
Xavier Niel rachète la participation d'Emirates pour devenir le premier actionnaire de Vodafone dans le cadre d'un accord à 4,4 milliards de livres
Le véhicule d'investissement Vega, fondé par le fondateur d'Iliad, a accepté d'acheter la totalité de la participation de 16,2 % détenue par e& à 112,5 pence par action, soit une prime de 15 % qui a fait grimper l'action Vodafone de 13,6 % vendredi.
Structure de l'accord
Xavier Niel, le milliardaire français à la tête du groupe de télécoms Iliad et de sa marque Free, devient le plus grand actionnaire de Vodafone via un véhicule d'investissement appelé Vega. L'entité, détenue à 100 % par le groupe familial Niel, a signé un accord contraignant avec Emirates Telecommunications Group (e&) pour acquérir environ 16,2 % du capital social de Vodafone Group Plc. La contrepartie totale en espèces est d'environ 4,4 milliards de livres, soit 5,2 milliards d'euros ou 5,95 milliards de dollars selon la devise de référence. Vega paiera 112,5 pence par action pour les 3 944 743 685 actions détenues par e&, représentant 17,13 % des droits de vote de Vodafone. Le prix d'achat inclut une prime de 15 % par rapport au dernier cours de Vodafone avant l'annonce. e& recevra également le dividende final de 2,3625 cents d'euro par action payable par Vodafone le 30 juillet.
Vega entend être un actionnaire engagé à long terme et un partenaire de soutien pour Vodafone.
La transaction sera exécutée par le biais de blocs d'actions en dehors du marché par des institutions financières à des fins de couverture dans le cadre d'instruments conclus par Vega, avec un règlement physique attendu avant la fin de l'année après les autorisations réglementaires. Vega a confirmé n'avoir aucune intention de lancer une offre publique d'achat totale sur Vodafone.
Réaction du marché
Les actions Vodafone ont grimpé à la Bourse de Londres vendredi, progressant jusqu'à 13,6 % à 111,05 pence, soit la meilleure performance sur une seule séance depuis début 1999. Cette hausse a ajouté près de 4,4 milliards de livres à la valeur boursière de l'entreprise. Les investisseurs ont salué l'arrivée d'un vétéran des télécoms réputé pour sa discipline en matière de coûts et ses redressements opérationnels. La volonté de Niel de payer une prime indique sa conviction qu'une valeur significative peut être extraite de l'opérateur britannique tentaculaire.
- Xavier Niel constitue une participation de 2,5 % dans Vodafone, qualifie le groupe de "trop gros, trop lent, trop complexe", puis sort.
- Margherita Della Valle nommée PDG ; vend ensuite les unités italienne et espagnole et fusionne Three UK.
- Vega de Niel accepte d'acheter la totalité de la participation de 16,2 % d'e& pour 4,4 milliards de livres, devenant le premier actionnaire de Vodafone.
- Dividende final de 2,3625 cents d'euro par action payable par Vodafone à e&.
- Règlement physique attendu des blocs d'actions après l'autorisation réglementaire britannique.
Bilan et intentions de Niel
Niel n'est pas un étranger pour Vodafone. Il a pris une participation de 2,5 % en 2022 lors d'une campagne activiste et a alors décrit l'entreprise comme "trop grosse, trop lente, trop complexe" avant de sortir. Depuis, la PDG Margherita Della Valle, qui a pris ses fonctions en avril 2023, a rationalisé l'activité en vendant les opérations en Italie et en Espagne et en consolidant la présence au Royaume-Uni via la fusion avec Three UK, créant ainsi le plus grand opérateur mobile britannique. Les actions Vodafone ont grimpé de 50 % par rapport à leur plus bas d'avril 2025.
Nous sommes convaincus que Vodafone peut générer une croissance durable et une forte génération de trésorerie à long terme et, en tant qu'investisseur de référence basé en Europe, nous sommes prêts à contribuer à son succès futur grâce à notre profonde expérience du secteur et notre savoir-faire opérationnel.
L'empire télécoms de Niel s'étend sur la France, l'Irlande, l'Italie, la Suède, la Pologne, les États baltes et l'Amérique du Sud. Chez le suédois Tele2, où il a pris une participation initiale d'un cinquième il y a un peu plus de deux ans, la marge d'ebitda s'est élargie d'environ un dixième, aidée par des réductions, notamment des suppressions d'emplois importantes. Une extension similaire de la marge chez Vodafone pourrait générer plus d'un milliard d'euros d'ebitda supplémentaire d'ici 2027.
Défis à venir
Malgré la restructuration de Della Valle, la marge d'ebitda de Vodafone reste inférieure à celle de BT Group, Orange et Deutsche Telekom. L'opération allemande, qui représente un tiers du chiffre d'affaires du groupe, s'est stabilisée après plusieurs années difficiles mais n'a pas encore renoué avec la croissance, et même l'expérience de Niel dans les télécoms ne devrait pas apporter de solution rapide. Le rythme des synergies de coûts issues de l'absorption de Three UK est un autre levier, et les chevauchements pourraient potentiellement être supprimés plus rapidement sous une pression renouvelée.
Nous nous réjouissons de travailler avec lui en tant qu'actionnaire engagé à long terme.
L'ampleur de l'investissement nécessite l'approbation du gouvernement britannique, et toute représentation au conseil d'administration n'est pas encore décidée. Vega a indiqué qu'elle entamerait prochainement des discussions avec les autorités britanniques. L'investissement est entièrement financé par Xavier Niel et des institutions financières, sans recours ni impact sur le levier d'endettement des entités contrôlées par le groupe familial Niel.
- Plus bas d'avril 2025
- 74 pence
- Clôture du 10 juillet 2026 (111,05p, +13,6 %)
- 111.05 pence


