Réseau électrique · Madrid

L'Espagne transmet au Conseil d'État son décret révisé sur les centres de données, avec des règles environnementales assouplies

Le gouvernement a transmis son projet de décret royal révisé au Conseil d'État lundi 26 octobre. Il relève le seuil de 1 MW à 10 MW et offre jusqu'à cinq ans de transition en échange de l'acceptation d'une déconnexion automatique du réseau.

Texte IA fondé sur les articles de LaSexta, ABC TU DIARIO EN ESPAÑOL, eldiario.es et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

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En bref

Madrid · Espagne
Comment on en est arrivé là
  1. 29 nov.Élections générales ; le gouvernement veut approuver le décret avant cette date
  2. 31 déc.Fin du seuil de 60 % aux heures de pointe du régime transitoire, 70 % s'applique
  3. 2031Le régime transitoire court jusqu'en 2031, selon EL PAÍS

Ce que change le projet révisé

Le ministère de la Transition écologique a transmis lundi 26 octobre au Conseil d'État le projet de décret royal révisé sur les centres de données, après une période de consultation qui a recueilli plus de 600 objections. Le texte conserve les obligations centrales de la première version mais en assouplit plusieurs. Le changement le plus visible porte sur le seuil : les installations dont la capacité d'accès dépasse 10 MW relèvent désormais des obligations générales, contre 1 MW dans la version initiale. Selon La Razón, le ministère estime que ce sont les installations de cette taille qui ont un impact notable sur la capacité disponible du réseau et sur les ressources en eau et en territoire. Les sites plus petits ne sont pas totalement exemptés, les obligations de communication et de publicité s'appliquant toujours à partir de 500 kilowatts de capacité informatique.

Approvisionnement renouvelable et règles contractuelles

Les installations de plus de 10 MW doivent toujours couvrir au moins 80 % de leur consommation par de l'autoconsommation ou par des contrats d'achat d'électricité renouvelable produite en Espagne. L'exigence de correspondance heure par heure du premier projet avait suscité les objections les plus vives des entreprises, et le texte révisé ajoute une voie progressive pour y parvenir. Les centrales renouvelables liées à un centre de données peuvent désormais avoir été mises en service jusqu'à 36 mois avant l'entrée en exploitation de l'installation, contre 18 mois dans le premier projet. La durée minimale des contrats d'achat de long terme d'électricité renouvelable, les PPA, passe de dix à six ans. Le projet introduit aussi des souplesses pour les centrales rééquipées, les installations de biomasse et de biogaz en fin de vie réglementaire et les centrales solaires existantes sans PPA préalable, tout en autorisant explicitement les installations de stockage à compter dans les objectifs.

Une période transitoire liée à l'écrêtement du réseau

Les centres de données peuvent opter pour un régime transitoire allant jusqu'à cinq ans à compter de l'entrée en vigueur du décret, avec des exigences plus souples. Jusqu'au 31 décembre 2028, ils doivent atteindre 60 % de couverture renouvelable, et seulement aux heures de pointe à leur niveau de tension. Après cette date, et jusqu'à la fin de la période transitoire, l'exigence passe à 70 % en heures de pointe comme en heures pleines. En échange, ces installations doivent adhérer au Système de réduction automatique de la puissance (SRAP), un mécanisme géré par Red Eléctrica de España qui coupe ou réduit la production, les installations de pompage-turbinage ou de stockage lorsque le réseau présente une congestion ou un défaut en temps réel. Sous ce régime, le gestionnaire de réseau peut déconnecter les centres automatiquement en cas de besoin, sans indemnisation, ce qui en fait la première catégorie à être écrêtée. L'argument du gouvernement est qu'un nouvel entrant doit supporter le coût de la demande qu'il ajoute, une consommation constante et plate pouvant aggraver la charge aux heures de pointe du soir.

Opposition du secteur et rapport de la CNMC

Le premier projet avait suscité un rejet marqué du secteur et, selon La Razón, des objections sont aussi venues des industries électrique et télécoms ainsi que de l'organisation patronale SpainDC. La Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC) a rendu un rapport critique demandant de modérer certaines obligations, et le texte révisé assouplit l'exigence horaire de renouvelable que le régulateur avait demandé d'alléger. EL PAÍS rapporte que des entreprises dont Amazon, Microsoft, Google, ACS et Merlin Properties figuraient parmi les opposants au projet, et que certaines avaient menacé de réclamations de plusieurs millions d'euros et d'un arrêt de leurs investissements. Le ministère affirme que le texte conserve l'ambition de la proposition initiale, afin d'éviter que la croissance des centres de données ne fasse grimper les factures d'électricité des ménages et de l'industrie.

Calendrier avant l'élection du 29 novembre

Le gouvernement veut approuver le décret avant les élections générales du 29 novembre, un objectif qu'El Periódico indique avoir été maintenu. Après le scrutin, un gouvernement en affaires courantes ne peut pas approuver de décrets royaux sauf s'ils sont urgents ou servent clairement l'intérêt général. Si le décret n'est pas approuvé à temps, la Moncloa compte demander à l'Abogacía del Estado l'autorisation de l'approuver pendant cette période. Le projet est désormais entre les mains du Conseil d'État pour examen. Les dates clés rapportées dans la couverture sont indiquées ci-dessous.

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