
Le président roumain Dan nomme le diplomate Luca Niculescu au poste de Premier ministre
Le président Nicusor Dan a nommé lundi le diplomate de 55 ans, coordinateur pour l'OCDE et ancien ambassadeur, pour tenter de mettre fin à cinq mois de blocage, en lui accordant dix jours pour obtenir une majorité parlementaire.
Un choix diplomatique pour le poste de Premier ministre
Le président roumain Nicusor Dan a désigné Luca Niculescu comme Premier ministre lundi 5 octobre 2026, sa quatrième tentative en cinq mois pour former un gouvernement. M. Niculescu, 55 ans, est actuellement secrétaire d'État au ministère des Affaires étrangères et coordonne depuis 2022 le processus d'adhésion de la Roumanie à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il a auparavant été ambassadeur de Roumanie en France, en Andorre et à Monaco, après une carrière dans le journalisme entre 1992 et 2016, notamment comme rédacteur en chef de RFI Roumanie. M. Dan a annoncé la décision au palais Cotroceni, à Bucarest, après des consultations avec les partis parlementaires. Le président a souligné que l'expérience diplomatique de M. Niculescu le rend apte à rapprocher les factions politiques.
Ma proposition pour le poste de Premier ministre est Luca Niculescu, un homme qui, en tant que diplomate, sait harmoniser les positions différentes.
Blocage et calendrier parlementaire
La nomination fait suite à des mois de paralysie institutionnelle entamés en mai 2026, lorsque les parlementaires ont renversé le Premier ministre Ilie Bolojan par une motion de censure. Deux candidats présentés ensuite par M. Dan ont été rejetés par le Parlement, et un troisième n'a pas obtenu de vote, dont Siegfried Muresan, dont le gouvernement proposé a été rejeté moins d'une semaine avant la désignation de M. Niculescu. Selon les règles constitutionnelles roumaines, M. Niculescu dispose de 10 jours pour présenter un programme de gouvernement et une équipe ministérielle au Parlement afin d'obtenir un vote d'investiture nécessitant au moins 233 voix. M. Dan a relevé que l'instabilité politique prolongée a affecté les taux d'intérêt, les taux de change et les investissements nationaux.
- Le Premier ministre Ilie Bolojan est renversé par une motion de censure au Parlement
- Le Parlement rejette le gouvernement proposé par le troisième candidat, Siegfried Muresan
- Le président Nicusor Dan nomme le diplomate Luca Niculescu Premier ministre désigné
- M. Niculescu dispose de dix jours pour obtenir l'investiture du Parlement
Dilemmes de coalition et réactions politiques
M. Niculescu doit désormais négocier avec plusieurs forces politiques divisées, dont le Parti social-démocrate (PSD), le Parti national libéral (PNL), l'Union sauvez la Roumanie (USR) et l'Alliance démocratique des Hongrois de Roumanie (UDMR). Tout en acceptant la nomination, M. Niculescu s'est engagé à bâtir une majorité viable axée sur la discipline des dépenses publiques et les engagements internationaux.
Ma première tâche sera de construire une majorité parlementaire. Je ne peux pas promettre de miracles, mais je peux promettre une approche sérieuse de l'utilisation des fonds publics, la prévisibilité économique, le respect des engagements de la Roumanie, l'accélération des investissements et des réformes, et un État qui fonctionne efficacement pour ses citoyens.
L'ancien Premier ministre Victor Ponta a décrit M. Niculescu comme honnête et professionnel, tout en observant que la nomination d'un candidat sans affiliation reflétait l'incapacité des principaux partis à s'entendre sur une direction. L'analyste économique Cristian Paun a estimé sur les réseaux sociaux qu'il sera difficile de constituer une majorité stable sans concessions au PSD, avertissant que des déséquilibres budgétaires pourraient s'ensuivre. L'écrivain et journaliste Cristian Tudor Popescu a soutenu sur B1 TV que M. Niculescu manquerait d'autonomie et agirait sous l'autorité directe du président.
Pression pour des élections anticipées et politique étrangère
M. Dan continue de résister aux appels à dissoudre le Parlement pour des élections anticipées, cherchant à empêcher des gains électoraux de l'Alliance pour l'union des Roumains (AUR). Le chef de l'AUR, George Simion, qui a affronté M. Dan à l'élection présidentielle de 2025, a boycotté les consultations de lundi et exigé des élections immédiates, alors que deux sondages récents placent l'AUR en tête avec 36 % et près de 40 % des intentions de vote. M. Dan a réaffirmé que les forces politiques anti-occidentales n'auront aucun rôle dans l'exécutif, affirmant que tout gouvernement dirigé par M. Niculescu devra rester attaché à l'intégration européenne et euro-atlantique. M. Niculescu doit entamer immédiatement des discussions formelles avec les directions des partis à Bucarest.


