Gouvernement · Budapest

Le Premier ministre hongrois Magyar veut destituer le président et lancer l'opération « Purgatoire » anticorruption

Le Premier ministre Péter Magyar soumet un amendement constitutionnel pour destituer le président Tamás Sulyok et crée un office national de recouvrement d'actifs, qu'il appelle « Opération Purgatoire ».

Texte IA fondé sur les articles de RFI, N-tv, ANSA.it et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Budapest · Hongrie
Comment on en est arrivé là
  1. 12 avr.Le parti Tisza de Magyar remporte les élections législatives, mettant fin au règne du Fidesz d'Orbán.
  2. 30 maiLe délai de démission des responsables de l'ère Orbán expire ; le président Sulyok et les présidents de la Cour l'ignorent.
  3. 22 juinMagyar dévoile un amendement constitutionnel pour destituer le président et lance l'opération Purgatoire.
  4. 1 sept.Début du vaste processus constitutionnel, avec la participation du public menant à un référendum sur une nouvelle constitution.

Un nouveau gouvernement s'attaque à l'ancienne garde

Magyar, dont le parti Tisza a remporté les élections législatives du 12 avril et mis fin à 16 ans de règne de Viktor Orbán, a présenté un plan pour écarter ce qu'il a appelé les « marionnettes d'Orbán » des plus hautes fonctions. Il avait donné au président Sulyok, au président de la Cour constitutionnelle Péter Polt et au président de la Cour suprême András Varga un délai jusqu'au 30 mai pour démissionner volontairement, mais ils ont refusé. Il modifie désormais la constitution pour les forcer à partir.

« Avec l'« Opération Purgatoire », nous libérons notre pays de la captivité de la mafia politique et économique qui a régné ces 16 dernières années. »

Péter Magyar, premier ministre de Hongrie

Le président dans le viseur

L'amendement stipule que « le lendemain de l'entrée en vigueur du dernier amendement à la Constitution, le mandat du président de la République prend fin ». Sulyok, en fonction depuis mars 2024, a nié avoir un agenda politique, affirmant qu'il n'avait fait que garantir l'équilibre nécessaire des pouvoirs. S'il est destitué, le Parlement élira un nouveau chef de l'État pour un mandat allant jusqu'à cinq ans ou jusqu'à l'entrée en vigueur d'une nouvelle constitution.

« Je n'ai eu aucun agenda politique et je n'ai fait que garantir l'équilibre nécessaire des pouvoirs. »

Tamás Sulyok, président de la Hongrie

La poussée anticorruption

Au cœur des réformes de Magyar se trouve la création d'un Office national de protection et de recouvrement des actifs, chargé de retrouver et de récupérer les fonds publics détournés au cours des deux dernières décennies. Magyar a déclaré que la corruption a coûté aux Hongrois entre 8 et 10 % du PIB ces dernières années. L'UE a gelé une partie du financement de la Hongrie en raison de préoccupations liées à la corruption.

Des changements constitutionnels radicaux

Au-delà du président, l'amendement introduit une limite d'âge de 70 ans pour les juges de la Cour constitutionnelle (mettant fin au mandat de ceux de plus de 70 ans, dont Péter Polt), une limite de mandat de 12 ans pour les députés, et permet aux juges d'élire les présidents de la Cour suprême, de la Cour constitutionnelle et du Conseil de la magistrature. Magyar a également annoncé qu'un vaste processus constitutionnel débutera en septembre avec la participation du public, et qu'une nouvelle constitution sera ratifiée par référendum.

« Il a qualifié le discours de Magyar de « calomnieux et scandaleux ». »

Gergely Gulyás, député du Fidesz

Chronologie de la purge

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