En bref
Mercredi 21 octobre, la campagne de Lula a demandé au TSE d'annuler la candidature de Flávio Bolsonaro et de le déclarer inéligible pendant huit ans après l'élection de 2026, avec Alfredo Gaspar de Mendonça.
La campagne de Bolsonaro a déposé sa propre requête demandant l'invalidation de Lula, affirmant que le gouvernement a utilisé des données officielles pour envoyer des messages WhatsApp sur les programmes sociaux.
Meta a jugé fausse toute suggestion de favoritisme envers un candidat, attribué les problèmes à une erreur algorithmique et indiqué qu'elle se conformerait à une décision de justice brésilienne sur l'égalité de traitement.
Le TSE a été saisi d'au moins 804 recours contentieux, plus du double des 325 de la même période en 2022 et des 388 de 2018.
Mercredi 21 octobre, des experts de l'ONU ont demandé à Meta des éclaircissements sur la portée des campagnes, et le rapporteur spécial sur la liberté d'expression a estimé que l'entreprise doit garantir des conditions équitables.

- 4 oct.Premier tour : Bolsonaro devance légèrement Lula mais reste sous les 50 % des suffrages valables
- 21 oct.La campagne de Lula dépose une requête pour invalider Bolsonaro ; des experts de l'ONU s'inquiètent du rôle de Meta
- 22 oct.Meta nie tout favoritisme ; les sondages donnent une égalité technique trois jours avant le vote
- 25 oct.Second tour entre Lula et Flávio Bolsonaro
Lula demande à la justice d'écarter Flávio Bolsonaro
L'équipe de campagne de Lula a demandé mercredi 21 octobre au Tribunal supérieur électoral (TSE), la plus haute juridiction électorale du Brésil, l'ouverture d'une enquête pour abus de pouvoir économique et usage détourné des réseaux sociaux. La requête vise à annuler la candidature du sénateur Flávio Bolsonaro et à le déclarer inéligible pendant huit ans après l'élection de 2026, avec son colistier Alfredo Gaspar de Mendonça. Elle accuse les plateformes de Meta et X d'avoir, par leurs systèmes de recommandation, leurs outils d'IA générative et la modération publicitaire, travaillé en faveur de la campagne de Bolsonaro. L'équipe de Lula se plaint aussi que son compte publicitaire ait été restreint à la veille du premier tour et que 255 profils automatisés, dont beaucoup auraient diffusé des contenus deepfake, n'aient pas été supprimés. La requête ajoute que le profil officiel de Flávio Bolsonaro, qui compte 17,2 % d'abonnés de moins que celui de Lula, a généré 2,96 fois plus d'interactions par publication lors de la première semaine du second tour.
La contre-requête de Bolsonaro et la réponse de Meta
La campagne de Bolsonaro a déposé sa propre requête demandant l'invalidation de Lula, affirmant que le gouvernement a utilisé des données officielles pour envoyer des messages WhatsApp sur les programmes sociaux pendant la campagne. Meta, propriétaire de WhatsApp, Facebook et Instagram, a répondu dans le délai fixé par la cour et jugé fausse toute suggestion de favoritisme envers un camp. L'entreprise attribue les problèmes de portée à une erreur algorithmique dans le choix de ce que les utilisateurs voient le plus, et affirme que les défaillances techniques ne se sont pas limitées au Brésil. Meta a également indiqué qu'elle se conformerait à une décision de justice brésilienne lui ordonnant de traiter les deux candidats à égalité. De son côté, Camilo Santana, coordinateur de la campagne de Lula, a déclaré que Lula avait accepté toutes les conditions posées par Flávio Bolsonaro pour la divulgation de relevés bancaires et fixé à ce dernier la même échéance de dépôt.
Un nombre record de recours devant le TSE
- 2026
- 804 recours contentieux
- 2022
- 325 recours contentieux
- 2018
- 388 recours contentieux
Données tirées du texte de l’article
Le TSE a été saisi d'au moins 804 recours contentieux lors de cette campagne. C'est plus du double des 325 enregistrés sur la même période en 2022 et des 388 de 2018. Les litiges portent sur les stratégies de campagne sur les réseaux sociaux et sur les contenus partagés via WhatsApp. La cour doit fixer les critères permettant de déterminer quand un canal est officiellement lié à une campagne et statuer sur les limites des deepfakes, ces contenus générés par IA très réalistes. Les deux camps ont demandé à la cour d'annuler la candidature de l'autre candidat pour usage abusif des plateformes.
Des experts de l'ONU s'interrogent sur la portée chez Meta
Des experts de l'ONU ont déclaré mercredi 21 octobre s'inquiéter des informations selon lesquelles les deux campagnes n'ont pas pu toucher les électeurs à égalité sur les plateformes de Meta. Un rapport dirigé par le rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté d'expression estime que Meta doit garantir des conditions équitables en ligne pendant l'élection. Il pointe des interruptions temporaires du compte d'une campagne, des écarts d'engagement et de portée auprès de l'audience, ainsi que des restrictions imposées aux publications Instagram de cette campagne. La conclusion centrale du rapport est la suivante :
« Des informations, y compris provenant d'employés de Meta, suggèrent que des comptes liés à un camp de la présidentielle ont été restreints de manière disproportionnée. »
Le Congrès et le second tour du 25 octobre
Le second tour est fixé au dimanche 25 octobre et, trois jours avant le vote, les sondages donnent une égalité technique. Quel que soit le résultat, l'élection a fait basculer le Congrès à droite. Le Parti libéral a gagné 23 sièges supplémentaires à la chambre basse et presque doublé son nombre de sièges au Sénat, essentiellement aux dépens des partis centristes, tandis que le Parti des travailleurs de Lula a conservé à peu près le même nombre de sièges. Les parlementaires entrent en fonction en février 2027, et des alliés de droite veulent destituer le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, qui a dirigé l'enquête ayant conduit l'ancien président Jair Bolsonaro en prison pour tentative de coup d'État. Une destitution nécessiterait 54 voix au Sénat. Certains parlementaires soutiennent aussi l'abaissement de l'âge de la responsabilité pénale de 18 à 16 ans, et ces chiffres pourraient encore évoluer au fil des changements de parti.