
Le parquet de Naples demande une interdiction de contact pour les parents d'une adolescente de 14 ans assassinée, l'avocat affirme que l'État « la tue une deuxième fois »
Le parquet de Naples Nord a demandé une interdiction de contact contre les parents de Martina Carbonaro, 14 ans, tuée par son ex-petit ami en 2025, après qu'ils auraient menacé sa famille lors de la première audience de son procès. L'avocat de la famille, Sergio Pisani, a déclaré que l'État n'a jamais fourni de soutien psychologique et qu'il est maintenant en train de « traiter le deuil ».
Le meurtre de Martina Carbonaro
Le 25 mai 2025, Martina Carbonaro, 14 ans, a été tuée par son ex-petit ami Alessio Tucci à Afragola, près de Naples. Il l'a frappée avec une pierre et l'a laissée mourir près d'un terrain de sport. Tucci a ensuite avoué et est actuellement jugé pour meurtre devant la cour d'assises de Naples. La première audience du procès a eu lieu le 19 mai 2026.
Menaces et demande du parquet
Lors de cette audience, des tensions ont éclaté et les parents de la victime, Marcello Carbonaro et Enza Cossentino, auraient proféré des menaces envers des membres de la famille de Tucci présents dans la salle. Les proches de l'accusé ont déposé des plaintes formelles décrivant des incidents survenus pendant et après l'audience. Sur la base de ces plaintes, le parquet de Naples Nord a demandé à un juge d'émettre une mesure de prévention personnelle : une interdiction de contact qui empêcherait les parents endeuillés d'approcher tout membre de la famille de Tucci. La requête, rendue publique le 25 juillet 2026, demande une interdiction totale de contact. Les procureurs soutiennent que ce comportement a créé un risque réel justifiant cette mesure.
« L'État la tue une deuxième fois »
Sergio Pisani, l'avocat de Marcello Carbonaro et Enza Cossentino, a publié une déclaration condamnant cette décision. Il a déclaré :
Ainsi, l'État tue Martina une deuxième fois : la douleur de deux parents ne peut être transformée en crime.
Pisani a reconnu que les paroles prononcées avaient pu être dures, mais a insisté sur le fait que le droit pénal exige une évaluation du contexte avant de juger les mots. Il a cité des arrêts de la Cour de cassation selon lesquels une menace doit être examinée à la lumière des circonstances concrètes, et le juge doit vérifier si les expressions étaient réellement de nature à susciter la peur. Il a noté que la même jurisprudence a systématiquement exclu la responsabilité lorsque les phrases sont une explosion émotionnelle ou sont prononcées dans un contexte qui exclut une intention intimidante réelle. Pisani a souligné que les parents ne sont pas des criminels avec un plan de persécution ; ce sont deux personnes dont la fille a été « sauvagement tuée » et qui vivent avec une douleur dévastatrice depuis plus d'un an.
Une famille laissée seule par les institutions
Pisani a soutenu que l'État n'avait pas rempli ses obligations au titre de la législation européenne sur la protection des victimes, qui impose une assistance psychologique et humaine aux victimes indirectes de crimes. Il s'est exprimé à plusieurs reprises à la télévision sur l'isolement total des parents. Le 25 juillet, il a renouvelé son appel au ministre de la Justice pour qu'il « intervienne immédiatement en soutien à ces parents » et enquête sur les raisons pour lesquelles deux victimes indirectes d'un homicide ont été laissées sans aucun soutien. Au lieu d'un accompagnement, ils sont aujourd'hui confrontés à une mesure de précaution fondée sur un comportement qui, selon lui, « mérite d'être lu dans son contexte humain et psychologique réel ».
La suite
Une audience sur la demande d'interdiction de contact a été fixée au 3 août 2026. Le juge interrogera les parents puis décidera d'accorder ou non l'interdiction. Le procès pour meurtre d'Alessio Tucci se poursuit en parallèle.
- Martina Carbonaro, 14 ans, tuée par son ex-petit ami Alessio Tucci à Afragola, Naples.
- Première audience du procès pour meurtre de Tucci ; des tensions provoquent des menaces des parents de la victime envers la famille de Tucci.
- Le parquet de Naples Nord demande une interdiction de contact contre les parents de la victime.
- Audience sur la demande d'interdiction de contact prévue ; le juge statuera ensuite.


