
Le président de l'Eurogroupe prévient que toute nouvelle aide énergétique doit respecter les règles budgétaires européennes
Le président de l'Eurogroupe, Kyriakos Pierrakakis, a déclaré à Dublin que toute réponse gouvernementale à la hausse des coûts du pétrole et du gaz doit rester temporaire, ciblée et conforme aux plafonds de dépenses de l'Union européenne.
Réunion ministérielle à Dublin
Les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis à Dublin le 18 septembre 2026 pour les discussions de l'Eurogroupe, suivies d'une réunion informelle de l'ECOFIN le 19 septembre. Le président de l'Eurogroupe et ministre grec de l'Économie nationale et des Finances, Kyriakos Pierrakakis, a ouvert la session en rendant hommage à son prédécesseur, Paschal Donohoe, avant d'orienter les débats vers la hausse des coûts de l'énergie et la compétitivité économique. Alors que l'expansion économique du deuxième trimestre dans la zone euro a dépassé les prévisions initiales, les ministres des Finances ont évalué la pression que la reprise des prix exerce sur les budgets des ménages et les trésors nationaux. Pierrakakis a souligné que toute réponse politique des États membres doit rester strictement dans le cadre des budgets existants pour assurer la viabilité de la dette publique à long terme et des conditions de financement stables.
Si de nouvelles mesures sont nécessaires pour faire face à la hausse des prix de l'énergie, elles doivent être ciblées, temporaires et conformes à nos règles budgétaires.
Chocs externes et marchés financiers
Les développements géopolitiques au Moyen-Orient ont constitué un axe central des délibérations, car les turbulences régionales ont exercé une nouvelle pression à la hausse sur les prix du pétrole brut et du gaz naturel. Les responsables européens ont noté que si l'Union européenne ne peut pas s'isoler complètement des troubles internationaux, les États membres doivent accélérer les investissements dans l'indépendance énergétique, la défense et les infrastructures numériques.
Nous ne pouvons pas contrôler toutes les crises qui éclatent en dehors de l'Europe. Nous pouvons en revanche limiter notre dépendance à ce qui se passe au-delà de nos frontières.
Les ministres ont également examiné le marché des obligations souveraines, où les rendements ont augmenté dans les grandes économies mondiales en raison d'une demande internationale élevée de capitaux. Pierrakakis a souligné que les spreads souverains intra-zone euro sont restés contenus, empêchant l'incertitude du marché de se transformer en une instabilité financière plus large. Bien qu'aucune session ministérielle extraordinaire ne soit actuellement prévue, Pierrakakis a noté que les ministres maintiennent une communication quotidienne et peuvent se réunir par vidéoconférence avant la prochaine réunion de l'Eurogroupe prévue le mois prochain si les conditions de marché se détériorent.
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Propositions grecques et aides nationales
Les restrictions budgétaires ont créé des frictions politiques dans les capitales nationales, notamment à Athènes. Le gouvernement grec a cherché une flexibilité européenne via une clause d'échappatoire qui exclurait les réductions temporaires des taxes sur la consommation de carburant des plafonds de dépenses nettes nationales. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a déclaré lors d'une interview télévisée jeudi soir que la Grèce entend soumettre cette proposition aux dirigeants de l'UE lors du sommet du Conseil européen des 15 et 16 octobre 2026.
Si nous avions une autorisation spéciale de l'Europe pour que cela ne compte pas dans les plafonds de dépenses, nous le ferions bien sûr, temporairement.
Sur le plan intérieur, les autorités grecques préparent un ensemble de mesures d'aide qui dépasse les 30–40 millions d'euros restant officiellement dans la marge budgétaire 2026. Les mesures, dont l'annonce est prévue la semaine prochaine, puisent dans les réserves du budget de l'État et les réallocations de dépenses entre agences. Les interventions prévues incluent la prolongation d'une subvention de 10 centimes sur le gazole jusqu'en octobre 2026, soutenue par les dépassements attendus de l'excédent primaire générés par les recettes de la lutte contre l'évasion fiscale.
Productivité et réformes structurelles
Au-delà des pressions immédiates du marché, la réunion de Dublin a abordé la compétitivité européenne à long terme, marquant deux ans depuis la publication du rapport de Mario Draghi sur la performance économique de l'UE. Le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques, Mathias Cormann, s'est joint aux ministres des Finances pour présenter les recommandations de l'OCDE visant à combler l'écart de productivité entre l'Europe et les États-Unis. Pierrakakis a noté que si la résilience européenne a protégé les économies d'un effondrement immédiat, les réformes structurelles et les investissements ciblés doivent maintenant traduire cette résilience en une croissance durable.


