
L'Espagne prolonge l'aide aux carburants et à l'énergie avec un décret de 12 milliards d'euros jusqu'en décembre 2026
Le Conseil des ministres espagnol a approuvé mardi un troisième paquet anti-crise, s'engageant à hauteur de plus de 12 000 millions d'euros pour plafonner les tarifs du gaz et instaurer des réductions progressives sur les carburants entre octobre et décembre 2026.
Nouveau décret anti-crise approuvé
Le gouvernement espagnol a approuvé mardi son troisième décret royal anti-crise pour protéger les ménages et les secteurs commerciaux de la flambée des prix de l'énergie causée par la guerre en Iran. Ce nouveau paquet prolonge le soutien budgétaire jusqu'au 31 décembre 2026, engageant plus de 12 000 millions d'euros de dépenses totales provenant des caisses de l'État depuis le début de la réponse à la crise. Carlos Cuerpo, premier vice-président et ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Entreprise, a présenté le décret à l'issue de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres. Le cabinet a agi après que l'Institut national de la statistique a signalé que l'inflation annuelle avait atteint 4,9 % en septembre 2026, le niveau le plus élevé depuis février 2023, les hausses des prix de l'énergie représentant deux points de pourcentage de cette augmentation. Cuerpo a noté que les interventions étatiques existantes ont déjà amorti environ 50 % de l'augmentation globale des prix.
C'est un effort qui, dans son ensemble, représenterait plus de 12 000 millions d'euros pour les caisses publiques, un plan de protection ambitieux pour les ménages et les entreprises, alors que nous poursuivons cet élan pour garantir la souveraineté énergétique et l'électrification de notre économie.
Réductions progressives de la taxe sur les carburants
À partir du 1er octobre 2026, le gouvernement mettra en œuvre une réduction progressive de la taxe spéciale sur les hydrocarbures pour l'essence et le gazole. La remise sur les carburants commence à 20 centimes par litre en octobre, puis diminue à 13 centimes par litre en novembre et à 6 centimes par litre en décembre. Un mécanisme de sauvegarde rétablira automatiquement la remise intégrale de 20 centimes en novembre ou décembre si les prix de détail augmentent de plus de 15 %. La Commission nationale des marchés et de la concurrence a vérifié que les baisses d'impôts précédentes se sont répercutées directement sur les prix à la pompe. Cette intervention fait suite à de fortes hausses de coûts dans les stations-service espagnoles, où l'essence à 95 octane est passée d'une moyenne de 1,75 euro par litre début septembre à 1,95 euro par litre, accompagnée d'augmentations de prix en août de 16,9 % pour l'essence et de 30,3 % pour le gazole.
- 2026-10
- 20 centimes/litre
- 2026-11
- 13 centimes/litre
- 2026-12
- 6 centimes/litre
Plafonds réglementés pour le gaz et l'électricité
Le décret introduit des plafonds de prix réglementaires pour contenir les factures de chauffage et d'énergie avant la demande automnale et hivernale. La mise à jour trimestrielle du tarif réglementé du gaz (TUR) au 1er octobre 2026 sera plafonnée à une augmentation maximale de 35 %, les révisions ultérieures étant limitées à 15 %, protégeant ainsi environ 3,1 millions de ménages des pics de marché estimés entre 50 % et 54 %. Le prix légal maximal d'une bouteille de butane standard sera fixé à 19,55 euros. Pour l'électricité, le décret maintient la taxe sur la valeur ajoutée à 10 % au lieu de 21 %, tout en permettant à la taxe spéciale sur l'électricité de tomber au minimum légal de 0,5 % si l'inflation énergétique dépasse le seuil de 15 %, répondant ainsi aux pressions sur les coûts pour plus de huit millions de consommateurs au tarif réglementé PVPC.
Nous sommes dans une crise énergétique.
Perturbation au Moyen-Orient et aide sectorielle
Le cabinet a adopté le plan d'aide en réponse à de graves chocs d'approvisionnement internationaux suite au déclenchement de la guerre en Iran fin février 2026. Le trafic de pétroliers commerciaux à travers le détroit d'Ormuz est passé de 70 navires par jour avant le conflit à zéro, perturbant les expéditions mondiales de pétrole brut et de gaz naturel. Les approvisionnements européens en gazole subissent une pression supplémentaire en raison des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes et des restrictions potentielles à l'exportation signalées par Donald Trump aux États-Unis. En réponse, le décret élargit les règles de stockage national du gaz naturel liquéfié et poursuit les subventions directes d'exploitation pour les transporteurs routiers, les producteurs agricoles, les éleveurs et les flottes de pêche commerciale, malgré des marges budgétaires plus étroites et les orientations de l'Union européenne contre les subventions aux combustibles fossiles.
- La guerre en Iran commence, réduisant à zéro le transit de pétroliers dans le détroit d'Ormuz
- Le gouvernement approuve le premier paquet d'aide énergétique anti-crise
- Le cabinet approuve le troisième décret royal engageant plus de 12 milliards d'euros
- Les réductions progressives sur les carburants et les plafonds tarifaires réglementés du gaz entrent en vigueur
- Les mesures de soutien à l'énergie et aux carburants approuvées doivent expirer


