Art & Livres · Sulmona et Parme

Un outil d'IA italien identifie un tableau de sainte Agnès volé en 2004 et maquillé pour le dissimuler

Les carabiniers ont repéré la toile modifiée lors d'une foire d'antiquaires à Parme en octobre 2024, après avoir comparé des photos du stock aux archives des œuvres volées.

Texte IA fondé sur les articles de Il Messaggero, gelderlander.nl, 20minutes et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Sulmona, Parme · Italie
Comment on en est arrivé là
  1. Quelques heures après les photosLe système d'IA signale une correspondance possible avec le tableau volé
  2. Le lendemain de l'alerteLes agents reviennent à la foire avec des experts et saisissent la toile
  3. 30 maiLe tableau est remis au diocèse de Sulmona

Un tableau du XVIIe siècle disparaît en 2004

Un tableau du XVIIe siècle représentant sainte Agnès a été volé dans une petite église de Sulmona, dans les Abruzzes, dans la nuit du 11 août 2004. Pendant deux décennies, on n'en a plus entendu parler. L'Italie détient un grand nombre de trésors culturels et est depuis longtemps confrontée au vol d'art. L'œuvre avait été modifiée pour masquer son identité : l'agneau que tenait la sainte a été recouvert de peinture, son auréole effacée et un parchemin roulé placé dans ses mains. Ces retouches donnaient à la figure l'apparence d'une femme ordinaire, ce qui rendait le tableau plus difficile à reconnaître et plus facile à vendre.

Repéré à la foire d'antiquaires de Parme

En octobre 2024, les carabiniers ont photographié les tableaux exposés à la foire d'antiquaires Mercanteinfiera de Parme et ont introduit les images dans un système d'IA qui les compare aux archives des œuvres volées. Quelques heures plus tard, le logiciel a signalé une correspondance possible : un tableau d'une jeune femme en rouge et bleu tenant un parchemin. Le lendemain, les agents sont revenus à la foire avec des experts, ont examiné la toile de près et l'ont saisie pour des vérifications. Selon les articles, une recherche manuelle par mots-clés n'aurait jamais fonctionné dans ce cas. Revenant sur ce moment, Salvatore Rapicavoli, lieutenant-colonel du commandement des carabiniers pour le patrimoine culturel, a déclaré à la BBC :

« Il y avait quelque chose qui ne collait pas. »

Salvatore Rapicavoli

Comment fonctionne le système Swoads

Le système s'appelle Swoads, pour Stolen Works of Art Detection System. Au lieu de comparer des mots-clés, il compare des nuances de couleurs et des silhouettes grossières, et il peut reconnaître des fragments d'œuvres découpées et réassemblées. La base de données italienne des œuvres volées, tenue depuis 1969, contient plus d'un million d'objets, et les agents la consultaient auparavant en saisissant les descriptions une par une. Certaines de ses images datent de plusieurs décennies et sont en noir et blanc, ce qui ralentissait la comparaison. L'IA ne remplace pas les enquêteurs, qui doivent encore enrichir la base et procéder aux arrestations. Le système a aussi ses limites : il peine avec les objets en trois dimensions et avec la distinction entre un original et une copie.

Des saisies plus larges et une restitution

Depuis novembre 2023, le système a aidé à récupérer plus de 300 grands tableaux et sculptures, ainsi que quelque 165 000 objets plus petits comme des pièces, médailles, manuscrits et cartes. La valeur estimée des œuvres récupérées dépasse 203 millions d'euros. Le système scrute désormais jour et nuit les sites de vente aux enchères et l'internet à la recherche d'œuvres volées. Le tableau de sainte Agnès a été remis au diocèse de Sulmona le 30 mai 2025, plus de deux décennies après sa disparition. Les articles indiquent que sans de tels outils, ces œuvres pourraient rester cachées pendant de nombreuses années.

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