
Netanyahu rejette le plan de paix en 15 points de Trump pour Gaza, exigeant le désarmement complet du Hamas
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a publiquement rejeté dimanche le plan en 15 points pour Gaza soutenu par Donald Trump, exigeant que le Hamas désarme complètement avant tout retrait israélien.
Netanyahu rejette le plan en 15 points de Trump pour Gaza
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté dimanche 9 août le plan en 15 points pour Gaza soutenu par le président américain Donald Trump, déclarant lors d'une réunion du cabinet qu'« Israël rejette le document en 15 points ». Le plan, annoncé par Trump le 30 juillet (une source indique le 31 juillet), prévoit que le Hamas remette progressivement ses armes à un nouveau gouvernement palestinien à Gaza, tandis qu'Israël se retirerait progressivement de plus de la moitié du territoire qu'il contrôle depuis le cessez-le-feu d'octobre. Le bureau de Netanyahu avait initialement exprimé des réserves, estimant que le cadre « ne reflétait pas les positions d'Israël », mais ne l'avait pas complètement rejeté jusqu'à dimanche.
Netanyahu a déclaré que les forces israéliennes ne se retireraient pas tant que le Hamas ne serait pas complètement désarmé.
Les Forces de défense israéliennes ne se retireront pas tant que le Hamas ne sera pas désarmé. Et quand je dis désarmer le Hamas, je veux dire toutes ses armes : les lourdes, les moins lourdes, toutes. Nous parlons d'un désarmement réel, pas d'un désarmement fictif.
Il a qualifié Trump de son « plus grand ami à la Maison-Blanche » mais a déclaré que les États-Unis avaient des « idées inacceptables » pour Israël, ajoutant qu'il était en dialogue avec Washington. Il a également réitéré qu'aucun État palestinien ne serait créé tant qu'il serait Premier ministre, inventant les termes « Fatahistan » et « Hamasistan » pour écarter cette possibilité.
Le Hamas et les médiateurs répondent
Le Hamas a réaffirmé son « engagement ferme » envers le plan, appelant à sa mise en œuvre complète dans toutes ses phases. Basem Naim, membre du bureau politique du Hamas, a déclaré à l'AFP que les États-Unis devraient faire pression sur « Netanyahu et son gouvernement pour qu'ils adhèrent à la feuille de route et n'entravent pas le processus pour des raisons politiques et électorales internes ». Le Hamas a également exigé un calendrier concret pour le retrait israélien et un arrêt complet des opérations militaires. Les factions du Jihad islamique avaient également signé leur engagement à désarmer.
Nickolay Mladenov, le diplomate bulgare directeur général du Conseil de la paix pour Gaza, s'est exprimé sur la chaîne israélienne Channel 12 et a demandé à Netanyahu de faire confiance aux mécanismes de vérification du plan.
Personne n'est obligé de faire quoi que ce soit, et encore moins Israël, avant que nous ayons vérifié les mesures sur le terrain.
Il a ajouté que le plan demande seulement aux troupes israéliennes de ne pas dépasser la « Ligne jaune » délimitant leurs positions à Gaza, et qu'il ne lie pas les mains d'Israël si elle doit se défendre. La Turquie et l'Égypte, médiateurs clés aux côtés du Qatar et des États-Unis, ont appelé à insister sur le plan en 15 points.
Les États-Unis minimisent le rejet
Des sources anonymes du gouvernement américain ont déclaré à Channel 12 qu'elles minimisaient le rejet de Netanyahu, le comprenant comme une posture politique avant les élections d'octobre, affirmant qu'elles « comprennent ses besoins politiques » et n'ont « aucun problème avec cela, tant qu'il continue à faire ce que nous demandons ». Un responsable de la Maison-Blanche avait auparavant déclaré que Trump serait « très, très déçu » si Israël ne respectait pas sa part. Israël avait auparavant donné son feu vert à l'entrée de la Force de stabilisation internationale, une mission de paix organisée par Trump, à Gaza.
- Trump annonce le plan en 15 points pour Gaza
- Netanyahu rejette le plan lors d'une réunion du cabinet
- Le Hamas réaffirme son engagement ferme envers le plan
- Mladenov demande à Netanyahu de faire confiance aux mécanismes de vérification
- Élections législatives israéliennes prévues
Pression électorale et obstacles à la mise en œuvre
Netanyahu fait face à des élections législatives le 27 octobre, les premières depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 qui a déclenché la guerre à Gaza. Les sondages le placent à égalité ou derrière ses rivaux, et le plan pour Gaza est profondément impopulaire auprès de sa base conservatrice et de ses partenaires de coalition d'extrême droite. Netanyahu et Trump avaient ensemble lancé la guerre contre l'Iran à la fin février, mais se sont depuis affrontés sur la manière d'y mettre fin et sur les campagnes militaires israéliennes à Gaza et au Liban. Plus de 1 200 personnes sont mortes à Gaza des opérations offensives israéliennes depuis la déclaration de cessez-le-feu d'octobre 2025.
Max Rodenbeck, directeur de la zone Israël-Palestine à l'International Crisis Group, a déclaré à La Vanguardia que le plan représente la plus grande avancée dans les négociations depuis le cessez-le-feu d'octobre, mais qu'Israël doit donner son consentement. Il a noté que tout indique que ce gouvernement ne le fera pas avant les élections d'octobre. La mise en œuvre nécessiterait la création d'un organe de vérification international, le déploiement du Comité national pour l'administration de Gaza et la création d'une nouvelle force de police palestinienne, un processus qui pourrait prendre des mois.


