L'inspection générale de la Fed écarte toute faute pénale dans la rénovation à 2,38 milliards de dollars
Une enquête de l'inspection générale interne n'a relevé aucune faute pénale de la part du conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale concernant la rénovation de son siège de Washington, chiffrée à 2,38 milliards de dollars, ce qui supprime une voie juridique pour le président Donald Trump afin d'écarter le gouverneur Jerome Powell, alors que la General Services Administration reprend la gestion du projet.
L'organe de contrôle écarte toute faute pénale pour le conseil de la Fed
Le Bureau de l'inspecteur général de la Réserve fédérale a conclu mercredi que la banque centrale n'avait commis aucune faute administrative ni infraction juridique lors de la rénovation de son siège de Washington. Dans ses conclusions publiées le 30 septembre 2026, l'organe de contrôle indépendant a indiqué qu'il n'existait aucun motif raisonnable de croire qu'une violation de la loi pénale avait eu lieu dans la planification ou l'exécution du chantier. L'examen a explicitement mis hors de cause le conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale pour faute institutionnelle ou comportement administratif inapproprié. En écartant les allégations d'activité illicite, l'organe de contrôle interne a établi qu'aucun fondement ne justifie que le ministère de la Justice rouvre son enquête pénale sur le dossier. Cette décision met fin à des mois de spéculation sur l'exposition juridique potentielle des responsables de la banque centrale qui ont supervisé cette rénovation étalée sur plusieurs années.
Dépassement budgétaire et transfert à la GSA
Bien que l'inspecteur général ait exonéré les responsables de la banque centrale de toute intention criminelle, le rapport critique la Réserve fédérale pour le contrôle administratif insuffisant des dépenses de construction. Le coût total de la refonte du siège atteint environ 2,38 milliards de dollars (arrondi à 2,4 milliards dans les premiers résumés), soit une augmentation de plus de 1 milliard de dollars par rapport aux chiffres de référence établis dans une projection de 2020. L'organe de contrôle a constaté que la direction de la banque centrale n'avait pas mis en place de garde-fous suffisants pour contenir l'envolée des dépenses contractuelles et maintenir le projet dans ses objectifs budgétaires initiaux. Pour remédier à ces lacunes opérationnelles, l'actuel président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, a confirmé dans une lettre d'accompagnement que la supervision du projet ferait l'objet d'une réorganisation complète. La gestion de la rénovation en cours du siège de Washington sera entièrement transférée à la General Services Administration.
- La Réserve fédérale établit une projection de coût de référence pour la rénovation de son siège
- L'inspection générale écarte toute faute pénale du conseil de la Fed tandis que la gestion du projet passe à la GSA
Tensions monétaires avec la Maison-Blanche
La rénovation du siège est devenue un différend marqué entre la Réserve fédérale et l'exécutif, sur fond d'affrontements plus larges autour de la politique monétaire nationale. Le président Donald Trump avait critiqué régulièrement la banque centrale, soutenant que les responsables n'abaissaient pas les taux directeurs assez rapidement. Dans ce contexte, l'administration a lancé un examen fédéral et ouvert une enquête pénale sur le financement et l'exécution de la refonte du bâtiment de Washington. Les soutiens de la banque centrale ont vu dans cette enquête une tentative de pression politique sur l'institution monétaire indépendante. Les conclusions formelles de l'inspecteur général privent l'enquête pénale de l'administration de sa prémisse factuelle, faute de preuves étayant les allégations d'infraction.
Conséquences pour la direction et Jerome Powell
La publication du rapport de l'organe de contrôle a des conséquences immédiates pour la stabilité interne et la structure de direction de la Réserve fédérale. L'enquête était largement considérée comme une voie juridique possible pour le président Trump afin d'écarter l'ancien président de la Fed, Jerome Powell, de son siège au conseil des gouverneurs. Powell a choisi de rester à la banque centrale comme gouverneur en exercice après la fin de son mandat de président, une décision qui a suivi une longue période de confrontation juridique et politique sur l'indépendance de l'institution. Parce que l'inspecteur général n'a relevé aucune faute administrative ni manquement au niveau du conseil, les conclusions suppriment le principal mécanisme par lequel l'administration cherchait à justifier le départ de Powell. Powell est en position de conserver son siège au conseil tandis que la Réserve fédérale transfère la gestion de son projet immobilier aux administrateurs des biens fédéraux.
