
Netanyahu aurait pressé Trump de relancer le conflit avec l'Iran avant les élections
La chaîne israélienne Channel 12 rapporte que Netanyahu a pressé Trump de relancer les frappes contre l'Iran avant le scrutin israélien du 27 octobre et les élections de mi-mandat américaines. Téhéran renforce ses défenses et menace les États du Golfe.
La pression de Netanyahu pour de nouvelles frappes
La chaîne israélienne Channel 12 rapporte que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a pressé le président américain Donald Trump, dans la semaine du 5 octobre, de relancer le conflit avec l'Iran avant les élections législatives israéliennes du 27 octobre et les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre. Le reportage, qui cite des responsables informés des discussions, indique que les responsables américains en ont retiré l'impression que Netanyahu voulait une attaque avant le vote israélien, et qu'il a de nouveau évoqué ce qu'il décrit comme des manœuvres iraniennes inquiétantes dans le domaine nucléaire. Le bureau de Netanyahu dément qu'il cherche à déclencher une guerre avec l'Iran avant les élections, tandis que ses détracteurs verraient dans une telle démarche un motif politique. Selon Channel 12, Netanyahu a également déclaré aux chefs des services de sécurité israéliens que c'était Trump, et non lui, qui avait le premier évoqué une reprise des hostilités avant les élections.
La position publique de Trump et l'état de préparation militaire
Trump a déclaré publiquement qu'il ne reprendrait pas les attaques contre l'Iran avant les élections de mi-mandat américaines. Des sources anonymes citées par Channel 12 affirment néanmoins que l'armée israélienne et le Commandement central américain (CENTCOM) sont en état d'alerte élevé et achèvent leurs préparatifs au cas où Trump changerait d'avis. Une source américaine citée dans le reportage indique que Netanyahu a évoqué à plusieurs reprises une reprise des frappes, et que Trump lui a dit qu'il pouvait poursuivre les préparatifs sans s'engager formellement à approuver une attaque. Cette source précise que Trump pourrait ordonner une attaque maintenant, plus tard, ou jamais. Channel 12 ajoute que la position de Trump a changé à plusieurs reprises en quelques jours. Un haut responsable israélien affirme que Trump a d'abord semblé prêt à donner son feu vert avant de reculer, et le chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir, aurait averti qu'une reprise des combats avant le scrutin israélien pourrait entraîner son report.
Trita Parsi évoque un possible troisième round
Dans un entretien à Kathimerini, Trita Parsi, cofondateur et vice-président exécutif du Quincy Institute, estime que les États-Unis et Israël pourraient lancer un troisième round d'hostilités avec l'Iran dans les dix prochains jours. Il soutient que Trump voulait le calme jusqu'aux élections de mi-mandat, mais que l'Iran pourrait tenter de frapper le premier pour nuire à ses perspectives électorales, poussant Washington à agir. Trump a déclaré dans un discours à la Convention nationale républicaine que la guerre prendrait fin juste après les élections, car l'Iran ne pourrait pas la supporter beaucoup plus longtemps. Kathimerini rapporte également des attaques houthies en Arabie saoudite le week-end des 10 et 11 octobre, qui ont fait 12 morts et 309 blessés à l'aéroport King Khalid de Riyad.
L'Iran durcit ses défenses et prépare sa population
Des images satellitaires citées par le Wall Street Journal montrent que l'Iran renforce des installations sensibles, notamment des sites nucléaires et des zones proches de ses frontières, pour les rendre plus résistantes aux frappes. Le gouvernement prépare aussi l'opinion : des forces paramilitaires se rendent dans des jardins d'enfants pour lire des récits de guerre aux enfants, des stages de formation aux missiles antiaériens portables tirés à l'épaule sont promus, et des rassemblements pro-régime sont organisés. Bloomberg rapporte que l'Iran a maintenu sa production de missiles et de drones malgré les bombardements américains et israéliens, et un responsable occidental cité dans le même reportage indique que Téhéran dispose de stocks suffisants de missiles balistiques et de certaines armes antinavires et peut en produire plus rapidement. Le WSJ indique que l'Iran a une capacité limitée à se défendre contre les chasseurs américains avancés, les bombardiers de haute altitude ou les missiles de croisière, ce qui l'incite à dissuader de telles attaques par la menace. Le journal ajoute que la rhétorique guerrière détourne aussi l'attention des difficultés économiques croissantes des Iraniens, alors que les sanctions américaines se durcissent et que les compagnies aériennes subissent des pressions pour cesser leurs vols vers l'Iran.
Menaces sur le Golfe et au-delà
Des responsables iraniens ont averti publiquement et en privé que Téhéran élargirait sa réponse à tout le Moyen-Orient si les frappes américaines reprenaient. Le WSJ indique que certains responsables ont laissé ouverte la possibilité d'incursions terrestres dans des pays voisins, citant des personnes informées de ces avertissements. L'Iran aurait également prévenu des responsables arabes qu'il pourrait frapper des cibles, notamment des installations pétrolières saoudiennes, si le conflit s'embrasait de nouveau. Dimanche 11 octobre, Mohsen Rezaei, le plus haut responsable de la sécurité nationale iranienne, a déclaré que Téhéran pourrait viser les Émirats arabes unis, ainsi que des centres de données et des câbles internet dans toute la région. Selon le WSJ, les Émirats ont largement évité les attaques depuis la fin du printemps. Sanam Vakil, directrice du programme Moyen-Orient à Chatham House, soutient que l'état de préparation militaire sert le régime pour l'instant, car il est confronté à une impasse diplomatique, économique et politique, et qu'une nouvelle guerre pourrait aider la République islamique à sortir de cette impasse.
Ce qui suit
Les élections législatives israéliennes sont prévues le 27 octobre, suivies des élections de mi-mandat américaines le 3 novembre. Trump a déclaré qu'il ne reprendrait pas les frappes avant les élections de mi-mandat, tandis que l'armée israélienne et le CENTCOM achèveraient leurs plans au cas où il changerait de cap. Le bureau de Netanyahu maintient qu'il ne cherche pas la guerre avec l'Iran avant le vote israélien. La chronologie ci-dessous situe les contacts et les menaces rapportés par rapport à ces scrutins programmés.
- Netanyahu aurait pressé Trump de relancer le conflit avant les élections, selon Channel 12
- Mohsen Rezaei déclare que Téhéran pourrait viser les Émirats arabes unis, des centres de données et des câbles internet
- Élections législatives israéliennes
- Élections de mi-mandat américaines

