Sécurité · Francfort-sur-le-Main, Cologne et Hambourg

Émeutes à Francfort : les manifestations de la génération Z divisent les ministres allemands sur les responsabilités

Des émeutes et des pillages ont eu lieu à Francfort dans la nuit du samedi 31 octobre, après des manifestations du collectif Gen Z regelt dans plus de 30 villes allemandes. Le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt a mis en cause des groupes violents d'extrême gauche et des fauteurs de troubles issus de l'immigration, une lecture contestée par le ministre de la Défense Boris Pistorius.

Texte IA fondé sur les articles de N-tv, DIE WELT, Der Tagesspiegel et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Francfort-sur-le-Main, Cologne, Hambourg, Berlin · Allemagne
Comment on en est arrivé là
  1. 31 oct.Les manifestations Gen Z regelt dans plus de 30 villes se terminent par des affrontements nocturnes à Francfort et à Cologne
  2. 1 nov.Roman Poseck annonce 17 commerces endommagés et 54 interpellations lors d'une conférence de presse à Francfort
  3. 20 nov.Les organisateurs prévoient de poursuivre la protestation

Manifestations et violences nocturnes

Le collectif Gen Z regelt a organisé des manifestations dans plus de 30 villes allemandes le samedi 31 octobre. Les autorités ont indiqué que des dizaines de milliers de personnes y avaient participé et que les rassemblements s'étaient déroulés largement dans le calme pendant la journée. À la nuit tombée, des affrontements ont éclaté dans plusieurs villes, en particulier à Francfort et à Cologne, la police signalant aussi des troubles à Hambourg. À Berlin, certains participants ont lancé des bouteilles et des feux d'artifice, et la police a utilisé des canons à eau à certains endroits. Le collectif dit s'opposer au service militaire obligatoire et réclamer davantage d'investissements dans l'éducation, et il proteste contre la hausse du coût de la vie.

Le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt (CSU) a condamné les violences et déclaré que les responsables seraient identifiés et traduits en justice. Il a salué l'important dispositif policier, qui selon lui a empêché la violence de s'étendre. Il a dit dimanche aux journalistes ce qu'il attendait des tribunaux.

« J'attends des peines sévères. »

Alexander Dobrindt, ministre fédéral de l'Intérieur allemand

Francfort : dégâts, blessés et interpellations

Le ministre de l'Intérieur de Hesse, Roman Poseck (CDU), a tenu une conférence de presse le dimanche 1er novembre pour présenter le bilan de Francfort. Des émeutiers encagoulés ont endommagé 17 commerces dans la capitale financière, dont cinq ont été pillés. La police a déployé 1 300 agents, et Roman Poseck a indiqué que plus de 100 personnes avaient été blessées dans les affrontements. La police a interpellé 54 personnes âgées de 13 à 29 ans, dont la plupart, selon Roman Poseck, étaient de nationalité allemande. Le président de la police de Francfort, Stefan Müller, a évoqué une nouvelle dimension de la violence et qualifié la soirée de « Zäsur » pour les forces de l'ordre. Les unités spéciales ont été appelées après le pillage d'un magasin d'armes.

Roman Poseck a indiqué que la police estimait entre 1 000 et 1 500 le nombre de fauteurs de troubles violents, majoritairement issus de l'immigration, et il a ajouté :

« Je suis choqué par ce que j'ai vu et il ne sert à rien d'enjoliver la réalité. Je le dis très clairement : les choses ne peuvent pas continuer ainsi. »

Roman Poseck, ministre de l'Intérieur de Hesse
Chiffres des émeutes de Francfort communiqués le 1er novembre 2026
Policiers déployés
1300
Personnes interpellées
54
Commerces endommagés
17
Commerces pillés
5

Données tirées du texte de l’article

Polémique sur les responsabilités

Alexander Dobrindt a attribué à des groupes violents d'extrême gauche et à ce qu'il a appelé des fauteurs de troubles issus de l'immigration la mainmise, le soir, sur des marches pacifiques. Il a affirmé que les personnes impliquées n'étaient pas des élèves et remercié les mouvements étudiants de s'être distanciés des violences. L'Irish Independent rapporte qu'il n'a fourni aucune preuve de cette affirmation et n'a pas nommé les groupes ayant rejoint les manifestations. Roman Poseck a déclaré que les violences étaient d'abord venues d'extrémistes de gauche, puis principalement de jeunes issus de l'immigration, et que les organisateurs des rassemblements avaient perdu le contrôle.

Boris Pistorius, ministre de la Défense (SPD), s'est démarqué d'Alexander Dobrindt sur ZDF dans l'émission Berlin direkt. Il a dit ne pas savoir si cette description était exacte et ne pas pouvoir vérifier les faits rapidement. Il a demandé ce que « groupes issus de l'immigration » signifiait concrètement, y compris pour des personnes vivant en Allemagne depuis la troisième génération et titulaires de la nationalité allemande, et il a déclaré :

« Où s'arrête la différenciation ? Je pense que cela mène dans la mauvaise direction. »

Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense

Boris Pistorius a aussi qualifié les personnes impliquées de criminels plutôt que d'émeutiers, et déclaré que les responsables devaient être punis.

La suite

Roman Poseck a déclaré dimanche soir sur ARD dans Tagesthemen que les autorités devraient désormais évaluer si des manifestations similaires prévues fin novembre pouvaient être autorisées, en soulignant que le caractère pacifique était indispensable. Les organisateurs ont annoncé vouloir poursuivre leur protestation le 20 novembre. Alexander Dobrindt a déclaré que les auteurs seraient identifiés et poursuivis pour le délit d'émeute. Il a aussi affirmé que des tentatives avaient été faites pour importer cette forme de protestation illégale depuis la France vers l'Allemagne, et que des contrôles aux frontières visaient à tenir à l'écart les groupes extrémistes venus de l'étranger.

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Sources et contexte

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