
La manifestation d’athées et de laïques à Barcelone contre la visite du pape Léon XIV n’attire qu’une centaine de personnes, bien en deçà des attentes
Un rassemblement de groupes athées, laïques et maçonniques contre la visite du pape Léon XIV à Barcelone a attiré entre 100 et 200 personnes mardi soir, une fraction des milliers de personnes venues assister aux événements du pontife.
Une manifestation modeste
Une manifestation organisée par la Fundació Ferrer i Guàrdia, Europa Laica et Ateus de Catalunya sous le slogan « Por la laicidad y contra los privilegios públicos de la visita del Papa León XIV » (en français : « Pour la laïcité et contre les privilèges publics de la visite du pape Léon XIV ») n’a attiré qu’une petite foule sur le Passeig del Born à Barcelone mardi soir. Les estimations de participation variaient selon les sources : El País et El Periódico rapportaient environ 100 personnes, RTVE décrivait « quelques dizaines », et La Razón avançait le chiffre de 200. Le rassemblement coïncidait avec l’un des principaux événements du pape à l’Estadi Olímpic de Montjuïc, où environ 40 000 personnes s’étaient réunies pour le voir, tandis que 5 000 autres l’avaient accueilli à la cathédrale de Barcelone.
Les griefs des organisateurs
Les orateurs ont dénoncé ce qu’ils ont qualifié d’implication excessive du secteur public dans une visite religieuse.
Les groupes ont critiqué le traitement institutionnel du voyage papal comme une visite d’État, la mise à disposition gratuite de lieux comme l’Estadi Olímpic, et le discours du pape devant le Congrès des députés espagnol la veille. Le coordinateur d’Europa Laica, Lluís Garcia, a qualifié l’ovation debout à la chambre basse de « honteuse » et a exhorté l’Espagne à rompre ses accords avec le Saint-Siège.Une ambiguïté persiste entre la religion et nos institutions publiques, qui ne correspond pas à la réalité sociale d’aujourd’hui.
Coût et arguments constitutionnels
Les organisateurs ont souligné le coût public de la visite, que RTVE estimait à environ 15 millions d’euros au total, le gouvernement catalan contribuant à hauteur de 1,6 million d’euros via la taxe touristique. Ils ont fait valoir que ces dépenses contredisent le caractère non confessionnel de l’État espagnol inscrit dans la constitution. Un manifeste lu lors de l’événement a également soulevé des griefs historiques et actuels contre l’Église catholique, notamment ses positions sur l’avortement et l’euthanasie, les affaires d’abus sexuels, les inscriptions de biens immobiliers et le rôle des femmes au sein de l’institution.
Contraste saisissant de participation
La faible participation contrastait nettement avec les grandes foules assistant aux fonctions papales dans toute la ville. La Razón a noté que la plupart des manifestants étaient d’âge moyen, avec peu de jeunes présents. RTVE a observé que le nombre de journalistes couvrant l’événement dépassait largement celui des manifestants, tandis qu’une poignée d’agents des Mossos d’Esquadra et de la Guàrdia Urbaine surveillaient le périmètre sans avoir besoin d’intervenir.
Difficultés techniques et ton
Le rassemblement a débuté peu après 19 heures devant Santa Maria del Mar, mais a été entravé par un système de sonorisation défectueux, obligeant les orateurs à utiliser un mégaphone portatif. Albert Riba, président d’Ateus de Catalunya, a ouvert les discours et a ensuite déclaré que la Catalogne semblait être devenue une « colonie du Vatican », qualifiant le pape de chef de l’État le moins démocratique du monde.
Les manifestants brandissaient des banderoles avec les inscriptions « Con nuestros impuestos protegen a los pederastas » (« Avec nos impôts, ils protègent les pédophiles ») et « Illa, Collboni, Franco estaría orgulloso » (« Illa, Collboni, Franco serait fier »).C’est une honte que ce pays ait accueilli une figure qui n’est ni démocrate ni référence morale, car il a caché et cache encore des pédophiles criminels, et quiconque cache un criminel est aussi un criminel.


