
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE approuvent une mission militaire et civile de trois ans au Liban
Réunis à Luxembourg le lundi 12 octobre, les ministres des Affaires étrangères ont créé la mission de soutien de l'UE au Liban, chargée de conseiller et de former l'armée libanaise et les forces de sécurité intérieure. L'UE indique que cette mission ne remplacera pas la force de maintien de la paix de l'ONU, la FINUL, dont le mandat court jusqu'au 31 décembre 2026.
La décision
Les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'Union européenne ont approuvé la création d'une nouvelle mission pour le Liban lors de leur Conseil des affaires étrangères à Luxembourg, le lundi 12 octobre. La mission de soutien de l'UE au Liban (EUSM Liban) vise à renforcer les capacités des forces armées libanaises et des forces de sécurité intérieure, afin d'améliorer le contrôle des frontières et la stabilité du pays. Le Conseil présente cette mission comme relevant de la politique de sécurité et de défense commune et lui fixe un mandat initial de trois ans. Selon des diplomates européens, l'Allemagne entend y participer, mais l'ampleur de sa contribution n'est pas encore connue.
- Déploiement de la FINUL pour surveiller la zone frontalière entre Israël et le Liban
- La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU met fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah
- Début de l'offensive israélienne dans le sud du Liban et des bombardements sur Beyrouth
- Le Liban et Israël concluent un accord-cadre sous l'égide des États-Unis
- Les ministres des Affaires étrangères de l'UE approuvent la mission de soutien de l'UE au Liban
- Mission de l'UE attendue comme opérationnelle
- Expiration du mandat de la FINUL
- Retrait de la FINUL prévu
Mandat et structure
La composante militaire conseillera et formera l'armée libanaise sur la surveillance et le contrôle des frontières terrestres, la sécurité maritime, le renseignement, la reconnaissance, la lutte contre la contrebande et la coordination opérationnelle. La composante civile formera les forces de sécurité intérieure dans des domaines tels que la cybercriminalité et la contrebande, et contribuera à améliorer la sécurité des installations portuaires, dont le port de Beyrouth. Le Soir fait état d'un effectif cible d'environ 150 personnes. Kaja Kallas a déclaré que la mission conseillerait et assisterait les forces armées libanaises et les forces de sécurité intérieure afin de renforcer le contrôle territorial, la sécurité des frontières et la sécurité intérieure. Les sources divergent sur le calendrier : Kaja Kallas a estimé que la mission pourrait être opérationnelle dans un délai de deux mois, tandis qu'un rapport indique qu'elle doit démarrer l'année prochaine.
- Cible de la mission de l'UE (environ 150)
- 150
- FINUL (environ 7 500)
- 7500
Contexte : la FINUL et le Hezbollah
La force de l'ONU, la FINUL, est déployée depuis 1978 pour surveiller la zone frontalière entre Israël et le Liban. Le Soir rapporte qu'elle compte environ 7 500 membres issus de près de 50 pays et que son mandat expire le 31 décembre 2026, tandis qu'Europa Press évoque un retrait prévu pour 2027. L'UE soutient la prolongation du mandat de la FINUL, et la nouvelle mission n'a pas vocation à la remplacer. Le Hezbollah continue de refuser le désarmement, et la mise en œuvre de l'objectif affiché du gouvernement libanais de placer les armes sous contrôle de l'État n'avance que lentement. Israël a indiqué qu'il ne retirerait ses troupes du sud du Liban qu'une fois le désarmement réalisé. Le Liban et Israël ont conclu en juin un accord-cadre sous l'égide des États-Unis, qui prévoit un retrait israélien progressif conditionné au désarmement du Hezbollah. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, avait auparavant mis en garde contre un possible vide sécuritaire après le départ des troupes de l'ONU.
Les combats se poursuivent
Eldiario rapporte qu'Israël maintient une offensive dans le sud du Liban et des bombardements sur Beyrouth depuis le 2 mars, dans le cadre du conflit au Moyen-Orient qu'Israël a engagé avec les États-Unis par des frappes sur l'Iran. Citant l'ONU, le même rapport indique que les combats ont tué plus de 4 000 personnes et déplacé plus d'un million. Le chef d'état-major israélien, Eyal Zamir, a approuvé la poursuite des opérations de l'armée dans le sud du Liban occupé malgré l'accord-cadre, et les bombardements israéliens se sont poursuivis tout au long du mois de septembre. Fin août, l'armée israélienne a confirmé la mort d'un deuxième haut commandant du Hezbollah dans des frappes qui ont tué au moins onze personnes, dont la famille d'un commandant d'unité, parmi lesquelles trois enfants. Lors d'une visite à Beyrouth début octobre, Kaja Kallas a appelé au désarmement du Hezbollah, déclarant que le Liban devait avoir le contrôle total de son territoire.
La suite
La mission reste à mettre en place, et l'ampleur de la contribution allemande n'a pas été annoncée. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s'est félicité de l'adoption du principe d'une mission soutenant les forces de sécurité intérieure et les forces armées libanaises. La France et l'Italie avaient auparavant annoncé des projets de coalition multinationale pour prendre la suite du mandat de la force de l'ONU, afin de renforcer la souveraineté du Liban. Les dates clés à surveiller sont le début de la mission de l'UE et la fin du mandat de la FINUL à la fin de 2026.


