
L'Iran menace de quitter le terrain lors de la Coupe du monde si la diaspora manifeste ou agite l'ancien drapeau perse
Le ministre des Sports Ahmad Donjamali a informé la FIFA que l'équipe iranienne quittera le terrain dès que des slogans politiques seront entendus ou que le drapeau lion-et-soleil apparaîtra dans les tribunes, ciblant les deux matchs de groupe prévus à Los Angeles.
L'ultimatum
L'Iran a officiellement averti la FIFA que son équipe nationale abandonnera ses matchs de la Coupe du monde si des spectateurs organisent des protestations politiques contre le régime islamique. Le ministre des Sports Ahmad Donjamali a confirmé cette position au média sportif iranien Varzesh3, déclarant que les dirigeants de l'équipe ont reçu pour instruction d'arrêter immédiatement le jeu dès qu'ils entendront des chants politiques. La fédération iranienne de football a également exigé à plusieurs reprises que seul le drapeau officiel de la République islamique soit autorisé dans les stades.
Nous avons déjà informé la FIFA que les responsables de l'équipe annuleraient le match dès que nous entendrions des slogans politiques dans les stades.
L'ancien drapeau
Au centre du différend se trouve le drapeau perse d'avant la révolution, orné d'un emblème lion-et-soleil. Les groupes d'opposition monarchistes l'ont adopté comme symbole de rejet du système islamique, et il apparaît régulièrement lors de rassemblements de protestation à l'étranger. Donjamali a déclaré que l'équipe quitterait également le terrain si ce drapeau était déployé. Des observateurs cités dans les médias germanophones doutent qu'une interdiction de cette bannière puisse être appliquée de manière réaliste dans les enceintes américaines.
Tehrangeles
Près de deux millions d'Iraniens vivent aux États-Unis, dont la grande majorité à Los Angeles, une concentration qui a valu à la ville les surnoms de « Tehrangeles » et « Irangeles ». Deux des trois matchs de groupe de l'Iran s'y dérouleront : contre la Nouvelle-Zélande le 16 juin et contre la Belgique le 21 juin. Pour de nombreux membres de la diaspora, le tournoi offre une plateforme mondiale pour rendre visible leur opposition au régime de Téhéran. Le troisième match de groupe est prévu le 27 juin à Seattle contre l'Égypte.
- Iran contre Nouvelle-Zélande à Los Angeles (03:00 CEST)
- Iran contre Belgique à Los Angeles (21:00 CEST)
- Iran contre Égypte à Seattle (05:00 CEST)
L'ombre États-Unis-Iran
Au-delà du stade, la participation de l'équipe est assombrie par le conflit militaire en cours entre l'Iran et les États-Unis. En raison des restrictions d'entrée, la fédération iranienne a déplacé son quartier général de l'Arizona à Tijuana, au Mexique, juste au sud de San Diego. L'ambassadeur d'Iran au Mexique a confirmé que l'équipe n'est autorisée à entrer aux États-Unis que les jours de match. Cette logistique tendue ajoute une couche d'incertitude supplémentaire à une campagne de Coupe du monde déjà chargée de risques politiques.
Tensions d'accès plus larges
Le climat politique autour du tournoi a été encore souligné par un incident distinct impliquant l'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan. Un responsable du département d'État américain a déclaré à l'AFP qu'Artan s'est vu refuser l'entrée aux États-Unis à l'aéroport de Miami en raison de liens présumés avec des membres présumés d'organisations terroristes. Artan, nommé arbitre de l'année par la Confédération africaine de football en 2025, détenait apparemment un visa valide. La Somalie fait partie des pays couverts par une interdiction d'entrée aux États-Unis. L'affaire, bien que non liée à l'équipe iranienne, souligne l'atmosphère chargée entourant la Coupe du monde sur le sol américain.


