
L'UE propose de prolonger la protection des Ukrainiens mais d'exclure les nouveaux hommes en âge de combattre
La Commission européenne a proposé de prolonger la protection temporaire pour 4,4 millions d'Ukrainiens jusqu'en 2028, mais les nouveaux hommes âgés de 23 à 60 ans seraient exclus à la demande de Kiev.
La proposition
La Commission européenne a proposé vendredi de prolonger le statut de protection temporaire pour les Ukrainiens fuyant la guerre jusqu'au 4 mars 2028. Le dispositif actuel, qui accorde des permis de séjour, des droits au travail et l'accès aux soins de santé et à l'éducation, doit expirer en mars 2027. La prolongation maintiendrait le soutien aux 4,4 millions d'Ukrainiens déjà présents dans l'UE, dont la plupart vivent en Allemagne, en Pologne et en République tchèque.
Exclusion des hommes en âge de combattre
Dans le cadre du nouveau plan, les hommes nouvellement arrivés âgés de 23 à 60 ans qui sont soumis à des obligations militaires en vertu de la loi ukrainienne ne bénéficieraient plus automatiquement de la protection temporaire. L'Ukraine interdit aux hommes en âge de conscription (25 à 60 ans) et à ceux figurant sur la liste de réserve militaire (23 à 25 ans) de quitter le pays. La Commission a indiqué que la mesure n'affecterait pas ceux qui sont déjà sous protection. Les personnes concernées pourraient toujours demander l'asile, mais la procédure serait plus difficile et n'offre aucune garantie de résidence.
La protection temporaire ne devrait pas être accordée aux personnes nouvellement arrivées qui n'ont pas le droit de quitter l'Ukraine en raison de leurs obligations militaires en vertu de la loi ukrainienne.
La demande de Kiev
Ce changement fait suite à une demande directe du gouvernement ukrainien, qui est confronté à de graves pénuries de main-d'œuvre après plus de quatre ans de guerre à grande échelle. Les forces ukrainiennes auraient subi entre 500 000 et 600 000 pertes, dont 100 000 à 140 000 morts, selon le Centre d'études stratégiques et internationales. Les pertes russes sont estimées à près de 1,2 million. Le ministre ukrainien de la Défense, Mychajlo Fedorow, a déclaré que les autorités recherchaient plus de deux millions de conscrits.
C'est ce que les Ukrainiens nous ont demandé de faire. Nous ne devrions pas tomber dans ce piège de la propagande russe.
Réactions et inquiétudes
Le Conseil de l'Europe, l'organe de surveillance des droits de l'homme du continent, a mis en garde contre des restrictions généralisées. Le commissaire aux droits de l'homme, Michael O'Flaherty, a déclaré que les réalités en Ukraine ne permettent pas encore un retour sûr et digne, et que supprimer la protection sans un filet de sécurité solide risquait de plonger des millions de personnes dans un vide juridique et la pauvreté. Le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a soutenu l'exclusion, tandis que le Danemark a annoncé une mesure nationale similaire un jour plus tôt.
Les réalités sur le terrain en Ukraine ne répondent pas aux conditions d'un retour sûr et digne.
Prochaines étapes
La proposition nécessite l'approbation des 27 États membres de l'UE. La Commission espère que l'exclusion entrera en vigueur dans quelques semaines. Un programme pilote pour soutenir les retours volontaires est également en cours d'élaboration. Le régime de protection temporaire, activé pour la première fois en mars 2022, a été prolongé à plusieurs reprises et reste la pierre angulaire de la réponse de l'UE à la guerre.
- L'UE active la directive de protection temporaire pour la première fois
- La Commission propose une prolongation jusqu'en mars 2028 et l'exclusion des hommes en âge de combattre
- Le statut de protection actuel doit expirer
- Nouvelle date d'expiration proposée


