
Maricarmen Abascal, figure du droit au logement en Espagne, est morte à 87 ans après des élections anticipées provoquées par la crise des expulsions
La Madrilène de 87 ans est morte à l'hôpital quelques heures avant de signer un nouveau bail, après une expulsion survenue en septembre qui a déclenché des manifestations, un préavis de grève générale et des élections anticipées convoquées par le Premier ministre Pedro Sánchez.
Expulsion et mort d'une figure du logement
Maricarmen Abascal est morte à 19 h 30 le mercredi 7 octobre 2026, à l'hôpital Gregorio Marañón de Madrid. La résidente de 87 ans, qui devait fêter ses 88 ans le 2 novembre, vivait depuis 71 ans dans son appartement du quartier central de Retiro, à Madrid. Ses deux parents étaient morts dans ce logement, où elle résidait depuis l'âge de 17 ans. En 2020, une société d'investissement immobilier a racheté l'immeuble. Le 23 septembre 2026, des policiers ont enfoncé la porte de son appartement à la masse pour exécuter une ordonnance d'expulsion. Abascal, qui souffrait de problèmes de mobilité, a été évacuée sur une civière et transportée à l'hôpital tandis qu'une foule manifestait dehors. Les autorités ont ensuite annulé l'expulsion et les organisateurs lui ont obtenu mercredi un bail de huit ans, mais son état de santé s'est dégradé ce matin-là et le personnel médical l'a placée sous sédation avant son décès.
Campements et deuil public
Après la mort d'Abascal, des membres du Syndicat des locataires de Madrid se sont rassemblés à La Maliciosa, dans le quartier d'Arganzuela, où l'organisation tient ses réunions hebdomadaires. Abascal avait sollicité l'aide du syndicat quatre ans plus tôt pour résister à son expulsion. Son cousin Vicente Lozano, 78 ans, et les organisateurs du syndicat sont restés à ses côtés pendant ses dernières heures à l'hôpital. Dans le centre de Madrid, des militants du logement ont maintenu un campement de protestation d'environ 100 tentes à la Puerta del Sol pendant dix jours consécutifs. La foule a installé un mémorial temporaire sur la place, avec des bougies, des bouquets et des pancartes manuscrites, tandis que les organisateurs ont prévu une marche commémorative de la place à son ancien domicile pour 21 h jeudi. La porte-parole du syndicat, Alicia del Río, a condamné les propriétaires qui ont poursuivi l'expulsion.
Les spéculateurs immobiliers ont tué Maricarmen.
Défaite législative et élections générales anticipées
L'expulsion d'Abascal de son logement a exacerbé la colère publique face au coût du logement et créé un blocage politique au Parlement. Les décrets-lois du gouvernement destinés à renforcer la protection des locataires n'ont pas été approuvés le 2 octobre 2026, bloqués par une majorité de députés conservateurs et d'extrême droite. Le rejet parlementaire est intervenu alors que les enquêtes d'opinion indiquent que 70 % des Espagnols soutiennent les mesures de protection des locataires. Des foules ont marché jusqu'au Parlement à Madrid en scandant des slogans contre les députés qui ont rejeté les protections locatives. Après cette défaite législative, le Premier ministre Pedro Sánchez a annoncé des élections générales anticipées pour le 29 novembre 2026. Les syndicats ont par ailleurs appelé à une grève générale nationale le 11 novembre 2026 pour protester contre le coût de la vie et les politiques d'expulsion.
Réactions au-delà de l'Europe du Sud
- Une société d'investissement immobilier rachète l'immeuble du quartier de Retiro.
- La police expulse Maricarmen Abascal, 87 ans, en enfonçant la porte à la masse.
- Le Parlement espagnol rejette les décrets-lois du gouvernement destinés à protéger les locataires.
- Abascal meurt à l'hôpital Gregorio Marañón avant de signer un bail de huit ans.
- Les syndicats prévoient une grève générale nationale contre le coût du logement.
- L'Espagne tient des élections générales anticipées annoncées par le Premier ministre Pedro Sánchez.
Les retombées politiques de l'expulsion madrilène ont dépassé les frontières espagnoles, suscitant des réactions officielles en Grèce, où le coût du logement a lui aussi augmenté. La Confédération nationale des personnes handicapées de Grèce, dirigée par Ioannis Vardakastanis, a publié un communiqué réclamant des protections juridiques pour les résidences principales occupées par des personnes handicapées. La confédération affirme que les fonds d'investissement et la hausse des loyers menacent les ménages vulnérables dans toute l'Europe. Le porte-parole de l'opposition grecque Kostas Tsoukalas, du parti Pasok, a déclaré que l'accessibilité du logement, la dette privée et l'inflation seraient des thèmes centraux des prochaines élections nationales. Tsoukalas a cité les factures d'énergie, le faible pouvoir d'achat et la dette privée comme des fardeaux partagés par les locataires de la région.

