
L'ONU élargit sa base de données sur les colonies israéliennes à 214 entreprises dans 11 pays, ajoutant 61 nouvelles sociétés
Le bureau des droits de l'homme des Nations unies a ajouté 61 entreprises à son registre des sociétés liées aux colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, portant le total à 214 sociétés dans 11 pays.
Élargissement de la base de données et répartition par pays
Le bureau des droits de l'homme des Nations unies a publié vendredi un rapport actualisé de 18 pages listant 214 entreprises commerciales opérant dans les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupées. La publication a ajouté 61 nouvelles sociétés au registre après une évaluation de 126 entreprises. Sur les 214 sociétés listées, 192 ont leur siège en Israël et huit sont basées aux États-Unis, dont Airbnb, Expedia, Booking et Motorola Solutions. Les autres entreprises proviennent de neuf autres pays : trois d'Espagne, deux de Chine, de France et du Royaume-Uni, et une d'Allemagne, du Luxembourg, du Mexique, des Pays-Bas et d'Afrique du Sud. Cinq entreprises listées en 2025 ont été retirées après avoir démontré qu'elles avaient cessé les activités couvertes, notamment l'entreprise ferroviaire portugaise Steconfer et les sociétés espagnoles ACS et SEMI.
- Israël
- 192 entreprises
- États-Unis
- 8 entreprises
- Espagne
- 3 entreprises
- Chine
- 2 entreprises
- France
- 2 entreprises
- Royaume-Uni
- 2 entreprises
- Mexique
- 1 entreprises
- Allemagne
- 1 entreprises
- Pays-Bas
- 1 entreprises
- Afrique du Sud
- 1 entreprises
- Luxembourg
- 1 entreprises
Critères d'évaluation et niveau de preuve
Le registre couvre les activités commerciales entre le 2 août 2019 et le 15 avril 2026 dans dix catégories spécifiques définies par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies. Ces activités incluent la fourniture d'équipements de démolition pour les biens palestiniens, la mise à disposition de systèmes de surveillance des colonies, l'exploitation de réseaux de transport et la prestation de services bancaires et hypothécaires. Le bureau des droits de l'homme a indiqué que 200 des 214 entités listées contribuent à des impacts négatifs sur l'autodétermination palestinienne, tandis que 14 ont des liens directs. Le niveau de preuve exige des motifs raisonnables de croire qu'une entreprise est engagée dans au moins une catégorie interdite, un seuil inférieur aux exigences des tribunaux pénaux. Les entreprises concernées disposent de 60 jours pour répondre aux notifications officielles ; 14 sociétés ont soumis des réponses lors du dernier cycle d'examen, tandis que 255 entités candidates restent en attente d'évaluation.
Ce rapport est un autre rappel aux entreprises qu'elles ont des responsabilités en matière de droits de l'homme et qu'elles sont censées faire preuve de diligence raisonnable pour éviter de se rendre complices de violations ou d'abus des droits de l'homme.
Historique de la base de données et contexte diplomatique
Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a établi le mandat de la base de données par un vote en 2016, conduisant à la publication initiale de la liste en 2020. Des mises à jour ultérieures ont suivi en 2023 et 2025 avant que la dernière expansion ne porte le total de 158 à 214 entités. Bien que l'inscription n'entraîne pas de sanctions juridiques internationales directes ni de sanctions économiques, les entreprises listées sont régulièrement confrontées à des campagnes publiques de désinvestissement et à des boycotts commerciaux. La mise à jour coïncide avec des mesures commerciales récentes de gouvernements occidentaux, notamment la Grande-Bretagne, la France et le Canada, qui ont annoncé des interdictions d'importation en provenance des colonies de Cisjordanie en septembre 2026. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, a déclaré que la croissance des colonies compromettait les perspectives d'une solution à deux États, après l'ensemble de mesures commerciales.
- Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU vote la création d'une base de données des entreprises liées aux colonies
- Le bureau des droits de l'homme de l'ONU publie la base de données initiale des entreprises
- Première mise à jour officielle de la base de données sur les colonies
- La base de données est mise à jour pour inclure 158 entreprises commerciales
- L'ONU publie une mise à jour ajoutant 61 entreprises et en retirant cinq, portant le total à 214
Réaction israélienne et réactions des entreprises
La mission diplomatique d'Israël à Genève a rejeté le rapport, qualifiant la base de données d'instrument politique destiné à cibler le pays. Les responsables israéliens ont maintenu que les colonies, qui abritent des résidents juifs dans des territoires également habités par plus de 3 millions de Palestiniens, sont contestées plutôt qu'occupées selon les définitions internationales. L'entreprise d'ingénierie espagnole Ineco, qui figure aux côtés de CAF et Salvat Logistica sur la liste, a déclaré qu'elle ne mène pas d'opérations dans les territoires occupés. Parmi les autres multinationales restant sur la liste figurent le conglomérat mexicain Orbia Advance, le groupe d'ingénierie français Egis et les fournisseurs britanniques de construction JCB et Greenkote. Par ailleurs, le nouveau fabricant israélien de pesticides ADAMA, une filiale du groupe Syngenta détenu par la Chine, et la société holding d'investissement immobilier Alony Hetz n'ont pas immédiatement publié de commentaires publics concernant leur inscription.


