
L'UE émet des conclusions préliminaires selon lesquelles TikTok a enfreint les règles de sécurité des enfants, risquant une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d'affaires mondial
Bruxelles a émis des conclusions préliminaires selon lesquelles les paramètres par défaut de TikTok laissaient les profils des mineurs visibles par des inconnus, les exposant potentiellement au cyberharcèlement et à des comportements prédateurs. La plateforme pourrait encourir une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d'affaires annuel mondial.
Les conclusions
Le 24 juillet 2026, la Commission européenne a émis des conclusions préliminaires selon lesquelles TikTok a enfreint le règlement sur les services numériques (DSA) en ne protégeant pas la vie privée des enfants. L'enquête, ouverte en 2024, a conclu que les paramètres par défaut de la plateforme laissaient les comptes des mineurs visibles par des inconnus. Les utilisateurs âgés de 13 à 15 ans pouvaient passer leur profil de privé à public avec peu de friction, tandis que les comptes des 16 et 17 ans restaient ouverts à tous en ligne, y compris aux personnes ne possédant pas de compte TikTok. La Commission a déclaré que cette exposition créait des voies pour le cyberharcèlement, les contacts non désirés et les comportements prédateurs. Même les comptes privés n'étaient pas totalement sûrs, car ils pouvaient être trouvés via les listes d'abonnements et d'abonnés d'autres utilisateurs.
Ce que dit la Commission
Le porte-parole de la Commission, Thomas Regnier, a souligné que le contenu des enfants ne doit jamais être visible par des inconnus. Il a ajouté que les paramètres par défaut pour les mineurs ne sont "pas un concours de beauté au titre du DSA" et "doivent être efficaces". Le DSA juge les plateformes sur les résultats, non sur les intentions, et la Commission teste si les paramètres par défaut de TikTok répondent à cette norme. Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de l'UE chargée de la souveraineté technologique, a déclaré que la loi exige des plateformes qu'elles intègrent des garanties dans la conception de leurs services et qu'elles en répondent lorsque ces garanties échouent.
Le contenu des enfants ne doit jamais être visible par des inconnus.
Un niveau élevé de protection ne devrait pas être une option ; il devrait être la norme par défaut.
La défense de TikTok
TikTok, propriété du chinois ByteDance, a contesté les conclusions. L'entreprise a déclaré qu'elle examinerait les documents de l'UE et travaillerait de manière constructive avec le régulateur. Elle a souligné que les comptes adolescents disposent de plus de 50 fonctionnalités de confidentialité et de sécurité prédéfinies, éclairées par des experts, dès leur création. Les comptes des moins de 18 ans sont privés par défaut, et les adolescents plus jeunes ne peuvent pas utiliser la messagerie directe ni voir leur contenu apparaître dans le fil « Pour toi ». TikTok a affirmé être l'une des seules plateformes à imposer de telles restrictions.
Les comptes adolescents sur TikTok disposent de plus de 50 fonctionnalités de confidentialité et de sécurité prédéfinies, éclairées par des experts, dès la création d'un compte.
Prochaines étapes
Il s'agit de conclusions préliminaires, et non d'une décision définitive. TikTok peut désormais consulter le dossier de la Commission et répondre par écrit avant qu'une éventuelle décision de non-conformité ne soit prise, une étape procédurale qui peut durer des mois. Si la réponse ne satisfait pas les enquêteurs, la Commission peut adopter une décision formelle, ordonner des modifications et imposer des astreintes jusqu'à ce que la plateforme se conforme. Le DSA prévoit des amendes pouvant atteindre 6 % du chiffre d'affaires annuel total mondial d'une entreprise, calculé au niveau du groupe mère plutôt que de la filiale européenne. Il s'agit de la quatrième accusation visant la plateforme de médias sociaux de ByteDance en deux ans. L'entreprise a proposé des concessions pour éviter des amendes dans deux affaires précédentes, tandis qu'une troisième affaire est toujours en cours.


