
L'Italie approuve la suppression de la taxe automobile pour les petits véhicules et réduit progressivement les remises sur le gazole
Le conseil des ministres italien a approuvé la suppression structurelle de la taxe automobile annuelle pour les véhicules jusqu'à 80 kilowatts à partir de 2027, ainsi qu'une réduction progressive des remises nationales sur l'accise du gazole jusqu'en octobre 2026.
Périmètre de la suppression de la taxe automobile
Le gouvernement italien a approuvé le 16 septembre 2026 une mesure structurelle visant à supprimer la taxe automobile annuelle (bollo auto) à partir de 2027 pour les voitures d'une puissance moteur allant jusqu'à 80 kilowatts et pour toutes les motos. Annonçant la décision à l'issue d'un conseil des ministres, la Première ministre Giorgia Meloni a décrit la mesure comme la suppression permanente d'une taxe sur la propriété des véhicules de petite et moyenne puissance, limitée à un véhicule par citoyen. Selon les estimations du gouvernement, l'exemption couvrira environ 70 % du parc automobile italien, soit environ 30 millions de voitures, incluant les citadines du segment A, les compactes du segment B et les petits crossovers. Les véhicules du segment D à haute puissance, les berlines de direction, les SUV du segment C et les voitures de sport restent exclus de la mesure. Pour les propriétaires de plusieurs véhicules, l'exemption fiscale s'applique uniquement à la voiture ou à la moto ayant la puissance la plus faible ou la tranche d'imposition la plus basse, calculée à partir de la puissance moteur figurant dans le champ P.2 du certificat d'immatriculation.
À partir de 2027, l'une des taxes les plus détestées par les Italiens, celle sur la propriété, sera structurellement supprimée.
- Le conseil des ministres approuve l'exonération de la taxe automobile pour les véhicules jusqu'à 80 kW et les ajustements de la subvention au carburant.
- La remise existante de 17 cents sur le gazole expire à minuit.
- La réduction de l'accise sur le gazole passe à 12,2 cents par litre.
- La réduction de l'accise sur le gazole est réduite de moitié à 6,1 cents par litre.
- Le programme temporaire de remise sur l'accise du gazole prend fin.
- La suppression structurelle de la taxe automobile entre en vigueur pour les véhicules éligibles jusqu'à 80 kW.
Mécanisme de financement et ajustements des accises sur les carburants
Le manque à gagner total pour les gouvernements régionaux résultant de la suppression de la taxe automobile est estimé à 2,3 milliards d'euros. L'exécutif national prévoit de compenser les autorités régionales et provinciales en réaffectant les fonds non dépensés du Plan national de relance et de résilience (PNRR) enregistrés au 30 juin 2026 et sans engagements de reporting juridiquement contraignants vis-à-vis de l'UE, les allocations régionales définitives étant fixées au 31 mars. Parallèlement à la réforme de la taxe automobile, le conseil des ministres a modifié sa réduction existante de l'accise sur le gazole. La réduction actuelle de 17 cents, en vigueur jusqu'à minuit le 17 septembre 2026, passera à 12,2 cents le 18 septembre. Cette remise sera ensuite réduite de moitié à 6,1 cents le 26 septembre avant de prendre fin après le 5 octobre 2026.
- Jusqu'au 17 septembre 2026
- 17 centimes/litre
- 18–25 septembre 2026
- 12.2 centimes/litre
- 26 septembre–5 octobre 2026
- 6.1 centimes/litre
Positions des coalitions et réactions régionales
Les dirigeants du conseil des ministres ont présenté des perspectives variées sur le paquet d'allègements fiscaux, le ministre des Infrastructures et des Transports Matteo Salvini observant que des conditions économiques stables pourraient permettre d'étendre l'exemption au-delà de 80 kilowatts et de réduire la superbollo (surtaxe sur les véhicules de luxe) dans les futures lois de finances. Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a attribué l'initiative à Forza Italia, reliant le décret à des propositions fiscales de longue date initialement esquissées par le fondateur du parti Silvio Berlusconi en 2008. Le président de la Conférence des régions et des provinces autonomes, Massimiliano Fedriga, a émis une approbation formelle de la mesure, félicitant le gouvernement national d'avoir assuré une couverture fiscale sans alourdir les budgets régionaux. Cependant, le gouverneur de la Toscane Eugenio Giani s'est opposé à la décision, arguant que le paquet de compensation régional était loin d'atteindre le montant réel des recettes fiscales.
Il suffit de lire le décret pour se rendre compte que, pour prendre l'exemple de la Toscane, le plan prévoit un remboursement d'un peu plus de 100 millions d'euros, alors qu'il nous prive d'environ 350 millions de recettes.
Critiques de l'opposition et réactions parlementaires
Les dirigeants des partis d'opposition ont critiqué le calendrier de la suppression fiscale avant les prochaines élections législatives prévues pour septembre 2027. L'eurodéputé du Mouvement 5 étoiles Pasquale Tridico a fait valoir que Meloni avait précédemment rejeté sa proposition régionale similaire en Calabre, contrastant son précédent accent sur le soutien à la classe moyenne avec ce qu'il a qualifié de campagne de fin de législature. Le secrétaire de Più Europa, Riccardo Magi, a critiqué la mesure comme une concession de diversion qui n'apporte qu'un soulagement minime face aux coûts énergétiques persistants et à l'inflation générale. Le sénateur d'Azione Marco Lombardo a soutenu que la mise en œuvre de la réduction d'impôt pour une année électorale risquait de transférer une responsabilité financière de 2,3 milliards d'euros à l'administration gouvernementale suivante. Les membres du Parti démocrate et de la coalition Verts et Gauche ont également qualifié l'annonce de tactique électorale plutôt que de réforme fiscale globale.

