immigration
Des enquêteurs du département de la Sécurité intérieure ont perquisitionné lundi 12 octobre le domicile de la représentante Ilhan Omar à Washington, trois semaines avant les élections de mi-mandat. Le département de la Justice présente l'opération comme un volet d'une enquête fédérale en cours.
Les agents perquisitionnent le domicile
Des agents de Homeland Security Investigations, rattachés à l'agence américaine chargée de l'immigration et des douanes (ICE), ont perquisitionné lundi 12 octobre le domicile de la représentante démocrate Ilhan Omar à Washington. Le département de la Justice a indiqué que les agents ont exécuté un mandat de perquisition autorisé par un juge dans le cadre d'une enquête fédérale en cours, sans donner d'autres détails. Selon Al Jazeera, la rue devant son domicile était bouclée ce matin-là et des agents ont été vus en train d'emporter des cartons portant la mention « Seized Property Evidence ». L'opération, menée avant l'aube, intervient trois semaines avant les élections de mi-mandat du 3 novembre, où Omar brigue un cinquième mandat dans le 5e district du Minnesota.
- La vice-présidente JD Vance a déclaré, sans fournir de preuves, que l'administration estimait qu'Omar avait bel et bien commis une fraude à l'immigration
- Le secrétaire à la Sécurité intérieure Markwayne Mullin a déclaré à un podcasteur conservateur que quelque chose allait se produire dans cette affaire
- Des agents de Homeland Security Investigations exécutent un mandat de perquisition autorisé par un juge au domicile d'Omar à Washington
- Trump déclare aux journalistes qu'il n'est pour rien dans la perquisition et que cela relève vraiment du DOJ
- Élections de mi-mandat, où Omar brigue un cinquième mandat dans le 5e district du Minnesota
Ce sur quoi porte l'enquête
Officiellement, l'objet de l'enquête n'a pas été confirmé. Une personne présentée comme proche de l'enquête a déclaré à Reuters qu'elle porte sur des soupçons de fraude à l'immigration et qu'une partie concerne des documents remplis par son père, aujourd'hui décédé, lorsqu'elle était enfant. Omar a fui la guerre civile somalienne avec sa famille à l'âge de huit ans. Selon sa biographie officielle à la Chambre des représentants, la famille a passé quatre ans dans un camp de réfugiés au Kenya avant de s'installer aux États-Unis dans les années 1990, et elle a obtenu la nationalité américaine en 2000. Des sites conservateurs affirment depuis des années qu'elle aurait « épousé son frère » pour commettre une fraude à l'immigration, une allégation qu'elle a qualifiée de « mensonges répugnants ».
Trump et les responsables de l'administration
En septembre, le secrétaire à la Sécurité intérieure Markwayne Mullin a déclaré au podcasteur conservateur Benny Johnson que « quelque chose allait se produire » dans cette affaire. Sur la présence de la famille dans le pays, Mullin a déclaré à Johnson :
Si nous pouvons prouver que vous n'auriez pas dû être ici depuis le début, nous vous expulserons.
Tom Homan, chargé de la politique frontalière au sein de l'administration Trump, a déclaré à FOX Business Network que le département de la Justice et le département de la Sécurité intérieure mènent conjointement l'enquête, tout en refusant de discuter des détails. Quelques heures après la perquisition, le président Donald Trump a déclaré aux journalistes qu'il n'y était pour « rien » et que cela relevait « vraiment du DOJ [département de la Justice] ». Le même jour, lors d'un meeting à Youngstown, dans l'Ohio, en soutien à des candidats républicains, Trump a attaqué Omar sur ses origines somaliennes, affirmant qu'elle venait d'un pays sans lois, sans police ni armée. Il a également accusé la communauté somalienne du Minnesota de détourner des fonds publics et, selon Franceinfo, des partisans ont scandé « Deport ! Deport ! » derrière lui.
La politique du département de la Justice et la réaction démocrate
La politique du département de la Justice interdit aux procureurs et aux agents de fixer le calendrier de leurs actes pour influencer une élection, et le département évite traditionnellement les actes d'enquête visant des candidats dans les quelque 60 jours précédant un scrutin. La perquisition a été approuvée par un tribunal, mais elle contredit cette pratique. Le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, et d'autres dirigeants du parti ont déclaré dans un communiqué que la perquisition soulevait de sérieuses inquiétudes quant à l'utilisation du gouvernement fédéral comme arme contre les opposants de Trump. Les démocrates ont qualifié l'opération de « profondément troublante » et d'« abus de pouvoir » de l'administration Trump, selon The Guardian. Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a écrit sur les réseaux sociaux que Trump abusait de son pouvoir quelques semaines avant l'élection pour traquer ses rivaux politiques.
La réponse d'Omar et son parcours
Omar a qualifié la perquisition de « tentative de cibler des ennemis politiques et d'instrumentaliser les forces de l'ordre fédérales » dans un communiqué sur X. Elle a affirmé que Trump la ciblait depuis dix ans avec des mensonges infondés et des campagnes de diffamation, et qu'elle ne serait pas réduite au silence. Omar, 44 ans, est née à Mogadiscio et représente son district de Minneapolis depuis 2019. Elle est devenue la première élue américano-somalienne du Congrès et compte parmi les deux femmes musulmanes de la Chambre. Son bureau a déjà qualifié l'allégation de fraude à l'immigration de fabriquée et diffamatoire, après que la vice-présidente JD Vance a déclaré en mars, sans fournir de preuves, que l'administration estimait qu'elle avait bel et bien commis une fraude à l'immigration.
