En bref
LFI a estimé à près de 26 000 le nombre de sympathisants présents au rassemblement place Victor-Hugo à Saint-Denis, un lieu symbolique entre la mairie dirigée par LFI et la basilique de Saint-Denis.
Mélenchon a annoncé aux autres partis de gauche que la primaire est « finie » et que LFI a gagné le droit de mener l'opposition au Rassemblement national.
Mélenchon a accusé le Rassemblement national et son président Jordan Bardella de promouvoir une hiérarchie basée sur l'ethnicité et la religion, et a critiqué la proposition d'abolir le droit du sol.
Les propositions incluent une hausse du SMIC à 1 700 euros, le rétablissement de la retraite à 60 ans et une restructuration du financement de la Sécurité sociale s'éloignant de la « TVA sociale ».
Mélenchon a promis de soutenir l'autonomie de la Corse et l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, et s'est engagé à démanteler les trusts médiatiques contrôlés par des milliardaires comme Vincent Bolloré.
Une démonstration de force à Saint-Denis
Jean-Luc Mélenchon, le fondateur de La France insoumise (LFI), a officiellement lancé sa quatrième campagne présidentielle dimanche lors d'un grand rassemblement en plein air à Saint-Denis, une banlieue parisienne. L'événement s'est déroulé place Victor-Hugo, entre l'hôtel de ville (aujourd'hui dirigé par le maire LFI Bally Bagayoko) et la basilique de Saint-Denis. LFI a estimé que près de 26 000 personnes ont assisté au rassemblement, décrit par plusieurs médias comme une foule impressionnante.
« La primaire est finie »
Mélenchon a profité du meeting pour faire pression sur le reste de la gauche française, toujours divisée sur la question d'une primaire unifiée. Il a déclaré que la primaire était « finie » et que LFI avait gagné le droit de mener le combat contre le Rassemblement national.
« C'est nous [LFI] qui avons gagné l'honneur de marcher en première ligne. »
Attaques contre le Rassemblement national
Un thème central du discours a été une attaque virulente contre le Rassemblement national (RN) et son président, Jordan Bardella. Mélenchon a accusé le RN de promouvoir le « suprémacisme », qu'il a défini comme une volonté d'établir une hiérarchie humaine en divisant les gens selon des critères ethniques et religieux. Il a particulièrement critiqué la proposition de Bardella d'abolir le droit du sol, la qualifiant de « crime antinational ».
« Dans ce chaos naissant, un nouveau projet politique s'enracine, au milieu des guerres au Moyen-Orient et du trumpisme : ce qu'il faut appeler le suprémacisme, c'est-à-dire une volonté d'établir une hiérarchie humaine pour dominer les peuples en les divisant selon des critères ethniques et religieux. En France, le suprémacisme est porté par le RN. »
Propositions politiques pour une « Nouvelle France »
Mélenchon a détaillé plusieurs priorités politiques clés dans sa vision d'une « Nouvelle France ». Il a promis l'accent sur la planification écologique, notamment un changement de modèle agricole et l'interdiction des polluants cancérigènes. Sur le plan économique, il s'est engagé à porter le SMIC à 1 700 euros et à rétablir le droit de partir à la retraite à 60 ans ou avec 40 annuités de cotisation. Il a également appelé à une restructuration du financement de la Sécurité sociale, s'éloignant de la « TVA sociale » imposée par les gouvernements d'Emmanuel Macron.
Réformes territoriales et médiatiques
Sur les questions territoriales, Mélenchon a promis d'accompagner la Corse vers une autonomie élargie et a déclaré que la Nouvelle-Calédonie « ira vers l'indépendance ». Il a également lancé une longue attaque contre la concentration des médias, jurant que son premier acte législatif serait une loi pour démanteler les trusts médiatiques et culturels. Il a spécifiquement appelé ses partisans à « zapper Bolloré », en référence à l'influence du milliardaire conservateur Vincent Bolloré dans le secteur culturel.
Le chemin vers 2027
Le meeting de Mélenchon est le premier mouvement d'une campagne où il cherche à se positionner comme le principal challenger de l'extrême droite. En déclarant la primaire de gauche terminée et en traçant une ligne de confrontation directe avec le RN, il vise à consolider tôt son soutien et à présenter l'élection comme un choix binaire entre son mouvement et celui de l'héritière politique de Marine Le Pen.