
La cour d’appel d’Athènes ordonne un nouveau procès de l’ancien directeur du Théâtre national Dimitris Lignadis pour trois chefs d’accusation de viol
La cour d’assises d’appel d’Athènes a fait droit à l’unanimité à l’appel du parquet contre le verdict de première instance : l’ancien directeur artistique sera donc rejugé pour trois viols sur mineurs. La cour a également mis en délibéré la demande de la défense de nommer un expert psychologue.
La cour ouvre la voie à un nouveau procès sur trois chefs
Lors d’une audience le 17 juin 2026, la cour d’assises d’appel a intégralement accepté l’appel du parquet, malgré l’avis contraire du procureur général près la même cour. Ce dernier avait plaidé que l’appel visant à annuler un acquittement devait être déclaré irrecevable faute d’une réfutation détaillée du raisonnement des premiers juges.
En l’espèce, le procureur ne réfute pas le raisonnement ayant conduit à l’acquittement. L’appel pour ce chef d’acquittement doit donc être déclaré irrecevable.
Les trois magistrats en ont décidé autrement, ouvrant la voie à un nouveau procès de Dimitris Lignadis pour trois chefs distincts de viol. Cette décision signifie aussi que la cour d’appel réexaminera la durée de la peine de douze ans prononcée en première instance, avec la possibilité d’une sanction plus lourde.
Contexte de la condamnation initiale
En juillet 2022, un tribunal de première instance avait condamné l’acteur et metteur en scène à une majorité de quatre voix contre trois pour le viol de deux jeunes gens de dix‑sept ans à Athènes et Épidaure en 2015. Il avait écopé de douze ans de prison, peine assortie d’un sursis dans l’attente de l’appel. Lignadis avait été libéré sous conditions restrictives : une caution de 30 000 euros, une interdiction de quitter le territoire et l’obligation de se présenter au commissariat trois fois par mois.
Le même tribunal l’avait acquitté de deux autres chefs de viol – l’un concernant un mineur de seize ans (certaines sources mentionnent quinze ans) et l’autre un homme majeur qui ne s’était jamais présenté à l’audience. L’appel ayant été accepté, l’acquittement pour le viol du mineur est annulé et Lignadis sera jugé pour cette infraction en même temps que pour les deux condamnations initiales, portant le total à trois chefs de viol sur mineurs.
La défense demande une évaluation psychologique
Immédiatement après le verdict, l’équipe juridique de Lignadis a demandé à la cour de nommer un conseiller spécial – psychologue ou psychiatre – pour évaluer la capacité perceptive et l’état mental des plaignants. Les avocats ont invoqué une disposition légale relative aux « témoins vulnérables » et cité une jurisprudence de la Cour de cassation qui considère comme nulle de plein droit une procédure où un tel expert n’est pas commis.
Le procureur a soutenu la demande et réclamé un ajournement indéfini pour permettre à l’expert de préparer les témoins.
Les témoins ont été entendus en première instance en présence physique sans que leurs dépositions soient lues. Un psychologue spécialisé devrait être nommé comme expert et l’affaire ajournée afin qu’il puisse les préparer à l’audience et être présent lors de leur audition par la cour.
Le procureur a également demandé une enquête sociale sur les victimes présumées par les services sociaux. Les avocats des plaignants ne se sont pas opposés à la demande, mais ont prié la cour de n’accorder qu’un bref ajournement plutôt qu’un long renvoi. Les juges ont mis leur décision en délibéré jusqu’au lendemain matin.
La suite
La cour se réunira le 18 juin 2026 pour statuer sur la demande de la défense. Si l’expert est nommé, le procès sera renvoyé sine die pour permettre les évaluations. Si la demande est rejetée, l’audience au fond sur les trois chefs de viol se tiendra, Lignadis risquant une peine plus lourde que les douze ans avec sursis prononcés en première instance.
Chronologie de l’affaire
- Le tribunal de première instance condamne Lignadis pour deux viols, le condamne à douze ans de prison avec sursis
- Le procès en appel commence devant la cour d’assises d’appel
- La cour accepte l’appel du parquet, ordonne un nouveau procès sur trois chefs
- La cour statue sur la demande de la défense d’un expert psychologue


