
L'OMS affirme que la cause du décès d'une employée d'un laboratoire russe reste inconnue, aucun cas de peste détecté
La Russie a informé l'OMS qu'aucun cas de peste n'a été enregistré après la mort d'une employée d'un institut de recherche d'Irkoutsk début octobre. L'agence indique que la cause du décès reste inconnue et a demandé davantage de données cliniques et de laboratoire.
Ce qu'a constaté l'OMS
L'Organisation mondiale de la santé a déclaré samedi qu'elle ne savait toujours pas ce qui avait causé la mort d'une jeune employée d'un laboratoire d'Irkoutsk, en Sibérie, spécialisé dans la peste et d'autres maladies. Dans sa première publication complète Disease Outbreak News depuis l'apparition du cas plus tôt ce mois-ci, l'agence cite des rapports initiaux non confirmés évoquant une peste pneumonique, une forme grave de pneumonie qui se transmet d'une personne à l'autre mais présente un taux de guérison élevé lorsqu'elle est détectée et traitée à temps. Les autorités sanitaires russes ont réalisé plus de 5 500 tests et n'ont trouvé aucune trace de micro-organismes pathogènes dangereux, selon l'OMS. La Russie a également indiqué à l'agence qu'aucun cas de peste n'avait été récemment enregistré dans l'oblast d'Irkoutsk et qu'aucun incident de biosécurité ne s'était produit à l'institut.
L'employée et les jours précédant sa mort
L'employée, Daria Szypiłowa, 28 ans, travaillait à l'institut de l'oblast d'Irkoutsk, selon des informations polonaises sur le cas. Elle a été hospitalisée le 29 septembre avec des symptômes de pneumonie grave et est décédée trois jours plus tard. Des médias locaux avaient rapporté auparavant que, le 25 septembre, elle avait cassé un tube à essai contenant un agent pathogène de la peste pneumonique, une affirmation que la partie russe n'a pas acceptée. L'OMS a eu connaissance du cas par des articles de presse le 2 octobre, et après son décès, les autorités ont placé environ 200 personnes sous observation et en quarantaine.
- Des médias locaux rapportent que l'employée a cassé un tube à essai contenant un agent pathogène de la peste pneumonique
- L'employée est hospitalisée pour une pneumonie grave
- L'employée décède ; l'OMS apprend l'existence du cas par des articles de presse
- L'OMS publie sa première publication complète Disease Outbreak News ; la Russie ne signale aucun cas de peste
Le démenti russe et le second cas contesté
La Russie a nié l'existence d'un second cas. L'OMS continue de parler d'« un second cas présumé » qu'elle avait attribué auparavant, dans des explications envoyées par courriel à l'Associated Press, à deux tabloïds britannique et serbe citant des rapports non précisés en Russie. Les tests de laboratoire réalisés sur les personnes ayant eu des contacts avec l'employée infectée n'ont révélé aucun agent pathogène à haut risque, selon les autorités russes. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait déclaré auparavant que l'organisation ne pouvait pas mener une évaluation complète des risques parce que la Russie n'avait pas fourni de données complètes et que la cause du décès de l'employée n'avait pas été établie.
Ce qui reste en suspens
L'OMS a demandé la poursuite de l'enquête et a envoyé des questions officielles aux autorités russes. Le président américain Donald Trump a déclaré cette semaine que la Russie donnait aux Américains « un peu d'informations » mais qu'il en voulait davantage, ajoutant que les Russes lui avaient assuré que la situation était « sous contrôle ». La demande de données supplémentaires de l'agence figure dans son communiqué.
Des informations cliniques, épidémiologiques et de laboratoire supplémentaires, y compris la confirmation du diagnostic chez l'employée de laboratoire décédée, sont nécessaires pour renforcer la confiance dans l'évaluation.
Le diagnostic chez l'employée décédée n'a pas été confirmé et la cause de sa mort reste inconnue.

