L'UE instaure une taxe de 3 € sur les petits colis à partir du 1er juillet, suspendant la taxe nationale française après des mois de contournement par les plateformes
Un nouveau droit de douane européen de 3 € par catégorie d'article dans les commandes en ligne de faible valeur entre en vigueur le 1er juillet, mettant fin à la taxe nationale française de courte durée. Le bloc agit pour endiguer le flot de marchandises chinoises provenant de plateformes comme Shein et Temu, qui alourdit la charge des services douaniers et pénalise les vendeurs européens.
Un nouveau droit de douane à l'échelle de l'UE
Le nouveau droit s'applique aux colis de moins de 150 €, provenant presque tous de plateformes comme Shein, Temu et AliExpress. Il est prélevé par type d'article distinct présent dans le colis, et non par article individuel : un colis contenant un T-shirt et une paire de chaussures est taxé deux fois ; un colis de quinze T-shirts identiques une seule fois. Cette taxe est temporaire, conçue pour faire la transition jusqu'à une réforme approfondie du système douanier en 2028, et sera complétée en novembre par des frais de traitement – probablement 2 € par colis – pour financer les services douaniers surchargés.
- La France instaure une taxe de 2 € par catégorie d'article sur les petits colis hors UE, ciblant les plateformes de commerce électronique asiatiques.
- Le droit de douane européen de 3 € entre en vigueur ; la France suspend sa taxe nationale pour éviter une double imposition et les contournements.
- Frais de traitement européens de 2 € par colis attendus, portant le coût total à 5 € par catégorie d'article.
- Réforme douanière approfondie de l'UE prévue ; le droit et les frais temporaires seront remplacés par un système permanent.
La taxe française suspendue et son contournement
La France a instauré sa propre taxe de 2 € par catégorie le 1er mars 2026, espérant 400 millions d'euros de recettes annuelles. Au lieu de cela, la mesure s'est rapidement révélée inefficace : les plateformes ciblées ont simplement fait entrer les marchandises par avion dans les pays voisins, comme la Belgique, avant de les acheminer par camion en France, contournant ainsi la taxe. Florian Colas, directeur général des douanes, a déclaré aux députés en mai que ce « déplacement de volume » avait réduit les recettes à seulement 2,3 millions d'euros par mois. Le 30 juin, le gouvernement français a annoncé que la taxe nationale serait suspendue à partir du 1er juillet, s'alignant ainsi sur le mécanisme européen plus large.
C'est une suspension tactique pour laisser le droit de douane s'installer. En novembre, toute l'Europe appliquera les frais de traitement de deux euros, ce qui portera le total à cinq euros.
Le gouvernement a reconnu que la France risquait d'être pénalisée si elle maintenait une taxe plus élevée que ses voisins alors que les mêmes colis continuaient d'arriver sur son territoire. L'Italie avait déjà choisi une voie similaire.
Objectifs et contexte
Les responsables de l'UE avaient initialement prévu une taxe sur les petits colis seulement à partir de 2028, dans le cadre de la réforme douanière. L'accélération du flot d'achats de faible valeur en provenance des plateformes asiatiques – 5,9 milliards en 2025, soit plus de 180 par seconde, quatre fois le chiffre de 2022 – a contraint les Vingt-Sept à agir plus vite. Environ 93 % de ces colis provenaient de Chine. Le volume considérable submerge les contrôles douaniers, laissant passer des produits dangereux et contrefaits. La taxe vise à rendre les envois individuels ultra-bon marché moins attractifs et à inciter les plateformes à opter pour des importations groupées, tout en dégageant des fonds pour les inspections portuaires et aéroportuaires.
Nous sommes dans un marché unique – il n'est plus justifié de conserver notre seule taxe sur les petits colis en plus du nouveau droit de douane européen de 3 €.
Ce que les consommateurs et les entreprises doivent savoir
Juridiquement, le droit incombe aux importateurs et aux vendeurs, et non au client final. Les vendeurs peuvent répercuter le coût sur les consommateurs, mais doivent les en informer au préalable. Un responsable de l'UE a rappelé aux journalistes que « les consommateurs en ligne ne sont pas responsables du paiement de la taxe » – il s'agit entièrement d'une décision commerciale des entreprises. Les associations de consommateurs ont déjà averti les acheteurs de se méfier des frais cachés au moment du paiement.
Prochaines étapes : novembre et au-delà
À partir de novembre, des frais de traitement uniformes de 2 € s'ajouteront à chaque colis, portant le total par catégorie d'article à 5 €. Le gouvernement français s'attend à ce que cette structure harmonisée élimine les astuces d'acheminement qui ont vidé sa taxe nationale de sa substance. Les dispositions temporaires doivent être remplacées par la réforme douanière complète de l'UE d'ici deux ans.


