Llorca rejette le dossier du PSPV et met les socialistes au défi de saisir la justice
Le président de la Generalitat valencienne, Juanfran Pérez Llorca, a déclaré mercredi 14 octobre devant les Corts qu'il était « parfaitement serein » au sujet d'un dossier anonyme alléguant des plus-values urbanistiques pour sa famille lorsqu'il était maire de Finestrat. Le PSPV affirme que ces accusations s'appuient sur des documents municipaux et des registres.
Accusations aux Corts
Mercredi 14 octobre, lors de la séance de contrôle aux Corts Valencianes, le porte-parole parlementaire du PSPV, José Muñoz, a accusé le président de la Generalitat valencienne, Juanfran Pérez Llorca, de s'être enrichi, lui et sa famille, par des opérations d'urbanisme à Finestrat, la commune d'Alicante qu'il a dirigée comme maire entre 2015 et 2025. Muñoz lui a demandé de dire s'il pouvait nier que le contenu du dossier était faux. Les accusations reposent sur un dossier anonyme, que Muñoz dit étayé par des documents de la mairie de Finestrat et des registres du commerce et de la propriété.
Muñoz a pointé une attribution de travaux que Llorca aurait signée comme maire le 17 mai 2021, qui selon lui a produit une plus-value de 620 000 euros sur un terrain lié à la famille. La parcelle de l'avenue de Benidorm a été achetée par une société dans laquelle Llorca apparaît comme co-mandataire. Un second volet concerne dix parcelles cadastrales, six détenues par sa société ou des entreprises familiales et quatre en nom personnel, liées à un plan général structurel de Finestrat qui n'a pas encore été approuvé. Muñoz a affirmé que ce plan reclasserait 80 000 mètres carrés et pourrait augmenter la valeur des terrains familiaux de 4,1 millions d'euros. Il a ajouté que Llorca avait signé un document consultatif sur ce plan le 5 novembre 2025, 22 jours avant d'être investi président de la Generalitat.
- Llorca signe un arrêté d'attribution de travaux comme maire de Finestrat, qui selon Muñoz a augmenté la valeur d'un terrain de 620 000 euros
- Llorca signe, comme maire de Finestrat, le contrat de conseil juridique attribué à Estudi General Advocats (232 000 euros)
- Llorca signe un document consultatif sur le plan structurel de Finestrat, 22 jours avant son investiture, selon Muñoz
- Muñoz interpelle Llorca aux Corts au sujet du dossier
- Élections générales prévues
La réponse de Llorca
Llorca a déclaré rester « parfaitement serein » et a écarté les accusations sans fournir d'explications. Il n'a pas dit que les faits rapportés dans le dossier étaient faux. Il a plutôt renvoyé le défi aux socialistes, leur demandant d'agir s'ils estiment qu'une infraction a été commise.
Si vous estimez qu'il y a eu une quelconque infraction, portez-la devant les tribunaux.
Llorca a déclaré que trois semaines s'étaient écoulées sans que le PSPV n'entreprenne la moindre démarche. Il a également félicité Muñoz pour sa place sur la liste du PSOE aux élections générales du 29 novembre, avec une pique sur le cumul des fonctions, et a émis des doutes quant à la capacité du porte-parole actuel à éviter les tentations qu'il attribuait à l'ancien ministre José Luis Ábalos. Muñoz, de son côté, a déclaré qu'il ne pouvait pas féliciter Llorca pour sa reconduction à son poste.
Le contrat de Finestrat et David Serra
Des documents publics examinés par elDiario.es montrent que Llorca a signé en octobre 2023, comme maire de Finestrat, l'attribution du contrat de conseil juridique de la commune à Estudi General Advocats i Assesor SLP, un cabinet avec des bureaux à Valence et Alicante. Le contrat s'élève à 232 000 euros TVA comprise et court sur quatre ans. L'un des associés et avocats du cabinet, David Serra, ancien député régional du PP, a été condamné dans l'affaire Gürtel pour délit électoral et falsification d'un document public, avec une peine de trois ans et huit mois de prison qu'il n'a pas purgée. Serra est également l'avocat des sociétés détenues par la famille de Llorca.
Sur les critères objectifs, qui comptaient pour 50 des 100 points, le cabinet s'est classé quatrième avec 48,45 points, derrière Decisio Consulting, Noguera Abogados y Asesores et le premier, Grupo Unive Servicios Jurídicos, qui avait les 50 points pleins. Muñoz a déclaré que le cabinet était passé en première position après l'évaluation subjective et qu'il avait traité les procédures de la famille. Muñoz a insisté sur le fait que les documents sont des documents publics.
Ce ne sont pas des papiers anonymes : des documents officiels de la mairie de Finestrat, du registre du commerce et du registre de la propriété le disent.
Statut du dossier et suites
La dirigeante du PSPV, Diana Morant, également ministre, a annoncé sur les réseaux sociaux que le dossier serait transmis au parquet anticorruption. ABC rapporte que l'annonce est intervenue environ deux semaines avant le 14 octobre, et qu'à cette date rien n'avait été déposé. Des sources du PSPV ont déclaré à ABC qu'elles compilaient encore les informations du dossier. La Razón rapporte que le dossier aurait été remis à la direction nationale du PP, et indique par ailleurs que le parquet anticorruption a classé des documents relatifs aux entrées pour la finale de la Coupe du monde.
La prochaine échéance clé est l'élection générale du 29 novembre. Le porte-parole de Compromís, Joan Baldoví, a critiqué le fait que la prochaine séance plénière n'aura lieu que le 11 novembre, près du deuxième anniversaire de la catastrophe des inondations de la dana, ce qui selon lui pourrait permettre au Consell d'éviter les questions sur la gestion de la catastrophe.