Une crue soudaine dans le district népalais de Gorkha piège plus de 100 randonneurs, cinq personnes disparues
Une crue soudaine provoquée par un glissement de terrain survenu avant l'aube, qui a barré la rivière Budhi Gandaki, a frappé le district de Gorkha le dimanche 11 octobre. Aucun décès n'est signalé, mais cinq personnes restent sans contact. L'armée a secouru 321 personnes le lundi 12 octobre, tandis que plus de 100 randonneurs étrangers restaient bloqués sur le sentier du Manaslu.
Crue et opération de secours
Une crue soudaine a frappé la rivière Budhi Gandaki, dans le district de Gorkha, à environ 100 km à l'ouest de Katmandou, le dimanche 11 octobre 2026, après qu'un glissement de terrain survenu avant l'aube a barré le cours d'eau. La Budhi Gandaki est un affluent de la Trishuli, en aval d'un autre affluent où l'effondrement d'un glacier en août avait provoqué une crue catastrophique. Les autorités nationales chargées des catastrophes ont indiqué que la boue et les débris ont emporté plus de 200 habitations, cinq ponts et des sentiers de randonnée, et endommagé trois centrales hydroélectriques. Au moins 674 personnes ont été touchées et cinq villageois restaient sans contact, aucun décès n'ayant été signalé lundi 12 octobre. Selon la BBC, le niveau de l'eau est passé par endroits de 2 mètres à 8,5 mètres en quelques heures, et Reuters rapporte qu'il a depuis baissé.
Secours et randonneurs bloqués
L'armée a secouru 321 personnes, dont 12 étrangers, le lundi 12 octobre, et a indiqué que l'opération se poursuivrait le mardi 13 octobre. Des décomptes antérieurs rapportés par EL PAÍS et de Volkskrant faisaient état de 95 personnes évacuées, dont neuf étrangers. Le dernier point officiel de l'armée fait état de 308 personnes évacuées par les airs avec quatre hélicoptères et de 13 personnes secourues par voie terrestre. Bhuwan Raj Ojha, responsable du projet de conservation de l'aire du Manaslu, a déclaré à Reuters lundi 12 octobre que plus de 100 randonneurs étrangers étaient bloqués dans différentes zones du sentier du Manaslu, une partie de l'itinéraire ayant été emportée. EL PAÍS rapporte que les dégâts sur les sentiers ont bloqué environ 155 touristes sur les itinéraires du Manaslu.
Les randonneurs qui veulent rentrer en raison de la crue doivent être secourus. Ceux qui veulent poursuivre leur trek peuvent le faire depuis des endroits sûrs.
Ojha a ajouté que les restaurants et les maisons de thé le long de l'itinéraire étaient sûrs. Dans le village de Jagat, le randonneur bangladais Md Shahadat Hossain a déclaré à Anadolu que neuf Bangladais attendaient une éventuelle évacuation par hélicoptère, et il a décrit les conditions sur place.
Nous sommes en sécurité, mais il n'y a plus d'électricité depuis hier, les communications avec l'extérieur sont perturbées et les vivres s'épuisent peu à peu.
L'armée a également transporté plus de six tonnes (6 170 kilos) de nourriture et de matériel d'urgence de Katmandou à Philim. Les autorités du district de Gorkha ont demandé aux villageois vivant le long des berges en aval d'évacuer.
Alertes et cause
Les habitants se sont prévenus par téléphone et via Facebook à 04h45 heure locale, la crue ayant commencé vers 04h00 heure locale, selon des témoignages locaux. Des témoins ont déclaré à Notícias ao Minuto que la première alerte de la police est arrivée à 05h30 et que les SMS d'alerte du gouvernement n'ont été reçus qu'après 06h30, près de deux heures après que les habitants s'étaient déjà réfugiés dans les bois voisins. Un responsable gouvernemental a reconnu auprès du Kathmandu Post que les alertes sont arrivées relativement tard et que certaines régions manquent de stations hydrométriques automatiques, l'infrastructure nécessaire pour détecter les crues à temps. Le département de l'hydrologie a admis le retard et le manque d'équipements de surveillance sur le cours supérieur de la rivière, selon EL PAÍS.
- Début de la crue soudaine le long de la rivière Budhi Gandaki, vers 04h00 heure locale
- Les habitants s'alertent mutuellement par téléphone et via Facebook
- La première alerte de la police parvient aux habitants, selon des témoins
- Les SMS d'alerte du gouvernement sont reçus après cette heure, selon des témoins
Les enquêtes du Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD) pointent la rupture d'un barrage naturel formé après un glissement de terrain de terre, de glace et de roche en haute montagne. Des images satellitaires analysées par le Centre de recherche sur l'hydrologie et les ressources en eau du Népal montrent une bande sombre descendant d'un sommet jusqu'à une gorge, avec plus de 3 500 mètres de dénivelé.
Contexte de la crue d'août
La crue provoquée par l'effondrement d'un glacier en août a tué 1 457 personnes, selon Al Jazeera, et des milliers d'autres restent portées disparues. EL PAÍS chiffrait à 5 285 le nombre de disparus de cette catastrophe, dont plus de 600 étrangers, et faisait état d'au moins 43 morts du côté chinois de la frontière, au Tibet. Le gouvernement a suspendu les recherches actives de victimes début octobre pour se concentrer sur la reconstruction. Une réforme promulguée le vendredi 9 octobre permet de déclarer mortes les personnes disparues dans une catastrophe après 45 jours, au lieu du délai ordinaire de 12 ans.
Inquiétude sur le calendrier
SIC Notícias rapporte que les autorités étaient inquiètes car la crue s'est produite pendant le Dashain, une fête népalaise. L'armée a indiqué que les secours se poursuivraient tant que le niveau de la rivière baisserait, laissant des milliers de familles touchées par la catastrophe d'août sans nouvelles de leurs proches.
- Évacuations par hélicoptère
- 308 personnes
- Secours par voie terrestre
- 13 personnes


