
Trump signe deux décrets pour restreindre le droit du sol après le rejet de la Cour suprême
Le président Donald Trump a signé deux décrets le 6 août ciblant le droit du sol, élargissant les catégories de parents inéligibles et interdisant le tourisme de naissance, quelques semaines après que la Cour suprême a rejeté sa tentative plus large le 30 juin.
Nouveaux décrets signés
Le président Donald Trump a signé deux décrets le 6 août dans une nouvelle tentative de restreindre le droit du sol, quelques semaines après que la Cour suprême des États-Unis a rejeté son précédent effort. Le premier décret interdit le « tourisme de naissance », ciblant les ressortissantes étrangères enceintes qui se rendent aux États-Unis pour accoucher afin que leurs nouveau-nés obtiennent la citoyenneté américaine. Le second décret élargit les catégories de personnes dont les enfants n'obtiendraient pas automatiquement la citoyenneté à la naissance, notamment les enfants d'individus classés comme « ennemis étrangers », membres d'organisations terroristes étrangères, employés de gouvernements étrangers en poste aux États-Unis, et personnes ayant tenté d'obtenir la citoyenneté par fraude. Une troisième catégorie, concernant les naissances dans les territoires américains, nécessiterait d'abord une action du Congrès.
Stephen Miller, le chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, a présenté les décrets lors de la signature dans le Bureau ovale. Il a déclaré que le premier décret exclut les bébés du droit du sol lorsque leurs parents appartiennent à des catégories spécifiques, notamment les citoyens d'une « nation hostile », les membres d'organisations terroristes étrangères et les « grands groupes » de personnes agissant pour le compte de gouvernements étrangers.
La pratique du tourisme de naissance est interdite. Cela signifie que personne dans le monde ne sera désormais autorisé à obtenir un visa à cette fin frauduleuse.
Rejet de la Cour suprême
Le premier décret de Trump sur le droit du sol, signé le 20 janvier 2025, premier jour de son second mandat, visait à refuser la citoyenneté automatique aux enfants de parents sans statut légal ou avec des visas temporaires. Une vague de poursuites a suivi, aboutissant à une décision de la Cour suprême le 30 juin 2026. La Cour a rejeté le décret de Trump, avec des comptes de votes rapportés différemment selon les sources : la Neue Zürcher Zeitung a rapporté une décision 5-4, tandis que France 24 et The New York Times ont rapporté un verdict 6-3. Le juge en chef John Roberts a estimé que la promesse constitutionnelle de citoyenneté s'étend à toutes les personnes nées sur le territoire américain, avec seulement des exceptions historiquement limitées comme les enfants de diplomates étrangers ou de membres d'une force étrangère d'occupation.
Trump a déclaré aux journalistes dans le Bureau ovale que la décision de la Cour suprême était très malheureuse.
Nous avons eu une mauvaise décision, une décision très injuste. Notre pays en souffre, et nous y mettons fin [au droit du sol] d'une manière différente.
Trump a également évoqué les origines du 14e amendement, affirmant qu'il avait été adopté « juste après la guerre de Sécession » pour « les bébés des esclaves », et s'est demandé ce qui se passait maintenant, disant que les gens construisaient des entreprises autour de cela.
Analyse juridique
Jérôme Viala-Gaudefroy, maître de conférences à Sciences Po Paris, a déclaré à RFI que les deux décrets ont des perspectives juridiques différentes. Le décret sur le tourisme de naissance, qui agit en amont en refusant les visas aux femmes venant accoucher, est « plutôt solide » et s'aligne sur le droit américain existant. Le second décret, sur la citoyenneté elle-même, est « beaucoup plus fragile », puisque la Cour suprême a affirmé que tout enfant né aux États-Unis est citoyen à la naissance, même si les parents sont sans papiers ou de passage. Les seules exceptions permises par la Constitution, comme l'ont réaffirmé les juges, concernent les enfants de diplomates ou de membres d'une force d'occupation étrangère.
- Trump signe le premier décret restreignant le droit du sol le premier jour de son second mandat
- La Cour suprême rejette le décret comme inconstitutionnel (décompte des voix rapporté comme 5-4 ou 6-3 selon la source)
- Trump signe deux nouveaux décrets interdisant le tourisme de naissance et élargissant les catégories inéligibles
Échelle du tourisme de naissance
Il n'existe pas de données officielles sur le nombre de citoyens étrangers qui se rendent aux États-Unis spécifiquement pour accoucher. Un rapport de 2020 du Center for Immigration Studies, un groupe de réflexion anti-immigration basé à Washington, estimait qu'entre 20 000 et 25 000 femmes enceintes se sont rendues aux États-Unis à cette fin entre 2016 et 2017. En comparaison, environ 250 000 enfants d'immigrés légaux ou sans papiers naissent chaque année aux États-Unis, selon des données citées par RFI. Trump a désigné plusieurs cartels sud-américains comme organisations terroristes, bien que le gouvernement n'ait souvent fourni aucune preuve lors de l'arrestation de présumés membres de ces cartels, selon la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Trump a également assisté aux plaidoiries dans l'affaire du droit du sol à la Cour suprême, ce qu'aucun président en exercice n'avait fait auparavant.
Les nouveaux décrets, comme la première tentative de Trump, devraient faire face à des contestations judiciaires.


