Gouvernement · Paris et Orléans
Macron promet d'arrêter de nouvelles émeutes alors que les manifestations, la dette et les craintes budgétaires s'accumulent en France
Macron a promis d'empêcher de nouvelles émeutes et de nouveaux pillages, tandis qu'une loi « les casseurs paieront », qui rendrait les manifestants responsables de dégâts qu'ils n'ont pas causés, doit être débattue au Sénat dans la semaine du 26 octobre.
Texte IA fondé sur les articles de Bloomberg Business, The Guardian, Ziare.com et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).
En bref
Le texte rendrait les manifestants responsables de jusqu'à 10 000 € de dégâts qu'ils n'ont pas causés personnellement s'ils continuaient de manifester à proximité ou faisaient partie du même groupe. Le Sénat doit en débattre dans la semaine du 26 octobre, et le Premier ministre Sébastien Lecornu le juge « absolument indispensable ».
POLITICO rapporte que les émeutes auraient coûté plusieurs dizaines de millions d'euros, dont une large part devrait être couverte par les assurances. Les manifestations des gilets jaunes de 2018 à 2020 ont coûté 0,1 % du PIB à l'économie, les commerces faisant état de 2 milliards d'euros de pertes.
Le projet de budget 2027 comprend déjà 43 milliards d'euros d'économies, et le FMI évalue la dette publique à près de 120 % du PIB. La France n'a pas équilibré son budget depuis 1974.
Marine Le Pen a lancé sa campagne présidentielle lors d'un meeting à Orléans le dimanche 25 octobre. Elle a saisi la plus haute juridiction française pour contester sa condamnation pour détournement de fonds du Parlement européen.
- 17-18 octobre 2026Première vague de mobilisation, marquée par des émeutes et des pillages
- 24 oct.Des centaines de milliers de personnes défilent dans des villes de toute la France le samedi
- 25 oct.Marine Le Pen lance sa campagne présidentielle lors d'un meeting à Orléans
- Semaine du 26 octobre 2026Le Sénat débat de la loi « les casseurs paieront »
Une loi pour faire payer les casseurs
Emmanuel Macron s'est engagé à empêcher de nouvelles émeutes et de nouveaux pillages, en s'appuyant sur une présence policière renforcée et en demandant à son gouvernement de répondre à certaines revendications des manifestants. La mesure la plus contestée est une loi « les casseurs paieront » que le gouvernement accélère. Selon ce texte, un manifestant pourrait être tenu responsable de jusqu'à 10 000 € de dégâts et de vandalisme sans les avoir causés lui-même, s'il continuait de manifester à proximité ou appartenait au même groupe que les auteurs. Le texte autoriserait aussi un recours accru aux drones lors des manifestations. Les syndicats accusent Macron de vouloir restreindre le droit fondamental de manifester, et le Sénat doit débattre du texte dans la semaine du 26 octobre.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a qualifié le texte d'« absolument indispensable » après des pillages et des incendies lors des récentes manifestations. Il a été rédigé une première fois après les affrontements violents qui ont suivi la victoire du Paris Saint-Germain face à Arsenal en Ligue des champions en mai. Macron a décrit la crise en termes crus :
« Ce n'est pas normal que six mois avant une élection présidentielle, notre pays soit dans un tel état »
Comment les troubles se sont déroulés
Des lycéens bloquent des établissements depuis plus d'un mois, réclamant une réponse aux absences d'enseignants, des réparations dans des bâtiments délabrés et des changements sur la plateforme d'admission universitaire. Des syndicats et des militants des gilets jaunes se sont depuis joints aux manifestations de rue sur le coût de la vie et les services publics. La première vague de mobilisation, les 17 et 18 octobre, a été marquée par des émeutes et des pillages, et les autorités ont réussi à éviter une répétition le week-end des 24 et 25 octobre. Des centaines de milliers de personnes ont défilé dans des villes de toute la France le samedi 24 octobre, mêlant les critiques sur le sous-financement des écoles à la colère contre la hausse des prix. Les autorités ont depuis renforcé la sécurité et imposé des restrictions à la manifestation.
Marchés et finances publiques
Les investisseurs se débarrassaient déjà de la dette française ou exigeaient des rendements historiquement élevés avant le début des manifestations, parce que le gouvernement n'a pas réussi à réduire sensiblement un déficit budgétaire obstinément élevé ni à faire baisser 3 500 milliards d'euros de dette. L'ancien Premier ministre Michel Barnier a déclaré à POLITICO :
« La France est au bord d'une crise financière. »
Eric Lombard, qui a été ministre de l'Économie et des Finances l'an dernier, a déclaré à propos des troubles :
« Il est clair que les manifestations ont un impact sur les marchés. »
Le budget 2027 proposé par Lecornu comprend déjà 43 milliards d'euros d'économies, ce qui laisse peu de marge pour de nouvelles coupes : le gouvernement doit donc choisir entre emprunter davantage, ce qui alourdirait les charges d'intérêts pour les générations futures, et espérer que les manifestations s'éteignent d'elles-mêmes. Le FMI évalue la dette publique totale à près de 120 % du PIB, et la France n'a pas équilibré son budget depuis 1974. Luke Hartigan, maître de conférences en économie à l'université de Sydney, a qualifié la France de « signal d'alerte » pour l'Australie, dont la dette publique totale atteint 53 % du PIB, et a estimé que la stagnation de l'économie française avait aggravé ses problèmes budgétaires.
Coût des dégâts et course à 2027
POLITICO rapporte que les émeutes auraient coûté plusieurs dizaines de millions d'euros, dont une large part devrait être couverte par les assurances. Les manifestations des gilets jaunes de 2018 à 2020 ont coûté 0,1 % du PIB à l'économie française, les commerces faisant état de 2 milliards d'euros de pertes. Marine Le Pen, qui a saisi la plus haute juridiction française pour contester sa condamnation pour détournement de fonds du Parlement européen, a lancé sa campagne présidentielle lors d'un meeting à Orléans le dimanche 25 octobre, promettant de rétablir l'ordre en France. La plupart des sondages placent son rival d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon dans la course à la deuxième place, et lui comme elle veulent dépenser des milliards pour abaisser l'âge de la retraite avant un second tour présidentiel au printemps.
Poser une question sur ce texte
Sources et contexte
- Bloomberg BusinessMacron promet d'éviter une répétition des émeutes violentes en FranceMacron Vows to Avoid a Repeat of France's Violent Riots · original en anglais
- The GuardianLe chaos en France est un signal d'alarme pour les dépenses publiques et la hausse des coûts en AustralieThe chaos in France is a 'warning signal' for Australia's public spending and rising costs · original en anglais
- Ziare.comL'administration française veut arrêter les manifestations avec une loi soutenue par l'extrême droite. Des manifestants innocents pourraient payer jusqu'à 10 000 euros de dommagesAdministrația Franței vrea să oprească protestele printr-o lege susținută de extrema dreaptă. Manifestanții nevinovați ar putea plăti daune de până la 10.000 de euro · original en roumain
- POLITICOFrance : L'homme malade de l'EuropeFrance: The sickest man of Europe · original en anglais
- Emmanuel Macron
- Président de la République, qui s'est engagé à empêcher de nouvelles émeutes et de nouveaux pillages
- Sébastien Lecornu
- Premier ministre, qui soutient la loi « les casseurs paieront »
- Marine Le Pen
- Dirigeante du Rassemblement national (RN) et favorite de la course présidentielle
- Jean-Luc Mélenchon
- Rival d'extrême gauche dans la course présidentielle, placé dans la course à la deuxième place dans la plupart des sondages
- Michel Barnier
- Ancien Premier ministre, qui a averti d'une crise financière
- Eric Lombard
- Ministre de l'Économie et des Finances l'an dernier
Pollar est gratuit et sans publicité dans le texte. Ses membres le font vivre.
Soutenir Pollar