
Sergio Mattarella condamne la justification religieuse de la guerre au centenaire de saint François à Assise
Devant trois mille personnes réunies au Sacro Convento d'Assise, le président italien Sergio Mattarella a critiqué la bénédiction des armes et invoqué la mission de paix menée par saint François en Égypte en 1219.
Condamnation de la justification religieuse de la guerre
Depuis la loggia du Sacro Convento d'Assise, le président italien Sergio Mattarella a mis en garde contre la résurgence de conflits justifiés par des symboles religieux. Devant un public composé de responsables gouvernementaux, de membres du clergé et de trois mille fidèles rassemblés face à la basilique, M. Mattarella a déclaré que les guerres modernes se définissent de plus en plus par l'identité religieuse. Il a affirmé que tuer au nom de la religion constitue une faute morale absolue, opposant ces conflits à l'enseignement historique du saint patron de l'Italie. Il a averti que la société contemporaine ne doit pas réduire l'héritage de François à une figure convenue de pacifiste ou de précurseur de l'écologie, mais reconnaître ses interpellations morales fermes adressées aux dirigeants politiques.
Aujourd'hui, de terribles conflits ensanglantent de nombreuses régions du monde, et dans certaines d'entre elles on bénit de nouveau les armes et on place les armées sous des bannières religieuses : François nous enseigne qu'il n'y a pas de faute plus grande que de tuer d'autres hommes au nom de Dieu.
Le dialogue historique et la rencontre de 1219
M. Mattarella a cité des précédents historiques pour démontrer la nécessité de maintenir un engagement diplomatique et humain pendant les hostilités. Il a rappelé le voyage entrepris par François en 1219 pendant la cinquième croisade, lorsque le frère franchit les lignes de front en Égypte au péril de sa vie pour rencontrer le sultan al-Malik al-Kamil. Si la mission n'a pas abouti à une conversion religieuse, le président a souligné que la rencontre avait marqué durablement le sultan par les appels de François à la paix et à la fraternité. M. Mattarella a décrit cette initiative risquée comme l'établissement d'un standard pionnier du dialogue, en traitant d'abord l'adversaire du champ de bataille comme un semblable.
Face à un ennemi, face à un infidèle, François a reconnu dans son redoutable interlocuteur un homme. Un enfant de Dieu et, donc, un frère.
- François d'Assise franchit les lignes de front en Égypte pour rencontrer le sultan al-Malik al-Kamil pendant la cinquième croisade
- Le président Sergio Mattarella s'adresse à 3 000 personnes au Sacro Convento d'Assise pour le huitième centenaire de la mort de saint François
Le rejet de la richesse et l'héritage environnemental
Le discours a examiné la transformation du saint, fils de marchand attiré par les idéaux chevaleresques de son temps, en un guide attaché à la pauvreté évangélique. M. Mattarella a défini ce renoncement complet aux biens matériels comme une rupture décisive avec l'idolâtrie de l'argent, rappelant que François avait fondé l'ordre des Frères mineurs sur ce principe. Le président a identifié trois piliers permanents de l'enseignement de François : la dignité humaine, le respect de la Création et la paix. Il a évoqué les récits traditionnels du baiser au lépreux et du loup apprivoisé plutôt que tué, reliant ces gestes aux combats écologiques contemporains contre la déforestation, le réchauffement climatique et la pollution de l'air, et citant l'encyclique Laudato si' du pape François.
Sa pauvreté, tant recherchée et désirée, était une rupture concrète avec l'idolâtrie de l'argent ; son humilité n'avait rien de naïf, elle naissait d'une soif exigeante de vérité.
Commémoration nationale à Assise
Le rassemblement a marqué le huitième centenaire de la mort de saint François d'Assise, en ce jour de fête nationale italienne. Le cardinal Matteo Zuppi a présidé la messe solennelle, accueillant des milliers de pèlerins venus de tout le pays, au son des fanfares de trompettes et parmi les bannières de cérémonie. Parmi les personnalités politiques présentes figuraient le sous-secrétaire à la présidence du Conseil Alfredo Mantovano, la présidente de la région Ombrie Stefania Proietti et le maire d'Assise Valter Stoppini. Dans des déclarations parallèles, la présidente du Conseil Giorgia Meloni a estimé que François avait forgé l'identité du peuple italien. M. Mattarella a conclu son intervention en appelant les dirigeants actuels à laisser les principes de François guider les efforts de paix et apaiser les hostilités dans le monde.


