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Diplomatie·-2 h

L'ONU exhorte les États-Unis à revoir leur politique migratoire avant la Coupe du monde

À l'aube de la Coupe du monde 2026, la cheffe des droits de l'homme de l'ONU a demandé à Washington de repenser fondamentalement l'application de sa politique migratoire, après qu'un arbitre somalien a été refoulé et que des joueurs et membres du personnel de plusieurs équipes ont subi des heures de détention ou un refus de visa.

Une cascade de problèmes à l'entrée

Une série d'incidents administratifs et sécuritaires a entaché l'arrivée des équipes et des officiels pour la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Le cas le plus médiatisé est celui de l'arbitre somalien Omar Artan, qui s'est vu refuser l'entrée par la police des frontières américaine samedi 7 juin à son atterrissage à l'aéroport international de Miami. La FIFA l'a par la suite retiré du tournoi. Artan a déclaré au New York Times que le plus grand rêve de sa vie avait été brisé.

Le gouvernement somalien a défendu l'intégrité de l'arbitre, affirmant qu'il détenait un visa en règle. Le département d'État américain, interrogé par l'AFP, a répondu qu'Artan était lié à des personnes soupçonnées d'appartenir à des organisations terroristes. La Somalie fait partie des pays dont les citoyens sont soumis à une interdiction de voyage imposée par l'administration Trump.

D'autres équipes prises dans les filets

La délégation irakienne a rencontré ses propres difficultés à l'aéroport de Chicago. L'attaquant vedette Aymen Hussein a été retenu pendant près de sept heures samedi, tandis que le photographe officiel de l'équipe, Talal Salah, s'est vu refuser l'entrée malgré un visa valide. Le vice-capitaine suisse Breel Embolo, né au Cameroun, n'a initialement pas pu embarquer avec son équipe en raison d'un problème avec sa demande d'ESTA, lié à une condamnation pénale antérieure. Il a depuis obtenu un visa et devrait rejoindre ses coéquipiers vendredi.

Le défenseur marocain Zakaria El-Ouahdi a rencontré un problème similaire avec l'ESTA. Les joueurs et l'encadrement iraniens ont finalement reçu leurs visas et voyageront par vol charter vers Los Angeles le 14 juin, veille de leur match d'ouverture contre la Nouvelle-Zélande. Cependant, plusieurs membres du personnel d'accompagnement, dont le président de la fédération Mehdi Taj, ont vu leurs demandes refusées. La fédération iranienne a également accusé les États-Unis d'avoir retiré le quota de billets réservé à ses supporters.

L'ONU demande une révision

Mercredi 10 juin, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a tenu une conférence de presse à Genève et a demandé à Washington de procéder à un examen approfondi de la manière dont sa politique migratoire affecte les droits de l'homme et la dignité humaine, en particulier dans le contexte de la Coupe du monde.

J'espère sincèrement qu'il y aura une réévaluation complète de la manière dont la mise en œuvre des politiques migratoires affecte les droits de l'homme et la dignité humaine, et que, particulièrement dans le contexte de la Coupe du monde, nous repensions les politiques qui semblent malheureusement prévaloir actuellement, en particulier aux États-Unis.

La position de retrait de la FIFA

La FIFA, embarrassée par les tensions croissantes, a publié une déclaration à l'AFP précisant qu'elle n'intervient pas dans les procédures d'immigration du pays hôte, y compris l'octroi de visas. L'instance dirigeante a été laissée à observer les retombées à l'approche du jour d'ouverture du tournoi.

Un tournoi marqué par l'exclusion

Les commentateurs ont commencé à décrire la Coupe du monde comme un événement de plus en plus façonné par une politique d'exclusion. Le site d'information panafricain Africa Is a Country s'est demandé s'il s'agirait d'une Coupe du monde en l'absence du monde, notant que pour des nations comme la Somalie, envoyer un arbitre à une compétition aussi majeure est l'un des rares moyens de se sentir véritablement partie prenante de l'événement.

Principaux incidents à l'entrée avant la Coupe du monde 2026
  1. L'attaquant suisse Breel Embolo empêché d'embarquer en raison d'un problème d'ESTA lié à une condamnation antérieure.
  2. L'arbitre somalien Omar Artan refoulé à l'aéroport de Miami et retiré par la FIFA.
  3. L'attaquant irakien Aymen Hussein retenu près de sept heures à l'aéroport de Chicago ; le photographe Talal Salah refusé à l'entrée.
  4. La fédération iranienne annonce que les joueurs ont reçu des visas ; plusieurs membres du personnel refusés et quota de billets pour les supporters retiré.
  5. Le Haut-Commissaire de l'ONU Volker Türk demande aux États-Unis de revoir l'application de leur politique migratoire.

Les incidents couvrent plusieurs confédérations et touchent joueurs, officiels et personnel de soutien, soulevant des questions sur la manière dont les prochaines semaines du tournoi seront gérées pour les délégations des pays ciblés par les restrictions de voyage américaines.

Miami · Chicago · Genève · Los Angeles

7 sources

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